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Déchets nucléaires : la Finlande va ouvrir le premier site d’enfouissement définitif de la planète, à 400 mètres sous terre

Le pays nordique apporte la solution la plus adéquate à ce jour pour éviter la catastrophe avec les déchets nucléaires. Et son initiative fait déjà des émules.

Le gouvernement finlandais vient d’accorder officiellement sa licence d’exploitation à l’entreprise Posiva pour exploiter le tout premier centre de stockage géologique profond au monde destiné aux déchets nucléaires hautement radioactifs. Baptisé Onkalo, il est situé dans la commune d’Eurajoki sur l’île d’Olkiluoto, dans le sud-ouest du pays nordique. Ce n’est pas un hasard, puisqu’elle abrite aussi une centrale nucléaire.

C’est la concrétisation d’un travail titanesque pour la société, qui a bâti le site pendant 22 ans et investi 1,1 milliard d’euros. Mais d’accueillir les premiers déchets, elle doit finaliser la phase de tests et d’inspections sous le regard strict de STUK, l’autorité de sûreté nucléaire finlandaise. Valide jusqu’en 2070, la licence marque la transition tant attendue entre les phases de conception et d’exploitation commerciale.

Déchets nucléaires, une problématique mondiale

Si l’énergie nucléaire présente l’avantage de ne pas émettre de gaz à effet de serre lors de la production d’électricité, elle génère des déchets hautement radioactifs. Bien qu’ils ne représentent qu’une infime partie des volumes produits, ces combustibles usés émettent des rayonnements toxiques pour l’environnement et l’être humain. Et ils restent dangereux pendant des dizaines de milliers d’années.

Depuis l’émergence du nucléaire civil dans les années 1950, près de 400 000 tonnes de combustible usé ont été accumulées à travers la planète. Faiblement recyclée, la grande majorité de ces résidus stagne aujourd’hui dans des infrastructures provisoires en surface, principalement au fond de bassins de refroidissement ou dans des conteneurs en béton. De quoi exposer les matières aux risques d’incidents techniques, de catastrophes naturelles ou de sabotages.

Un labyrinthe de roche et de cuivre à 400 mètres sous terre

Le site d’Onkalo a été creusé dans une roche cristalline vieille de 1,9 milliard d’années, réputée pour sa très grande stabilité et son absence de risque sismique majeur. C’est là, à plus de 400 mètres de profondeur, que le combustible usé des réacteurs locaux trouvera sa demeure définitive.

Concrètement, le processus repose sur un système de défense multicouche baptisé KBS-3. Une fois les assemblages radioactifs refroidis, ils sont scellés hermétiquement à l’intérieur de lourds conteneurs en cuivre, métal connu pour résister à la corrosion. Ils sont ensuite descendus un à un dans des puits verticaux creusés dans la roche.

De même, chaque conteneur est soigneusement entouré d’argile de bentonite, un matériau naturel qui gonfle au contact de l’humidité pour bloquer toute infiltration d’eau et stabiliser le tout. Les galeries souterraines, elles, seront définitivement condamnées par des bouchons en béton armé à l’horizon des années 2120. L’idées et de maintenir ces déchets totalement isolés du monde vivant jusqu’à ce que leur radioactivité naturelle se dissipe, un processus qui s’étale sur 100 000 ans.

Localisation Onkalo
© Capture d’écran Google Maps

Un modèle mondial

La Finlande s’impose comme la première nation à concrétiser une solution pérenne après avoir introduit, dès 1994, l’interdiction d’exporter ses résidus nucléaires et l’obligation d’en assurer l’élimination finale sur son propre territoire.

Une initiative qui inspire déjà ses voisins européens. La Suède s’est ainsi engagée dans une voie identique avec le chantier de Forsmark, tandis que la France poursuit le développement de son projet Cigéo à Bure, dans la Meuse. Si cette solution laisse malgré tout des inconnues sur le très long terme, l’enfouissement profond demeure aujourd’hui la solution la plus sûre face à la vulnérabilité des stockages de surface.

  • Le gouvernement finlandais a accordé la première licence d’exploitation au monde pour Onkalo, un site d’enfouissement profond destiné aux déchets nucléaires.
  • Situé à 400 mètres sous terre dans une roche très stable, le site enfermera le combustible usé dans des conteneurs en cuivre et de l’argile.
  • La Finlande devient le premier pays à concrétiser cette solution, inspirant des projets similaires en Suède et en France.

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