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15 ans d’efforts écologiques balayés par la course aux data centers IA : cette étude fait froid dans le dos

Pour faire tourner leurs nouveaux supercalculateurs sans attendre, les géants de la tech font fausse route et se tournent à nouveau vers les énergies fossiles. Les conséquences pourraient être dramatiques.

Un constat qui fait froid dans le dos. Selon une analyse poussée du Sierra Club, l’une des plus anciennes organisations de protection de la nature aux États-Unis, la course frénétique à l’intelligence artificielle pourrait annuler à elle seule 15 ans de progrès en matière de réduction des gaz à effet de serre. D’ici à 2030, la prolifération des data centers risquerait de faire bondir de 42 % les émissions de CO2 du secteur électrique américain par rapport à 2025.

Concrètement, si les chantiers actuellement validés ou en cours outre-Atlantique sont effectivement menés à bien, ces nouveaux centres de données rejetteront environ 460 millions de tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. C’est l’équivalent des émissions annuelles d’un pays comme le Mexique. Il y a encore 18 mois, les chercheurs pensaient que l’impact de ce chantier national serait deux à quatre fois inférieur. Mais le rythme de cette expansions tous azimuts a surpassé toutes les prévisions.

Car pour contourner les réseaux électriques saturés, les géants de la tech se tournent sans scrupule vers des centrales à gaz. C’est le cas de GW Ranch d’Amazon au Texas, qui sera alimenté par sa propre centrale de 35 turbines à gaz, autorisé à émettre jusqu’à 33 millions de tonnes de CO2 par an. Colossus de SpaceXAI a employé la même méthode, comme ce sera le cas, aussi, de TeraFab, usine conjointe de SpaceX et Tesla.

data center
© Gorodenkoff / Shutterstock.com

Encore des inconnues

Mais la concrétisation de ce scénario noir n’est pas encore gravée dans le marbre. Car la construction de ces infrastructures gigantesques suscite de vifs mouvements d’opposition. Partout aux États-Unis, des associations de riverains et des élus locaux s’opposent à l’implantation de ces monstres énergétiques, dénonçant la pollution de l’air et les nuisances sonores. À tel point que certains projets battent de l’aile, à l’instar du Project Jupiter d’Oracle au Nouveau-Mexique.

Par ailleurs, la demande mondiale en turbines à gaz est telle que les fabricants sont totalement saturés. Les prix ont bondi de 50 % et certains carnets de commandes sont désormais fermés jusqu’en 2032, rendant impossible la mise en service rapide de tous les projets prévus. SpaceX réfléchit même à construire les siennes afin d’outrepasser cette limite.

Un ralentissement des investissements n’est pas à exclure, tant les sommes dépensées sont astronomiques. Mais le constat est sans appel : sans un cadre strict imposant le recours aux énergies renouvelables et une sobriété matérielle, la facture écologique de l’IA risque de se payer au prix fort, alors même que les scientifiques alertent sur notre incapacité à freiner le réchauffement climatique.

  • La construction massive de data centers dédiés à l’IA aux États-Unis menace d’émettre 2,1 milliards de tonnes de CO2 d’ici à 2030.
  • Cela annulerait 15 ans d’efforts de réduction des gaz à effet de serre.
  • Les géants de la tech font le choix de bâtir leurs propres centrales à gaz naturel, extrêmement polluantes, au pied des serveurs.

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