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Auto : la transition vers le tout-électrique est-elle trop rapide ?

Selon le patron de Stellantis, la transition vers le tout-électrique dans l’industrie automobile est beaucoup trop rapide. Mais est-ce vraiment le cas ?

Qu’ils le veuillent ou non, les constructeurs automobiles devront proposer exclusivement des véhicules 100% électriques dès 2035. Cette obligation a été décidée par l’Union Européenne qui a souhaité accélérer le mouvement dans le processus de transition écologique.

Ce vote récemment validé par la Commission Européenne laisse peu de temps à cette industrie pour se transformer de fond en comble. Et cela ne plaît pas au patron de Stellantis Carlos Tavares qui estime que la transition vers le 100% électrique se fait beaucoup trop rapidement.

Trop chères pour une adoption massive

Connu pour son opposition à l’électrification massive des voitures, l’ex-patron de Peugeot estime d’abord que les véhicules électriques représentent un risque social. Selon lui, les prix sont beaucoup trop élevés et réservent donc ces modèles aux conducteurs les plus aisés. Un positionnement qui va aux antipodes d’une stratégie de démocratisation.

Les chiffres récents confirment les propos de Carlos Tavares. En effet, alors qu’une inflation galopante touche la plupart des pays européens, les prix des véhicules électriques se sont envolés au premier semestre 2022. En France, les modèles les plus vendus ont connu une hausse de 14% en moyenne avec un pic à 16% pour la Model 3 de Tesla, sans compter l’effet bonus écologique.

Car en augmentant leurs prix, les constructeurs ne permettent plus aux consommateurs de bénéficier de ce coup de pouce. Ainsi, une Model 3 que l’on pouvait s’offrir pour environ 35 000 euros en 2021 s’achète maintenant près de 50 000 euros. Une folie.

Innover (trop) vite

« Arrêtez de jouer avec les règles, demande Carlos Tavares aux dirigeants européens. Laissez-les tels qu’elles sont et permettez aux gens de travailler correctement, avec concentration et rigueur » peste-t-il. Si le PDG de Stellantis se montre si virulent, c’est parce qu’il estime que la transition électrique est « si rapide que la chaîne d’approvisionnement et la capacité de production n’ont pas le temps de s’adapter ».

Un constat que partagent d’autres dirigeants, mais pas tous. Renault par exemple annonce une offre 100% électrique d’ici 2030. Il suffit de regarder à quelle vitesse le marché des voitures électriques s’est développé. En moins de 20 ans, Tesla est même devenu la marque leader alors qu’elle partait de zéro.

Il n’a pas fallu non plus longtemps aux géants du secteur pour s’adapter. En une dizaine d’années, Volkswagen, Renault, Peugeot et consorts ont réussi à étoffer leur gamme tout en baissant les prix.

Cela bien évidemment nécessité des investissements. En R&D, bien sûr, mais aussi dans la conception de nouvelles plateformes d’assemblage. D’ailleurs Stellantis accélère aussi sur ce terrain : une nouvelle usine sera bientôt implantée en Egypte.

Les pénuries : la grande inconnue

Parmi les autres griefs du patron de Stellantis, les risques de pénuries sont plus que jamais d’actualité. Selon lui, les composants et les batteries commenceraient à manquer dès 2024/2025. En cause, des matières premières de plus en plus difficile à extraire et donc des problèmes d’approvisionnement pour toute l’industrie.

C’est ce que connaît actuellement le marché alors que l’exportation de matières premières nécessaires à la fabrication des batteries (essentiellement extraites en Russie) est au ralenti. À cela s’ajoute d’ailleurs un approvisionnement réduit des composants, ce qui donne un aperçu de ce que pourrait être le marché si l’électrification de toute l’industrie prenait place aujourd’hui.

Or, le marché du tout-électrique ne sera effectif qu’en 2035. Et lorsque l’on voit à quelle vitesse l’industrie s’est adaptée avec les premiers modèles, on peut espérer que d’ici là, les infrastructures et les innovations permettront de contourner ces problèmes. Les limitations d’aujourd’hui ne sont pas forcément celles de demain.

D’ailleurs, de nombreux chercheurs travaillent en ce sens. Récemment, un laboratoire de Tesla a réussi à créer une batterie capable de tenir 100 ans et de consommer beaucoup moins d’énergie que celles intégrées actuellement à ces véhicules.

Demeure toutefois une grande inconnue : comment réussiront-nous à produire suffisamment d’électricité pour fabriquer et recharger ces millions de véhicules électriques ? Voilà un défi que les constructeurs, industriels et politiques vont devoir relever de concert durant les dix prochaines années.

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2 commentaires
2 commentaires
  1. Surtout, comment allons faire pour qu’une voiture électrique ai un meilleur ratio poids/énergie qu’une thermique… tout en étant plus fiable et rustique.

    une batterie reste une batterie, son utilisation idéale n’est pas pour des véhicule lourd en mouvement.

    un réservoir de carburant est infiniment plus léger (donc moins d’énergie dépensé et moins d’usure du véhicule) et a le grand avantage de se vidé et donc de s’alléger au file de l’utilisation.

    1. Oui mais le rendement énergétique du moteur électrique est autour de 95% là où celui du moteur thermique plafonne à 30% 😉

Les commentaires sont fermés.