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Wirecard : 10 chiffres qui illustrent l’ampleur des dégâts

En une semaine, Wirecard a vécu la descente aux enfers. Retour sur 10 chiffres marquants dans ce scandale qui ébranle la fintech.

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Scandale Wirecard
© Wirecard

Ce matin, Wirecard a été contraint de déposer le bilan. La société allemande a reconnu avoir découvert un « trou » de 1,9 milliard d’euros dans ses comptes. Markus Braun, le PDG de la société, est soupçonné d’avoir gonflé le bilan de cette dernière en réalisant de fausses transactions avec des tiers pour la rendre plus attrayante aux yeux de ses investisseurs.

C’est son auditeur historique, EY, qui a révélé jeudi dernier la fraude. Depuis, le management a été remplacé, le PDG a été arrêté mais rien n’y fait : Wirecard n’est plus. Ci-dessous, nous avons listé dans l’ordre décroissant 10 chiffres qui illustrent l’ampleur du scandale.

24 milliards

24 milliards d’euros, c’est la valorisation maximale enregistrée par Wirecard en août 2018. A cette époque, les actions s’échangeaient sur la bourse de Francfort aux alentours des 191 euros. Ce matin, la valeur des titres a chuté sous les 3 euros.

La première fois que l’action franchissait les 3 euros, c’était en août 2005 – alors que Wirecard venait tout juste de s’introduire en bourse.

Wirecard Bourse

Évolution du cours boursier de Wirecard © Google

3,5 milliards

Avec cet échec, Wirecard laisse 3,5 milliards d’euros de dette à ses créanciers. La société a essayé de renégocier 1,75 milliard d’euros de cette dette auprès de 15 banques ces derniers jours, en vain.

Les investisseurs obligataires devraient perdre de l’ordre de 500 millions d’euros avec ce scandale. Lucide, un créancier sait qu’il « pourra peut-être récupérer quelques euros dans quelques années, mais on passe la perte dans nos comptes dès maintenant ».

2,6 milliards

Les gagnants du scandale sont les hedge funds qui ont vendu le titre à découvert. Jeudi dernier, quand le titre a chuté de 104,5 euros à 39,9 euros, les short sellers auraient ainsi généré un profit de 2,6 milliards de dollars.

Wirecard était depuis longtemps la cible de vendeurs à découvert. En 2019, le régulateur allemand avait d’ailleurs imposé une interdiction de vendre le titre à découvert pendant deux mois, suite à une perquisition du bureau singapourien de Wirecard.

1,9 milliard

Le 18 juin, c’est l’auditeur historique de la société, EY, qui refuser de certifier les comptes. Il affirme avoir découvert un « trou » de 1,9 milliard d’euros dans les comptes. KPMG avait précédemment été utilisé comme auditeur indépendant pour détecter toute anomalie dans son bilan. Ce dernier n’avait cependant pas identifié la fraude.

5 800

5 800, c’est le nombre d’employés Wirecard à travers le monde. Leur sort n’est pour le moment pas connu. La société possède des bureaux dans 26 pays, et elle recense 313 000 clients. Parmi eux, on recense la banque mobile française Orange Bank. Elle faisait appel à leur technologie pour assurer la compatibilité avec Apple Pay et Google Pay.

2016

En 2016, les premiers soupçons de fraude émergent. Sur les années qui suivent, le régulateur allemand (BaFin) protège coûte que coûte sa pépite. Il affirmait que Wirecard était victime d’une « attaque de short » qui représente « un risque pour l’intégrité des marchés financiers allemands ». Pire, il soupçonne le Financial Times – à l’origine des accusations – de collusion avec les fonds spéculatifs.

Sycomore, un acteur français spécialisé dans l’investissement responsable a décidé de retirer le titre de tous ses fonds en 2016. A nos confrères des Echos, la gérante Bertille Knuckey explique avoir « fortement dégradé la valeur sur les critères de gouvernance, de communication financière et de risques comptables ».

30

En septembre 2018, Wirecard faisait une entrée fracassante dans l’indice boursier qui regroupe les 30 plus grandes valeurs allemandes (DAX 30). Cette arrivée était tout un symbole puisque la fintech y est rentrée au détriment d’une banque traditionnelle, Commerzbank.

2,5 euros

C’est le cours de l’action le plus bas observé sur cette journée de jeudi.

7,05%

Le PDG de Wirecard, Markus Braun, détient encore 7,05% des titres de la société. Virtuellement milliardaire en 2018 lorsque l’action était à son plus haut niveau, son portefeuille ne pèserait désormais plus que 30 millions d’euros. Mardi dernier, il a du verser 5 millions d’euros pour sa libération sous caution.

-97%

Depuis que l’auditeur EY a officialisé ce trou, 97% de la capitalisation boursière de Wirecard est partie en fumée. Mercredi dernier, les actions ont clôturé à 104,5 euros. Ce matin, après une nouvelle chute de 70%, les titres s’échangeaient entre 2,50 et 3 euros.

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