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220 euros suffisent pour financer une campagne de désinformation sur internet

Jigsaw, une filiale d’Alphabet, a recruté un prestataire russe pour mener une attaque de trolls contre un site web politique factice. La facture n’était que de 250 dollars.

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Virus, Hacker et sécurité informatique
© Markus Spiske

Depuis l’élection présidentielle américaine, les interférences avec les élections font partie des sujets régulièrement abordés par la presse dans le monde. Mais si vous pensez que les campagnes de trolls sur les réseaux sociaux, pour influencer l’opinion, ne sont à la portée que des États comme la Russie, vous vous trompez.

En réalité, il est très facile pour une personne lambda de payer un groupe de (cyber) mercenaires pour mener une attaque de trolls contre une cible précise.

Pour prouver cela, Jigsaw, l’une des filiales d’Alphabet (maison-mère de Google), a mené une petite expérience sur l’internet russe en 2018. Comme le rapporte le site Wired, celle-ci a collaboré avec un partenaire spécialiste en sécurité informatique afin de trouver un prestataire. Jigsaw a également créé un faux site web politique, intitulé « Down With Stalin », qui a servi de cible (à ce moment, en Russie, la réhabilitation de Staline faisait débat).

250 dollars pour 730 tweets et 100 commentaires

Pour 250 dollars, le prestataire russe aurait envoyé 730 messages sur Twitter, provenant de 25 comptes différents (qui sont aujourd’hui suspendus par Twitter), ainsi que 100 commentaires sur des forums et sur des blogs, dans le cadre de l’attaque de trolls, qui a duré deux semaines. « Ce ne sont pas des nombres importants, et cela est intentionnel », a expliqué Andrew Gully, chercheur chez Jigsaw. « Nous n’essayions pas de créer une campagne mondiale de désinformation à ce sujet. Nous voulions simplement voir si les acteurs pouvaient fournir une preuve de concept. »

D’après Jigsaw, il s’agissait de publications authentiques, écrites par des humaines, et non de copier-coller de robots. Pour 500 dollars, le prestataire aurait également proposé de faire retirer le site web ciblé d’internet en signalant massivement celui-ci auprès de l’hébergeur. Mais la filiale d’Alphabet n’a pas choisi cette option.

Le but de cette expérience, controversée, était de prouver qu’il est facile de financer une campagne de désinformation sur internet. Mais celle-ci a également été critiquée. « Acheter et participer à une opération de désinformation en Russie, même si elle est très petite, est en premier lieu une chose extrêmement controversée et risquée », a par exemple déclaré Thomas Rid, politologue de l’Université John Hopkins, cité par Wired. Mais Google, de son côté, assure avoir pris toutes les précautions, et minimise l’impact des messages diffusés durant son expérience.

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