L’eau est la denrée la plus rare sur Terre. Elle est à l’origine de la vie et son absence ne peut amener que la mort. Un outil aussi précieux doit donc être utilisé avec minutie. Car les réserves de notre planète ne sont pas exponentielles.
Pourtant, une grande partie de l’eau douce présente sur Terre ne se retrouve pas dans nos verres. Elle est utilisée par l’industrie, le monde de l’agro-alimentaire ou encore les mineurs de bitcoin. Les monnaies numériques sont des grandes consommatrices d’eau, et chaque transaction en bitcoin équivaut à une piscine gaspillée.
Devant un tel gâchis, plusieurs associations de protection de l’environnement ont demandé l’arrêt pur et simple de cette cryptomonnaie. Bien que cela soit impossible aujourd’hui, le Bitcoin risque de devoir se réinventer pour suivre dans un futur pas si lointain.
Car le problème avec le Bitcoin, c’est que cette cryptomonnaie consomme beaucoup plus d’eau que les autres solutions de paiement et d’échanges de devises. Les chercheurs de l’université Vrije à Amsterdam estiment qu’une transaction avec une carte de crédit représente six centilitres. Ce même échange, réalisé avec des Bitcoin, va coûter plus de 600 000 litres d’eau.
L’eau : il n’y en aura pas pour tout le monde
Les scientifiques néerlandais tirent la sonnette d’alarme. Cette consommation impressionnante d’eau survient en effet dans un contexte de crise encore jamais vu sur Terre. Aujourd’hui, ce sont près de trois milliards de personnes qui manquent d’eau potable au quotidien.
En 2023, la consommation d’eau du Bitcoin devrait dépasser les 2 200 milliards de litres. À titre de comparaison, la ville de Paris a consommé 157 milliards de litres d’eau en 2020. Les cryptomonnaies ont besoin de beaucoup d’eau pour produire l’électricité nécessaire aux immenses architectures de calcul nécessaire à l’authentification des transactions.
Dans une étude, des scientifiques de l’Université de Cambridge ont estimé que le Bitcoin avait une consommation électrique équivalente à la Pologne et ses 37 millions d’habitants. Cette électricité provient essentiellement du nucléaire (qui demande beaucoup d’eau) mais aussi des centrales à charbon, gaz et pétrole, elles aussi, grandes consommatrices d’eau.
Bientôt la fin du Bitcoin ?
Dans leur étude, les scientifiques néerlandais pointent précisément le Bitcoin du doigt. En effet, avec son système de proof of work une même transaction est vérifiée des dizaines de fois, sans que cela soit nécessaire. L’objectif pour les mineurs derrière ce travail informatique est de récupérer la précieuse commission qui leur revient de droit.
Mais mettre fin à ce système rendrait un immense service à la planète. L’Ethereum, principal concurrent du Bitcoin, l’a fait il y a quelques mois. Avec l’arrivée du Proof of stake la cryptomonnaie a réussi à réduire de 99% sa consommation électrique.
Bien que cela puisse être souhaitable, il est difficile d’imaginer le Bitcoin faire la bascule vers ce nouveau système. Contrairement à l’Ethereum, cette cryptomonnaie n’a pas de décisionnaire, personne ne la contrôle. Faire changer son système de fonctionnement paraît donc très compliqué. La seule solution envisageable serait une intervention étatique, au moins à l’échelle d’un continent, pour contrainte le Bitcoin à évoluer vers une architecture plus respectueuse de l’environnement.
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Si on pouvait nous expliquer comment le bitcoin consomme toute cette eau ça ressemblerait moins à un article de propagande…
Cela serait encore plus crédible si on avait une étude sur combien d’eau consomme l’emission d’un email, regarder Netflix ou tout simplement poster un article sur le web, en effet
Les transactions BTC sont validés par des calculs de plus en plus complexes, et chaque “mineur” (ordinateur tentant de résoudre ce calcul) est en compétition avec tous les autres pour résoudre plus de calculs plus vite que les autres. Premièrement, le PC qui résout le calcul et valide la transaction consomme beaucoup d’énergie, mais aussi et surtout, tous les autres ont utilisé de l’électricité pour rien, ce qui rentre en compte dans ce calcul du coût de la validation d’une transaction.
C’est pour le mode de validation “proof of work” qu’utilisent Bitcoin et utilisait également Ethereum jusqu’à l’an dernier je crois. Depuis ETH est passé au “proof of stake” comme le dit l’article. Là, l’énergie utilisée est moindre puisque les “mineurs” (ou “validateurs”) bloquent leur monnaie, ce qui leur donne le droit d’être tiré au sort pour valider la transaction. Seul un validateur (tiré au sort) fait le travail de validation, ce qui permet ces fameux 99% d’energie en moins puisque tous les autres ne le font pas. Et le tirage au sort est fait au prorata de la quantité d’ETH bloqués par le validateur (ce qui permet d’etre d’avantage choisi et donc de gagner plus d’argent en en bloquant plus au départ).
Et pourtant, meme si c’est contre intuitif, sachez que la Preuve de Travail [Proof of Work] du reseau Bitcoin aide a la transition energetique.
1. Consommation annuelle d’energie dans le monde = 160,000 Terrawatts/hours ; Consommation annuelle du reseau Bitcoin = 220 Terrawatts/hours (ce qui represente donc 0.14% de la consommation annuelle d’energie dans le monde). Les seches linges consomment plus que le reseau Bitcoin
2. Le reseau Bitcoin utilise actuellement 60% d’energies renouvelables. Comme les mineurs cherchent a utiliser les sources d’energie les moins cheres, c’est vers le renouvelable qu’ils se tournent, et ils accelerent le developpement de leur infrastructures.
3. Les mineurs deviennent partenaires des reseaux electriques existants. L’industrie du minage de BTC est la plus flexible car elle peut reduire en un instant sa consommation, pour augmenter la capacite des reseaux electriques en cas de besoin. Elle renforce les reseaux electriques.
4. Les mineurs retire plusieurs milliers de tonnes de eCO2 en valorisant les déchets de méthane.