Parrot lance son nouveau drone le BeBop, une « caméra volante »

Le français Parrot, l’un des pionniers sur le marché des multirotors radiocommandés pour le grand public, a présenté ce jour son nouvel appareil, le BeBop.

Parrot Bebop Drone_Blue_3

Qualifié de « flying cam » (appareil photo/caméra volante), le BeBop est une machine dédiée davantage à la prise de vue d’images aériennes qu’aux plaisirs et prouesses du pilotage, même s’il permet aussi de se livrer à ce genre de plaisirs.

Comme son prédécesseur, le célèbre AR.Drone, le Parrot BeBop est une petite machine légère et bourrée de technologies qui est une parfaite illustration de la façon dont les multirotors de loisirs ont évolué au cours des dernières années, et comment ils vont encore continuer à le faire dans les prochains mois. D’ailleurs, les activités autour des drones commencent à se segmenter, entre le racing (courses de drones hyper rapides), le low-riding (pilotage de précision basse altitude sur des parcours semés d’obstacles), FPV (vol en immersion avec lunettes vidéo HD diffusant en direct le flux vidéo capté par le drone) et imagerie aérienne. Et ce n’est pas fini.

Le BeBop s’inscrit donc à la croisée de ces tendances car il a été conçu pour être capable de faire tout cela, tout en restant un engin « grand public » relativement facile à prendre en main et à maitriser dans son pilotage. Selon Henri Seydoux, PDG de Parrot, « Les drones s’appuient sur la technologie des téléphones mobiles. Si des centaines de millions de dollars n’étaient pas investis dans la R&D par les marques de portables on ne pourrait pas faire les drones aussi sophistiqués ».

Une caméra volante

Côté dispositif de prise de vue, qui est donc la vocation première de l’engin, le Parrot Bebop Drone embarque une caméra frontale de 14 megapixels à objectif fisheye  (grand angle) et enregistre la vidéo en Full HD (1920 x 1080p). Exclusivement conçue pour ce quadricoptère, elle retransmet en streaming une vue immersive du vol sur l’écran du Smartphone ou de la tablette de pilotage. Le dispositif est compatible iPhone et iPad, et smartphone et tablettes Android, via les applications dédiées.

Mais la caractéristique la plus marquante et la plus innovante est sans conteste le stabilisateur logiciel embarqué dans la caméra. Les ingénieurs de Parrot ont accompli un travail remarquable dans la conception d’un algorithme qui reproduit à l’identique le comportement d’une nacelle mécanique avec stabilisation gyroscopique, le type de nacelles qui équipent généralement les drones, sur lesquelles sont fixées une GoPro, et qui permettent de réaliser des images vidéos d’une stabilité et d’une fluidité impressionnantes. Ici, donc, pas de stabilisation mécanique : c’est le logiciel de la caméra qui gère tout cela. Mieux encore : l’algorithme se charge également de « redresser » l’image de façon dynamique et en temps réel afin que celle-ci ne subisse pas l’effet « fish-eye » à savoir l’horizon arrondi comme si on le visait à travers une grosse loupe. Nous vous en avions parlé quand nous avons sorti notre propre « redresseur d’horizon » sur Dronestagram.

Autre possibilité offerte par cette technologie, tout aussi étonnante : il est possible d’orienter la caméra à distance et de donc de viser ce que l’on veut filmer de façon très précise, à partir de la télécommande ou de l’écran de son smartphone/tablette, sans que l’objectif de celle-ci ne bouge. Lé démo à laquelle j’ai assisté (voir vidéo ci-après) fut très convaincante.

Cet ensemble de technologies, qui permettent donc de stabiliser l’image, annuler l’effet fish-eye et orienter la caméra, ouvrent de nouvelles possibilités, et notamment la voie vers une miniaturisation qui va permettre d’adresser un marché jusque-là assez difficile à satisfaire avec de gros et lourds drones professionnels : la prise de vue indoor (musées, salons…). Et ce sans le risque inhérent aux grosses machines, que ce soit pour les hommes ou pour les biens. Car le BeBop ne pèse que 500 grammes et a été pensé dans une optique maximale de sécurité : hélices protégées, arrêt automatique des moteurs en cas ce choc, retour automatique à la base de départ sur simple clic sur un bouton, et stabilisation totale et immédiate en vol stationnaire au lâcher de commandes.

Un dernier mot concernant l’algorithme de stabilisation : il est tellement puissant que lorsque l’on fait un flip avec le drone (looping frontal, l’engin tournant sur lui-même comme s’il était fixé sur un axe longitudinal), l’image qu’il envoie ne bouge pas et ne tourne pas avec l’engin.

Le Parrot Bebop Drone embarque également 2 antennes Wi-Fi Bibandes et gére les deux fréquences 2.4 GHz et 5 GHz en MIMO (Multiple Inputs Multiple Outputs). Selon l’encombrement du réseau, le pilote sélectionne la fréquence de son choix et bénéficie d’une liaison Bebop Drone/Smartphone parfaitement stable sur environ 250m. La batterie propose une autonomie de vol de 11 minutes.

Skycontroller : un tableau de bord d’Airbus portatif

En option, le BeBop peut être accompagné du Skycontroller, un poste de commande complet qui accueille une tablette iPad ou Android (quelque soit sa taille). Mais l’option offre de nombreuses autres possibilités. Avec sa connexion Wi-Fi amplifiée et ses 4 antennes à fort gain, le Parrot Skycontroller étend la portée du Wi-Fi jusqu’à 2 kilomètres (portée théorique dans la limite des réglementations nationales). Le pilote prend les commandes du drone grâce aux 2 pads équipés de joysticks. Deux ministicks sont accessibles sur les cotés des poignées pour contrôler l’orientation de la caméra et naviguer dans les menus.

Parrot Skycontroller_Yellow_Tablet

Fonctionnant sous Android, le Skycontroller embarque l’application de pilotage FreeFlight 3.0. Ainsi, même sans tablette ou Smartphone, il est possible de piloter à vue le Parrot Bebop Drone, mais bien sûr dans ce cas il n’y aura pas de retour vidéo. Enfin, le Skycontroller est doté d’une sortie HDMI qui permet de connecter des lunettes vidéo d’immersion pour des vols en FPV (First Person View).

Henri Seydoux
Henri Seydoux, PDG de Parrot, et super pilote de drone 🙂

Côté design, le BeBop, disponible en jaune, bleu et rouge, est plutôt réussi, et bien sûr plus agréable à l’œil sans ses carénages d’hélices. Je regrette cependant le choix du matériau du cockpit, fait du même polystyrène que l’AR.Drone, ce qui confère un petit côté cheap à l’appareil, de près en tout cas. On aurait préféré un plastique moulé comme celui que l’on connait sur des modèles concurrents, mais les ingénieurs de Parrot nous indiquent que cette matière offre le meilleur compromis poids / rigidité /capacités de refroidissement.

Bon, reste la question du prix. Et là ça il faut bien avouer que ça pique encore un peu, en tout cas pour un produit que Parrot positionne comme un produit grand public, voire familial, avec une sortie très opportune juste avant les fêtes de fin d’année. Le BeBop sera disponible en deux versions et donc deux prix : 499 euros « nu » sans le Skycontroller, et donc à piloter avec son smartphone ou sa tablette, ou 899 euros avec le Skycontroller. Cette deuxième solution est évidemment la plus alléchante car elle permet une approche quasiment professionnelle de l’usage de l’engin, que ce soit pour la portée possible, mais également pour la facilité et le confort de pilotage, sans parler de la possibilité de brancher des lunettes FPV.

Le Parrot BeBop Drone sera disponible chez Boulanger, Darty, Fnac et sur le site Parrot à partir du 18 novembre. Nous devrions vous proposer un test complet dans les prochaines semaines.

 


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20 commentaires

  1. Pingback: Parrot lance son nouveau drone le BeBop, une « caméra volante » - Linkeol, L'actualité des entreprises en France

  2. Merci pour ce commentaire qui confirme mon envie de l’acheter dès que j’ai du qu’il était en construction. 🙂

  3. par contre, 11 minutes d’autonomie, c’est un peu court pour aller à 2 km et revenir non…
    et puis 400€ le bout de polystyrène…

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  5. C’était un bon coup de comm les survols des centrales. Bien joué Parrot!!

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  7. il manque une info importante, l’appli fonctionnera aussi sur Windows

    Perso, je trouves pas ça cher !
    Acheter 4 ESC + 4 moteurs, + batterie + chargeur + chassi + hélice + nacelle de stabilisation + équipement vidéo + télécommande + petit outillage et matériaux de base (étain pour soudure) même en prenant du low cost, vous êtes au dessus de ce budget… par conte l’appareil sera capable d’emporter plus de charge

    Dommage pour la télécommande ell est un peu cher
    Il y aura possibilité de l’acheter hors pack?

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  9. J’avoue ne pas y connaître grand chose en drones, mais je vais finir par m’y intéresser sérieusement, et déjà je peux dire que – pour un type comme moi qui fait de l’aéromodélisme depuis des années – la console de pilotage fait rêver !

    Quant à l’autonomie elle est à parfaire, le prix ira lui aussi à la baisse avec les ventes, pour autant même le prix actuel ne me semble pas si élevé pour une telle technologie…et puis les gens dépensent autant pour leur dernier smartphone (même s’ils ne le voient pas!)

    Il faudra bien sûr légiférer au sujet des fréquences, et des zones à survoler, sinon on verra vite un voisin excédé faire du tir aux drones 🙂

    Si Parrot est une entreprise française l’Etat français est lui par contre toujours autant en retard parce qu’on aurait du prévoir…ceci dit l’exemple de Delta Drone (en mauvaise passe) montre que le marché du drone n’est qu’émergent et d’ailleurs c’est amusant que ce drone s’appelle BeBop du nom d’un téléphone qui n’a jamais marché même si précurseur des mobiles !

    A part ça Eric aurons nous la chance d’avoir un test détaillé du Blackberry Passport ? Il me semble que ce smartphone est l’un des plus intéressants depuis longtemps : autonomie et réception sont bonnes (je regarde ça avant tout), un clavier physique (je n’aime pas le 100% tactile, pour écrire des longs messages c’est pas terrible), superbe écran, appareil photo convenable et tuner fm (j’écoute pas mal la radio). En plus il n’est pas sous Android (je sais que ce système est souple mais marre de Google qui est partout).
    Evidemment tout ce que je dis là c’est les qualités que je pense avoir repéré, mais il me manque ton avis d’expert, avec peut être un test complet comme tu l’avais fait pour le Qtek 9100 : certes l’époque a changé, mais le clavier coulissant c’était quand même une belle innovation, et ce qui compte c’est inventer 🙂

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  11. Suppositoire on

    Je trouve le prix très excessif, notamment en regard de la concurrence qui offre pourtant de meilleures performances.

    Par exemple, le DJI Phantom 2, bien plus puissant, qui offre plus que le Parrot, qui a une autonomie de 25 minutes (plus du double), et qui coûte $700, c’est à dire dans les 700 € TVA incluse.

    http://www.amazon.com/DJI-Phan.....+Phantom+2

    Bref, comme d’habitude en France, moins bien coûte plus cher…

    • Eric

      @Suppositoire : pour bien connaitre le sujet et avoir essayé les deux (et posséder actuellement un Phantom), je peux vous dire que le BeBop est une tuerie et n’a pas grand chose à envier au Phantom, il est même beaucoup plus évolué à tous points de vue. Et en version de base sans le Skycontroller il coûte 490 euros, donc bien moins cher.

  12. Je suis épaté par la caméra avec stabilisateur logiciel et sa gestion par joystick. C’est impressionnant il travaille effectivement très bien. Sortie HDMI, que du bonheur 🙂

    Quid du GPS et des fonctions style RTH ?

    Pour le prix, c’est cher et pas cher à fois. C’est impéccable car sortie de la boite on décolle, et je suis sur que les 1eres photos et vidéos sont magniques. Mais je ne le comparerais pas comme tu le fais Eric à un Phantom. Car ces derniers sont « Ã©volutif » (rajout de nacelle, choix de la caméra, etc).
    D’ailleurs, avec une nacelle, on à la possibilités d’incliner à 90° la caméra (completement vers le bas) , voire sur une nacelle 3D on fait un 360°.

    Mais j’ai quand même très hate d’en voir un voler et voir la stabilité au vent.

  13. j’hésite entre le bebop et le pahntom 2 avec nacelle. Je trouve que les images de la go pro sont plus jolies…après, il y a la simplicité de pilotage relative du bebop…

  14. Le bebop et le Phantom n’ont rien en commun, impossible des comparer
    le bebop est très sympa et je dirais même unique dans sa catégorie

    Seulement Parrot se fou un peu de ses clients
    La télémétrie dans l’application Freeflight n’est pas présente (commercialisé fin 2014 et la mise à jour n’arrivera que fin janvier).
    parrot confond client et beta testeur.
    Par exemple, le baromètre ne supportais pas l’altitude (voyage en avion ou monter rapide en montagne). Cela avait pour effet de fausser le baromètre et entrainer un comportement erratique (monté plein gaz vers le ciel incontrôlable) ce qui a eu pour effet d’occasionner plein de flyway et de casse en intérieur (collage au plafond puis tombe comme une pierre)

    Quand au vol basse altitude (moins de 10 mètres) quand la cam du dessous et le capteur ultra son prenne le relais ça peut causer des problèmes. Le bebop mesure la vitesse au sol mais semble être faussé par les surfaces réfléchissantes (eau/neige) certains ont perdu le controle a cause de ça…

    De plus, il y a le bug des black frame à l’enregistrement vidéo corrigé dans une prochaine MAJ en attendant a espace plus ou moins régulier, il y a des sauts dans l’image…

    Il n’y a aucune sécurité au niveau du wifi (n’importe quel Script kiddie peut piquer un Bebop en plein vol), il n’y a même pas de mot de passe sur le compte root du Bebop

    La qualité vidéo est tout a fait honorable en pleine lumière mais en l’état actuel gère très mal les changements de contraste (cela rappel la première Go Pro), l’image bruite à mort en basse lumière.
    L’algo de redressement d’image est très efficace mais dégrade la qualité photo, je vous invite à regarder des tests photos du Bebop avant d’acheter pour éviter d’être déçu… (conseil enregistré en RAW et redressé avec un logiciel sur PC genre The Gimp le résultat est déjà plus agréable à l’oeil)

    L’ergonomie de Freeflight qui permet le pilotage est parfois étrange (croix rouge sur un axe pour indiquer que le magnétomètre est bien calibré alors qu’on a du vert sur les autres axes… ce qui laisse croire que la calibration est en échec, le témoin d’enregistrement vidéo vraiment pas lisible…)

    la drone academy qui enregistre l’historique des vols présente que sur iOS et pas Android (allé au bout de mois ce sera corrigé) mais il existe un outil non officiel très sympa pour récupérer les fichiers PUD et les convertir en attendant.

    L’application Freeflight ne marche pas sous Windows (MAJ corrective non daté)

    Pour 500€ la finition ne fait pas rêver! la batterie tiens que moyennement en place que ce soit dans le chargeur ou le bebop (le comble les batteries chinoises, deux fois moins cher que celle d’origine ont des ergots qui tiennent mieux que les officiel de Parrot)

    La com de Parrot est limite, parler du Skycontroller et une portée de 2km sans trop dire qu’en France, la puissance est bridé à la limite légal de 100mw ce qui fait un peu de 1km deportée en réalité (largement suffisant puisque le bebop ne pouvant être utilisé en double commande, le FPV est donc interdit en France avec cet appareil… chose que Parrot ne met vraiment pas en avant dans sa com)

    De plus Parrot avait évoqué la compatibilité avec l’occulus rift pour le FPV mais en fait le DK2 n’est pas du tout compatible…

    bref super produit sur le papier mais le client essui de sacré plâtre car le produit n’était clairement pas prêt pour noel…

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Lire les articles précédents :
nexus-6
Le Nexus 6 vient de faire son entrée sur le Play Store français…

Mais il n’est pas encore possible de le commander.

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