La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative. Son symptôme le plus connu est la perte de mémoire à court terme. Dans les cas les plus graves, les personnes atteintes peuvent ne plus reconnaître leurs proches. Si elle touche essentiellement des personnes âgées, la maladie peut se déclencher bien avant. En France le cas le plus précoce concerne un homme diagnostiqué à l’âge de 20 ans.
Comme beaucoup de maladies dégénératives, Alzheimer doit être diagnostiqué le plus tôt possible, pour que la prise en charge soit le plus efficace. Pour faciliter cet acte médical, un tout nouveau test sanguin vient de faire son arrivée sur le marché nord-américain.
Car aujourd’hui, établir un diagnostic pour la maladie d’Alzheimer, c’est un vrai parcours du combattant. Les médecins regardent généralement les symptômes pour établir un cas, mais contrairement à d’autres maladies, comme un cancer, impossible de faire une biopsie. Les causes profondes de la maladie restent donc inconnues, et le traitement se fait à tâtons.
Pour aider les médecins, ils peuvent utiliser l’imagerie médicale (IRM), mais les appareils sont peu nombreux et les places sont chères. Alors les patients patientent, parfois pendant des mois, dans l’attente de résultats. Dernière solution disponible en France à l’heure actuelle, la ponction du liquide céphalo-rachidien. Il circule au niveau de la moelle épinière, mais aussi dans le cerveau « qu’il nettoie ». Il est donc en contact direct avec les protéines signatures de la maladie d’Alzheimer.
Un nouveau test sanguin, pour faciliter le diagnostic
C’est en se basant sur cette dernière approche que la méthode du test sanguin compte bâtir son succès. Bien moins intimidante qu’une ponction, une prise de sang peut être réalisée assez simplement. Si les médecins découvrent des traces de ces protéines « signatures », alors ils sauront que la maladie est bien présente. Même en infime quantité.
Pour rentrer un peu plus dans la technique, le test va mesurer les taux des protéines pTau217 et ß amyloïdes 1-42. Présente naturellement dans le plasma humain, c’est en réalité le ratio entre ces deux protéines qui intéresse les scientifiques. Ce ratio est corrélé à la présence ou à l’absence de plaques amyloïdes dans le cerveau du patient, qui sont des marqueurs biologiques de la maladie d’Alzheimer.
Un test pour confirmer des doutes, pas un dépistage
La professeure Marie Sarazin, qui travaille au sein de l’unité de neurologie de la mémoire à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, veut néanmoins préciser certaines choses. Ce test sanguin, aussi efficace et précis soit il, ne doit pas être vue comme une solution binaire.
Il ne permet pas de dépister les patients. Il n’y aura pas à l’issue de ce dernier, des malades et des patients sains. Les choses sont en réalité, bien plus complexes. Car tous les malades sont différents. Certains vont être touchés par des formes très agressives, qui progressent rapidement, d’autres vont avoir un état très stable.
Cette découverte démontre en tout cas une certaine émulation du monde de la recherche autour de cette maladie. Plus tard dans l’année, de nouveaux traitements devraient être lancés en Europe pour aider les malades. Le lecanemab et le donanemab portent beaucoup d’espoirs, eux qui auraient un pouvoir de destruction sur les plaques amyloïdes cérébrales. En 18 mois d’essais cliniques, ces deux médicaments ont continu à un ralentissement de l’ordre de 30 % de la dégradation des patients traités par rapport à ceux du groupe placebo.
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