Bilan du CES 2017 : pas de révolution mais quelques distractions

Alors que ses portes se referment déjà, on ressort de ce millésime 2017 du CES avec une impression d’évolution, donc, sans grande impression. Heureusement, restent quelques belles surprises, de nombreuses fausses bonnes idées, des rencontres et des shows XXL pour donner un peu de relief…

Un dernier petit tour dans les allées du CES nous donne à voir une fois de plus toute la (dé)mesure de l’événement. Et comme un sentiment de saturation gentiment nourri du décalage horaire qui persiste durant le séjour. 3 800 exposants répartis sur 3 parcs d’expos séparés, plus des salles de démonstrations dans des hôtels, des centaines de mètres de queue (littéralement !) pour les keynotes ou les conférences de presse, des conférences de presse qui sont d’ailleurs organisées dans un quatrième lieu…

Ajoutez une ville saturée des plus de 165 000 visiteurs de 150 pays prévus, plus 6 500 journalistes et blogueurs, des flots de congressistes sans interruption, des bouchons qui semblent parfois inextricables et au retour à l’hôtel, le coup de grâce en traversant la forêt des centaines de machines à sous des lobbies géants, musique forte, parfum d’ambiance et brouhaha permanent. Tout cela après s’être parfois perdu dans de longues, très longues allées uniquement composées de petits stands d’obscurs fournisseurs chinois d’enceintes Bluetooth, câbles, coques et autres produits anonymes.

« How are you today Nicolas? »

Mais l’idée ici n’est pas de se plaindre ! Tout cela est passionnant et d’ailleurs, malgré cette folie, pas de stress ou d’agressivité comme on peut parfois le ressentir dans des salons bondés en Europe… et en  France. Et avec son nom affiché en permanence sur le badge posé sur la poitrine, les « how are you today Nicolas ? » me font toujours sourire, parce que c’est aussi sympa et agréable que ridiculement familier de notre point de vue. Bref, l’idée ici est juste de donner un peu l’impression qu’a pu ressentir le visiteur français que je suis. Et partager quelques choses vues. Et comme il y a tout, il y a le pire et le pire n’est jamais sûr…

CES : le royaume des drôles d’idées (connectées)

Les premiers jours sont consacrés aux conférences de presse. Et cela commence fort avec LG qui, comme l’année dernière voit son réfrigérateur défini comme hub familial avec un écran géant pour voir l’intérieur sans ouvrir la porte, entre autres « avantages ». Cerise sur le gâteau – il intègre désormais Alexa de Amazon et on peut maintenant lui parler. Imaginez la scène. Blague à part, cela pose de vraies questions sur la façon dont on veut vivre l’interface homme-machine dans une maison connectée. Par la voix, que ce soit dans le frigo ou dans un HP connecté Alexa (pour commander d’un mot sur Amazon) ou Google Home, ou par exemple, via une télécommande maligne universelle comme Sevenhugs – mais ses fonctions sont autrement plus limitées.

Plus généralement, la connexion obligatoire de tout l’environnement à commencer par la maison pose d’importantes questions de sécurité. Et on ne compte plus les start-ups qui cherchent à trouver leur place avec une solution plug and play de protection, capable de filtrer de manière plus ou moins sophistiquée tout risque d’attaque, mais aussi la pub et tous les moyens de tracker des infos. Un exemple amusant, le fondateur de la solution allemande eBlocker vient d’une société spécialisée dans la vente de ce type de données et c’est voyant les dérives du genre qu’il y a vu une opportunité commerciale, explique-t-il dans un grand sourire, avant de préciser qu’il détient toujours ses parts de la boîte d’origine.

De l’enceinte qui crache des flammes à la bague connectée…

Dans un genre bien plus futile, les allées de l’Eureka Park sont toujours le moyen de découvrir de drôles de choses. Par exemple, l’enceinte avec un rang de flammes qui dansent en rythme, entre le show des fontaines de l’hôtel Bellagio de Las Vegas et les faux foyers de cheminées des salons des maisons anglaises : kitch à mourir, du moins on l’imagine car les flammes nues étant interdites, le pauvre créateur du concept ne pouvait en faire la démo. J’ai pu tester en revanche le bracelet Basslet de Lofelt (199 €), censé compléter les sensations d’écoute de musique au casque avec ce qu’ils décrivent somme un subwoofer. Il vibre en rythme en effet, mais je n’ai pas été convaincu de l’effet ressenti des basses, plutôt l’impression bizarre d’un buzzer appliqué sur un bras…

Dans la série « je miniaturise tout », voici la bague connectée en lieu et place d’un bracelet. Pourquoi pas mais ça devient plus compliqué d’y croire quand on nous explique comme c’est aisé d’y composer un SMS avec le pouce… Plus simple, c’est le moins qu’on puisse dire, le bracelet Emoraqui montre l’émotion de son choix (une simple couleur) d’un coup du poignet, ce à quoi le ou la bien-aimé(e) peut répondre de la même manière. Il faut donc être en face… et très timide comme peuvent l’être certains lorsqu’il s’agit de sentiments. Quitte à être romantique, on croit (un peu) plus à la boîte I love you qui affiche des messages d’amour que seul le partenaire pourra lire, proposé par une startup française (forcément). Dans un autre genre, on tombe sur un miroir connecté (Meraw) qui n’est pas tactile pour ne pas le salir et à qui il faut parler, voilà bien le comble du narcissisme. Le tableau sera complet s’il est utilisé avec la brosse à cheveux connectée concoctée par Withings et Kerastase (l’Oréal)…

Heureusement, on trouve aussi de bonnes idées, comme le mini boîtier GPS pour vélo BeeLine qui indique de manière ultra simple d’une flèche la direction à suivre. Pas question de guidage précis, c’est pour la balade, vous savez ainsi en gros vers où aller par les rues que vous choisirez. J’ai apprécié aussi le très cool skate-board monoroue électrique californien Onewheel+, le robot ramasseur de balles de tennis Tennibot et le petit capteur de posture Lumo Lift qui vous aide à vous redresser et éviter de vous abîmer le dos devant son ordinateur.

Plus classique, mais franchement impressionnant, retour chez LG pour voir le téléviseur W de la série très haut de gamme Signature. 2,57 mm d’épaisseur, de quoi l’accrocher au mur comme un poster, élégant. Allez, un dernier pour la route : le kit PowerUp 3.0 qui permet de transformer un avion en papier en drone, contrôlé par un smartphone. Amusant, éducatif et abordable (50 €).

Pas de révolution, mais beaucoup de créativité et d’inventivité. Après tout n’est-ce pas le sens même de l’innovation ?


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Un commentaire

  1. Ce salon est naturellement composé de poids lourds de l’industrie mais aussi de figurants qui ignorent qu’ils jouent souvent le rôle de cons ou d’idiots utiles. Les premiers y signeront des contrats, les seconds recevront des centaines de cartes de visite, aussitôt remises que périmées, qu’ils pourront ramener en souvenirs avec leur award en chocolat.

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