La colère monte chez les proches des victimes du crash d’Air India survenu en juin à Ahmedabad. Deux mois après l’accident qui a coûté la vie à plus de 240 personnes, les familles réclament la publication immédiate du contenu des boîtes noires.
Une tragédie encore sans explication…
Le 12 juin dernier, le vol Air India 171, opéré par un Boeing 787-8 Dreamliner, a décollé d’Ahmedabad à destination de Londres Gatwick avec 230 passagers et 12 membres d’équipage à son bord. Moins d’une minute après le départ, l’appareil perdait toute puissance moteur et s’écrasait sur un campus consacré à l’étude de la médecine.
L’impact et l’explosion qui ont suivi ont tué les 241 occupants de l’avion et au moins 19 personnes au sol. Un seul passager, un Britannique d’origine indienne, a survécu. Les deux boîtes noires, c’est-à-dire l’enregistreur vocal du cockpit et des données de vol, ont pour leur part été récupérées rapidement et confiées au Bureau indien d’enquête sur les accidents aériens (AAIB).
Mais alors que l’enquête suit son cours, la patience des familles commence à sérieusement s’effriter. « Nous demandons formellement la divulgation immédiate des enregistrements », insiste Imtiaz Ali Sayed, qui a perdu sa femme, ses deux enfants et son frère dans le drame. « Ces appareils contiennent des informations vitales qui peuvent révéler la vérité derrière cette tragédie horrible », poursuit-il.

… Mais des hypothèses sérieuses
Le rapport préliminaire de l’AAIB indique que les deux moteurs se sont coupés simultanément quelques secondes après le décollage, les leviers de contrôle du carburant étant passés de « run » à « cutoff », ce qui stoppe l’alimentation en kérosène. Sur l’enregistrement du cockpit, le copilote demande à son commandant, Sumeet Sabharwal : « Pourquoi as-tu coupé ? », en faisant référence à ces leviers. Ce dernier nie l’avoir fait.
S’agit-il d’un acte délibéré ? Rien n’est encore sûr, mais le profil psychologique de Sabharwal, décrit comme dépressif, pose question. Une défaillance n’est pas à écarter non plus : un avis technique émis en 2018 par la Federal Aviation Administration (FAA), le régulateur américain de l’aviation, signalait un possible défaut sur certains interrupteurs de contrôle du carburant du Dreamliner.
De son côté, Air India affirme coopérer pleinement et apporter une assistance aux proches des disparus. Les experts, eux, appellent à ne pas spéculer avant le rapport final, attendu dans plusieurs mois. Mais les familles redoutent que le temps n’efface leur quête de vérité. « Nous avons besoin de réponses maintenant, pas dans un an », plaide Imtiaz Ali Sayed. « Chaque jour sans réponse augmente la douleur et érode la confiance du public dans la sécurité aérienne », assène-t-il.
Certaines familles menacent de poursuivre Air India et Boeing si les données révèlent un défaut technique. À noter qu’une telle nouvelle plongerait un peu plus le constructeur américain dans la tourmente.
- Les familles des victimes du crash d’Air India réclament la divulgation immédiate du contenu des boîtes noires.
- Le rapport préliminaire révèle que les deux moteurs se sont coupés quelques secondes après le décollage.
- Aucune cause n’est confirmée, mais les hypothèses vont de la défaillance technique à l’acte humain.
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