Cette semaine, Apple a publié un très long communiqué où elle tire à boulets rouges sur le Digital Markets Act (DMA), le règlement sur les marchés numériques que l’Union européenne a voté en 2022 pour redéfinir la façon dont certaines sociétés technologiques conçoivent leurs produits en vue d’assurer la concurrence dans le secteur du numérique.
La marque à la pomme estime en effet que cette législation nuit aux intérêts des consommateurs en retardant le lancement de certaines fonctionnalités et les expose par ailleurs à des risques de sécurité majeurs. Elle demande donc directement à l’UE de revoir sa copie et de modifier ce texte.
Lourdement attaquée, la Commission européenne, qui a en charge l’application du DMA, n’a pas manqué de répliquer dans la foulée. Un porte-parole de l’instance, Thomas Regnier, a estimé qu’elle n’était « pas surprise » qu’Apple ait exigé l’abrogation de sa loi car le géant de la Tech s’y est toujours opposé.
Cité par le média Politico, il ajoute : « Apple a tout simplement contesté le DMA dans ses moindres détails depuis son entrée en vigueur. Cela remet en cause la volonté affichée par l’entreprise de coopérer pleinement avec la Commission. »
Un affrontement qui devient politique
Selon ce dernier, la firme de Cupertino a snobé les efforts de l’UE pour engager des discussions constructives et lui permettre de se conformer à la législation. Il précise : « Les résultats de cet engagement positif ? Deux mois plus tard, Apple est revenu et nous a demandé de tout abandonner. Nous comprenons bien sûr que les entreprises souhaitent défendre leurs profits à tout prix, mais ce n’est pas l’objectif du DMA ».
Cet affrontement entre Apple et l’UE est loin d’être achevé et plusieurs dossiers pouvant déboucher sur des amendes sont encore sur la table. Il risque d’ailleurs de prendre un tournant politique. Au cœur de l’été, Donald Trump a justement fait des déclarations qui ne sont pas passées inaperçues sur le Vieux Continent. Le dirigeant a estimé que « les taxes numériques, la législation sur les services numériques et la réglementation des marchés numériques sont toutes conçues pour nuire à la technologie américaine ou la discriminer ».
Il semblait viser le DMA sans le nommer et il a prévenu que des droits de douane « substantiels » seraient imposés aux pays qui ne « respectaient » pas les entreprises technologiques américaines, sans plus de précision sur les critères ou d’engagement chiffré. Si vous souhaitez approfondir ce sujet, n’hésitez pas à aller consulter notre précédent article ici.
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