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Pourquoi des avions américains ont dû couper leur Wi-Fi à cause de Starlink

Le Wi-Fi le plus rapide du ciel ? Oui, sauf quand il brouille la radio du pilote.

Des interférences radio détectées à bord de plusieurs vols régionaux de United Airlines ont contraint la compagnie américaine à suspendre temporairement l’usage du Wi-Fi permis grâce au service Starlink. L’entreprise suspecte un conflit technique encore mal cerné entre l’antenne satellite de Starlink et les communications air-sol. Essentielles pour que le pilote soit constamment en lien avec l’ATC (Air-Traffic-Control), elles ne doivent souffrir d’aucune perturbation, aussi minime soit-elle.

Houston, on a du bruit !

Depuis peu, United Airlines installe des antennes Starlink sur certains de ses vols régionaux, assurés notamment par des Embraer E175, des aéronefs de taille modeste. Pourquoi la compagnie a-t-elle porté son choix sur Starlink ? Pour proposer une connexion internet rapide et stable, même à 10 000 mètres d’altitude, grâce à l’immense réseau satellitaire de SpaceX.

Tout confort pour les passagers, un peu moins pour l’équipage. D’après le Wall Street Journal, plusieurs pilotes ont signalé des perturbations sur les radios VHF (Very High Frequency, les ondes qui permettent de rester en contact permanent avec les tours de contrôle). Grésillements, bruit parasite, messages rendus à moitié inaudibles : à chaque fois, le Wi-Fi Starlink semblait être le point commun.

Plutôt que de prendre le moindre risque, United Airlines a préféré suspendre l’utilisation du service sur les 24 avions qui bénéficiait du service. À ce stade, la compagnie affirme que la sécurité n’a jamais été compromise. Elle a expliqué : « Les équipes de United et Starlink travaillent main dans la main pour résoudre quelques signalements d’interférences constatées lors de l’utilisation du système Wi-Fi. C’est un phénomène assez courant avec tout nouveau fournisseur de Wi-Fi en vol. Nous nous attendons à ce que le service soit rapidement rétabli sur ces appareils ».

En ingénierie aéronautique, la cohabitation entre de multiples systèmes de radiofréquences à bord d’un appareil est un casse-tête assez récurrent. Même si les bandes utilisées par Starlink (Ku/Ka) sont théoriquement éloignées de la VHF, des interférences croisées peuvent survenir selon l’implantation physique, les blindages ou le routage des câbles.

Le problème ici est la compatibilité électromagnétique (CEM) : un avion étant un environnement extrêmement dense en émetteurs/récepteurs, s’assurer qu’aucun système ne perturbe un autre est une tâche très ardue.

Un avion, quel qu’il soit, est aussi l’une des enclaves technologiques les plus régulées qui soit ; introduire une technologie tierce comme Starlink tient donc forcément de l’exercice de haute voltige. L’entreprise de Musk ne peut y pénétrer sans se plier aux règles du jeu aéronautique. Aucune de ces règles ne pardonne l’approximation, encore plus lorsqu’il s’agit de maintenir intact le lien entre le cockpit et la tour de contrôle.

  • United Airlines a suspendu le Wi-Fi sur 24 avions après des interférences radio signalées par des pilotes.
  • Le système en cause est l’antenne Starlink, soupçonnée d’affecter les communications VHF.
  • Ce cas met en évidence les limites de la cohabitation entre technologies émergentes et protocoles de sécurité aéronautique.

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Par : Opera