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Attaque d’Annecy : pourquoi la police ne peut pas déverrouiller l’iPhone de l’assaillant dans le cadre de son enquête ?

Dans le cadre de l’enquête sur l’attaque d’Annecy, les autorités ne parviennent pas à convaincre l’assaillant de déverrouiller son iPhone. Et Apple ne semble pas prêt à collaborer, comme en 2016 lors de l’attaque de San Bernardino.

  • L’attaque au couteau à Annecy met en lumière le problème de l’accès aux données chiffrées sur les smartphones dans le cadre d’enquêtes criminelles
  • Malgré l’existence d’une loi française qui pénalise le refus de partager le code d’accès d’un appareil électronique, les mécanismes de sécurité robustes des smartphones rendent difficile l’accès aux informations sans le consentement du propriétaire
  • Les géants de la Tech refusent de déverrouiller à distance leurs appareils, même pour des enquêtes judiciaires

Dans le cadre de l’enquête sur l’attaque d’Annecy, l’auteur a refusé de donner le code d’accès de son iPhone aux autorités. Un refus qui, s’il est puni par la loi, ralentit le travail de la police. Impuissantes, les autorités ne peuvent pas non plus compter sur l’aide des géants de la Tech qui se refusent à déverrouiller les téléphones à distance.

Depuis novembre 2022, refuser de fournir le code d’accès d’un appareil électronique est considéré comme un délit en France. Plus précisément, l’article 434-15-2 du code pénal français stipule que le refus de partager la “convention secrète de déchiffrement d’un moyen de cryptologie susceptible d’avoir été utilisé pour préparer, faciliter ou commettre un crime ou un délit” est passible de trois ans d’emprisonnement et de 270 000 euros d’amende. Cela inclut tous les systèmes de déverrouillage, du code numérique à la reconnaissance faciale.

Dans le cas de l’attaque d’Annecy, et malgré cette disposition légale, l’accès aux informations contenues dans le smartphone de l’assaillant reste bloqué. Les smartphones d’aujourd’hui, qu’ils tournent sous Android ou iOS, sont équipés de nombreux systèmes de déverrouillage, tous dotés de mécanismes de sécurité chiffrés. Sans l’accord du propriétaire, il est extrêmement difficile de contourner ces protections, pour ne pas dire impossible.

Les géants de la Tech refusent de coopérer

Ce dilemme, les constructeurs de smartphones tels qu’Apple et Google le connaissent bien. Ces entreprises ont toujours refusé de déverrouiller à distance l’un de leurs appareils, même dans le cadre d’une enquête judiciaire. Ils soutiennent que cela nécessiterait la mise en place de “backdoors” pour contourner les systèmes de déverrouillage, ce qui pourrait compromettre la sécurité et la confidentialité des données des utilisateurs.

Cette position a été maintenue malgré des pressions considérables, notamment en 2016, lorsque Apple a refusé de donner accès au contenu chiffré de l’iPhone de Syed Farook, l’un des auteurs de la tuerie de San Bernadino. À l’époque, l’affaire avait fait couler beaucoup d’encre, mais le FBI avait fini par utiliser une autre méthode pour parvenir à ses fins, Apple restant sur ses positions.

Dans le cas de l’attaque d’Annecy, cette politique de sécurité stricte laisse la justice dans une impasse. Tant qu’il maintiendra son silence, toutes les preuves potentielles enregistrées sur l’iPhone de l’assaillant resteront inaccessibles aux autorités. Des SMS, des historiques de navigation, des contacts – autant de pièces du puzzle qui demeurent hors de portée. En refusant de partager le code de déverrouillage de son iPhone, l’auteur de l’attaque est passible d’une peine de prison et d’une amende supplémentaire.

Mais contrairement aux Etats-Unis où les peines s’accumulent, en France la justice sanctionne le crime ou délit le plus grave. Dans le cas de l’attaque d’Annecy, le refus de coopérer est donc un délit mineur.

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6 commentaires
6 commentaires
  1. “Mais contrairement aux Etats-Unis où les peines s’accumulent, en France la justice sanctionne le crime ou délit le plus grave.”

    bien belle c*nnerie.. qui prouve bien que la justice française est arriérée

      1. In fine, on va nous expliquer que ce type n’a pas toutes ses facultés…visiblement il lui en reste à moins que ce ne soit une initiative de son avocat !

  2. Tiens, je croyais que le Sénat avait validé l’accès (l’espionnage) des téléphones à l’insu de leurs propriétaires ?
    Encore une esbroufe à la macron … et un coup de pied au c.. de la vraie justice.
    De toutes manières, d’où l’auteur des coups de couteau aurait-il sorti 270000€ ?

  3. C’est pas compliqué. Il suffit de pondre une loi. Tant que tu ne donnes pas tes codes, tu restes en prison, quelle que soit la peine encourue etaussi longtemps que necessaire

  4. Attention tout le monde, vous vous faites berner comme d’habitude dans ce genre de cas où l’indignation collective et l’émotion est instrumentalisée. Le prétexte du terrorisme et la peur associée seront toujours utilisés pour faire accepter une diminution de nos libertés individuelles. Faux débat, la question est de punir le criminel et pas toute la société ! D’autre part, au vu des nombreuses interrogations autour de ce nouveau drame, arrêtons de focaliser sur l’auteur apparent des faits et cherchons plutôt à savoir comment et pourquoi cet événement a eu lieu une fois de plus dans un contexte troublé, voire “propice”. Regardons le passé et aussi les manifs et voyons les anomalies, les impuissances des uns et des autres, les ordres controversés, les retards à l’action, etc. Je vous rappelle que l’ONU, l’OMS et le FEM ont un agenda à imposer aux populations. Et comme dirait Macron à propos du système de santé : difficile d’améliorer avant d’avoir tout détruit… Le slogan des mondialistes : Build Back Better !

Les commentaires sont fermés.