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Artemis III : les futures combinaisons lunaires de la NASA seront un enfer pour les astronautes

Marcher sur la Lune en 2028 ne sera pas une promenade de santé, mais un véritable calvaire physique. Alors que la NASA s’apprête à lancer Artemis II dans quelques jours, l’inquiétude grandit autour des futures combinaisons d’Axiom Space.

Alors que le monde a les yeux rivés sur le pas de tir 39B du Centre spatial Kennedy pour le décollage imminent d’Artemis II, prévu pour la nuit du 6 au 7 février 2026, la NASA prépare déjà l’étape suivante. Si l’équipage actuel se contentera d’un survol lunaire historique, c’est en 2028 avec Artemis III que l’humanité posera à nouveau le pied sur notre satellite. Mais cette mission pose un défi de taille : une combinaison spatiale incroyablement robuste.

Car travailler sur la Lune est un enfer logistique. Contrairement à la Station Spatiale internationale (ISS) où les astronautes évoluent en microgravité, la Lune impose une pesanteur d’1/6e de celle de la Terre. Cela semble léger, mais c’est suffisant pour transformer chaque mouvement en épreuve de force.

Entre la poussière abrasive, les radiations et des températures chutant à -230°C au pôle Sud, l’environnement lunaire est bien plus hostile que le vide des sorties extravéhiculaires classiques, déjà considérées comme de véritables marathons pour les astronautes.

Starship Spacex Lune Artemis Nasa
© SpaceX / NASA

Le défi du poids et de la souplesse

C’est l’entreprise texane Axiom Space qui a décroché le contrat de 228 millions de dollars pour concevoir ce scaphandre de nouvelle génération, le AxEMU. Si le design a bénéficié d’une collaboration médiatisée avec Prada pour l’esthétique, la réalité technique est bien plus rugueuse.

La combinaison est un bijou d’ingénierie, bien plus articulée que les modèles d’Apollo qui forçaient les astronautes à sautiller comme des lapins. Pourtant, elle souffre d’un défaut majeur : sa masse. Avec son système de survie, elle pèse environ 136 kg sur Terre. Si cela correspond à six fois moins sur la Lune, l’inertie reste la même. Pour Kate Rubins, ex-astronaute de la NASA et microbiologiste, c’est une source d’inquiétude majeure :

« Lorsque nous arriverons à la surface lunaire, les gens vont devoir modifier leurs habitudes de sommeil. Ils ne dormiront pratiquement pas. Ils passeront huit ou neuf heures dans ces combinaisons. Ils effectueront des sorties extravéhiculaires tous les jours ».

En cas de chute, par exemple, se relever demandera un effort colossal. Mike Barratt, astronaute et médecin, tire aussi la sonnette d’alarme sur les risques de traumatismes orthopédiques et de lésions cutanées liés au frottement dans une armure aussi massive. « Je pense que les combinaisons sont meilleures qu’Apollo, mais je ne pense pas qu’elles soient géniales en ce moment », tranche Rubins, pointant du doigt un centre de gravité trop haut qui risque de faire basculer les explorateurs.

Nasa Artemis 2 Fusee Sls
© NASA

Où en est le développement ?

De son côté, Axiom Space a déjà accumulé plus de 700 heures de tests. Le scaphandre a passé avec succès les épreuves en chambre à vide thermique et les simulations sous-marines au Neutral Buoyancy Lab de Houston.

La prochaine étape cruciale sera les vols paraboliques pour tester la mobilité en gravité réduite réelle. Si Axiom assure que le design est « en bonne voie », les retours des astronautes suggèrent que des ajustements sur les outils ou sur la répartition des masses seront indispensables.

  • Les combinaisons lunaires d’Artemis III, conçues par Axiom Space, seront ultra-robustes, mais aussi extrêmement éprouvantes à porter.
  • Malgré les avancées par rapport à Apollo, leur masse, leur inertie et leur centre de gravité posent de sérieux risques physiques pour les astronautes, amenés à enchaîner de longues sorties quotidiennes.
  • À deux ans du retour sur la Lune, les tests se multiplient, mais des ajustements semblent incontournables pour éviter que l’exploit ne vire au supplice.

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