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Des prouesses de l’ingénierie moderne : les 10 tunnels routiers les plus longs au monde

Des Alpes suisses à la Chine, ces ouvrages titanesques témoignent de la capacité humaine à dompter la géographie.

Les tunnels routiers comptent parmi les ouvrages les plus impressionnants de l’ingénierie moderne, permettant de franchir montagnes et obstacles naturels en toute sécurité. Si la plupart sont relativement courts, certains dépassent les 10 kilomètres de longueur, nécessitant des années de travaux et des investissements colossaux. Voici le top 10 des tunnels routiers les plus longs au monde. À noter, tout de même, que ce classement ne comprend pas les dispositifs actuellement en construction comme le tunnel de base du Brenner, dans les Alpes.

Le tunnel de Lærdal en Norvège, 24,51 kilomètres de longueur

Le tunnel de Lærdal détient le record mondial avec ses 24,51 kilomètres de bitume enfouis sous la montagne. Inauguré en 2000 après cinq ans de travaux titanesques et près d’1 milliard de couronnes norvégiennes investies, il relie les communes de Lærdal et Aurland, à environ 120 kilomètres de Bergen.

Intégré à la route européenne E16, il permet de rejoindre Oslo sans avoir à affronter les cols enneigés en hiver. Pour éviter la monotonie du trajet, soit vingt minutes dans l’obscurité, les ingénieurs ont aménagé trois vastes cavernes éclairées de manière colorée.

Le tunnel Yamate au Japon, 18,2 kilomètres de longueur

Situé à Tokyo, le tunnel Yamate détient le titre du plus long tunnel routier du Japon, et le deuxième au monde. Il s’étend sur 18,2 kilomètres sous la capitale nippone, creusé à près de 30 mètres de profondeur sous la rue Yamate.

Il a nécessité plus de vingt ans de travaux, entamés en 1992 et achevés en 2015. Doté de deux voies par sens, l’ouvrage combine technologie et sécurité maximale : ventilation haute capacité, sorties de secours et systèmes anti-incendie, des éléments indispensables pour assurer la sécurité des passagers qui le traversent.

Le tunnel de Zhongnanshan en Chine, 18,04 kilomètres de longueur

Dans la province du Shaanxi, ce tunnel s’étend sur 18,04 kilomètres sous la montagne Zhongnan, au cœur des monts Qinling. Lancé en 2002 et inauguré en 2007, soit deux ans avant la date prévue, le chantier a coûté près de 3,2 milliards de yuans, l’équivalent de plus de 400 millions de dollars.

Reliant Xi’an à Ankang, il joue un rôle stratégique en connectant le nord et le sud du pays. À son point le plus profond, il s’enfonce à plus de 1 600 mètres sous la surface.

Tunnel Routier
© Daniel Jerez / Unsplash

Le tunnel de Jinpingshan en Chine, 17,54 kilomètres de longueur

Retour en Chine, mais dans la province du Sichuan cette fois. Le tunnel de Jinpingshan a été construit pour relier les zones entourant les centrales hydroélectriques Jinping I et II. Achevé en 2011, il a bénéficié d’un chantier spectaculaire : les équipes ont creusé depuis les deux extrémités et se sont rejointes au millimètre près.

Composé de deux tubes distincts, l’ouvrage facilite aujourd’hui la circulation dans cette région montagneuse isolée, autrefois coupée du reste du Sichuan.

Le tunnel du Saint-Gothard en Suisse, 16,9 kilomètres de longueur

Le tunnel routier du Saint-Gothard, chez nos voisins suisses, s’impose comme l’un des plus célèbres au monde, en plus de se classer dans ce top 10. Creusé sous les Alpes et mis en service en 1980, il relie Göschenen à Airolo en contournant le redoutable col du Saint-Gothard, impraticable une grande partie de l’année.

Composé d’un seul tube bidirectionnel à deux voies, il s’élève à environ 1 175 mètres d’altitude à son point le plus haut, tandis que sa traversée dure une douzaine de minutes à 80 kilomètres par heure. Longtemps numéro 1 mondial, il verra bientôt naître son jumeau, un second tunnel parallèle attendu pour 2027, destiné à fluidifier le trafic et moderniser ce passage alpin vital.

Le tunnel de Tiantaishan en Chine, 15,56 kilomètres de longueur

Troisième tunnel chinois de ce classement, celui-ci se trouve dans la province du Shaanxi. Ouvert à la circulation en 2021, il comprend deux tubes totalisant six voies et traverse une des zones géologiques les plus complexes du pays.

Creusé à environ 70 mètres sous la surface, il a nécessité des prouesses techniques rares, plaçant le chantier parmi les plus difficiles au monde. L’ouvrage est aussi équipé de systèmes d’éclairage intelligents, conçus pour maintenir la vigilance des conducteurs tout en améliorant la sécurité dans ce long ruban souterrain.

Le tunnel de Muzhailing, 15,23 kilomètres de longueur

La Chine, une fois de plus. Dans la province du Gansu ce tunnel a été construit entre 2016 et 2024, et s’intègre à un axe stratégique reliant le nord-ouest au sud-ouest de l’Empire du Milieu. Là aussi, il se trouve dans un terrain d’une complexité géologique extrême, avec de multiples failles, des fortes pressions et des roches instables.

Composé de deux tubes distincts, il symbolise la ténacité et la maîtrise technologique des ingénieurs chinois face à des conditions que beaucoup jugeaient impossibles à dompter.

Tunnel Route
© Jeff Miller / Unsplash

Le tunnel de Zigana en Turquie, 14,4 kilomètres de longueur

Mis en service en 2023, il traverse les monts Pontiques, près du mont Zigana, et contourne l’ancien col du même nom perché à plus de 2 000 mètres d’altitude.

Construit selon la méthode autrichienne du creusement séquentiel, il se compose de deux tubes à double voie et permet de réduire le trajet d’environ 8 kilomètres et 20 minutes entre les provinces de Trabzon et Gümüşhane. L’ouvrage intègre des systèmes de ventilation puissants et des aires de sécurité pour garantir une circulation fluide et sûre au cœur de la montagne.

Le tunnel de Ryfylke en Norvège, 14,4 kilomètres de longueur

Le tunnel de Ryfylke détient le record du plus long tunnel routier sous-marin au monde, avec 14,4 kilomètres creusés sous le Horgefjord. Inauguré le 30 décembre 2019, il relie Stavanger à la région de Ryfylke et fait partie du vaste projet Ryfast.

L’ouvrage comprend deux tubes à deux voies, atteignant une profondeur vertigineuse de 292 mètres sous le niveau de la mer. Construit pour remplacer la liaison par ferry, il permet de fluidifier les échanges régionaux, tout en imposant un péage modulé, avantageux pour les véhicules zéro émission.

Le tunnel de l’Arlberg en Autriche, 13,97 kilomètres de longueur

Creusé sous le massif du même nom, le tunnel de l’Arlberg a été mis en service en 1978 après quatre années de travaux. Il relie les provinces du Tyrol et du Vorarlberg, assurant une traversée sûre des Alpes autrichiennes tout au long de l’année.

Conçu comme un tube unique à double sens, il peut accueillir jusqu’à 1 800 véhicules par heure et dispose d’un dispositif complet de sécurité. Situé à 1 318 mètres d’altitude, il constitue un axe vital pour le trafic alpin et reste soumis à un péage d’environ 12,5 euros par trajet.

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