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Boeing valide les capacités de son nouveau drone militaire furtif, le MQ-28 Ghost Bat

Après un peu plus cinq ans de tests, le MQ-28 Ghost Bat de Boeing vient de prouver qu’il pouvait voler sans se faire repérer par les radars ennemis.

La décennie qui vient de s’écouler a été très turbulente pour Boeing sur son segment commercial : problème de sécurité sur le 737-Max, un tragique crash en Inde l’année dernière, retards de certifications pour certains de ses avions (777X, 737 MAX 7 et 10), et plus de 35 milliards de dollars de pertes entre 2019 et 2025. Une bien sombre période pour le constructeur américain, qui a semblé toutefois rebondir face à son concurrent de toujours, Airbus, en ce début d’année 2026.

Sa division militaire, Boeing Defense, Space & Security, même si elle a été ralentie par l’une de ses grèves les plus importantes en 2025, a tout de même réussi à avancer sur un programme d’importance première pour l’avionneur : le MQ-28 Ghost Bat, un engin qui, selon l’entreprise, représente l’avenir de l’aviation de combat. La production de ses avions de chasse (comme le F/A-18 Super Hornet, le F-15 Eagle ou le P-8 Poseidon) arrivant en fin de cycle, ce drone est l’incarnation la plus tangible du pivot de Boeing vers l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes.

Le 1er juin, depuis Brisbane, le constructeur vient d’annoncer qu’il venait d’atteindre l’une des étapes les plus décisives de son développement : sa furtivité, prouvée en conditions réelles.

Le MQ-28 Ghost Bat : invisible aux radars, redoutable sur le terrain

Développé par Boeing Australia pour la Royal Australian Air Force (RAAF), le MQ-28 Ghost Bat a été conçu dans l’idée de voler aux côtés d’autres appareils non autonomes. Des avions de chasses tels que le F-35A, le F/A-18F ou l’E-7A Wedgetail, qui pourront compter sur son soutien pour accomplir en autonomie plusieurs types de missions : reconnaissance, escorte, guerre électronique (localiser et aveugler les radars et systèmes de défense antiaérienne ennemis), frappes au sol ou combat air-air.

Il fait partie de la famille des Collaborative Combat Aircraft : des appareils capables de prendre des décisions tactiques sans intervention humaine, à l’exception de l’autorisation des tirs.

Modulaire, sa section avant est interchangeable et offre environ 1,5 m3 (correspondant à son nez amovible d’environ 2,6 mètres de long) pour emporter des équipements différents selon les besoins de la mission. Une cellule standardisée qui permet à Boeing de maximiser sa polyvalence tout en réduisant drastiquement ses coûts de fabrication et de maintenance logistique.

Ses performances sont très solides : il peut voler à une vitesse de Mach 0,9 (environ 1 111 km/h) à une altitude maximale de 12 000 mètres et son rayon d’action est supérieur à 3 700 km. Brad Thompson, directeur de Phantom Works (division de recherche, développement et projets secrets de Boeing) pour l’Australie, explique « En combinant une cellule ultra-performante, la furtivité, l’autonomie avancée et l’intelligence artificielle, cet appareil offre aux armées de l’air un levier inédit pour démultiplier l’efficacité de leurs missions et leur réactivité sur le terrain ».

Tout cela ne vaudrait pas grand-chose si le premier radar adverse croisé en route suffit à griller sa position. C’est l’objectif du test Radar Cross Section (RCS) : la quantité d’ondes radar que renvoie un appareil vers sa source. Moins il en réfléchit, plus il faut s’en approcher pour le détecter et moins il reste de temps pour réagir. Boeing a soumis le MQ-28 Ghost Bat à ce test, et le drone l’a passé avec succès, ce qui, selon l’entreprise, confirme « l’efficacité des choix de conception, de fabrication et de matériaux » retenus pour minimiser sa signature radar.

Mq 28 Ghost Bat
Un prototype de MQ-28 Ghost Bat exposé sur le tarmac lors d’un meeting aérien en 2023. © HoHo3143 / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0

Un palmarès qui parle pour lui

Depuis son premier vol en février 2021, le MQ- 28 Ghost Bat n’a pas chômé : 150 sorties au compteur, dont plusieurs qui ont prouvé qu’il était à la hauteur des attentes. En décembre 2025, il a tiré pour la première fois en conditions réelles : armé d’un missile air-air américain AIM-120 AMRAAM, il a abattu un drone en vol au-dessus du complexe d’essais de Woomera (Woomera Test Range), dans le sud de l’Australie. Une démonstration commandée par un Boeing E-7A Wedgetail (avion radar) qui lui a délivré l’autorisation d’engagement et a assuré le guidage du missile en mi-parcours, pendant qu’un F/A-18F Super Hornet (avion de chasse multirôle) opérait en coordination.

En mai 2026, il a quitté l’Australie pour la première fois à des fins opérationnelles, ralliant la base navale de Point Mugu, sur la côte sud de la Californie. Trois vols ont été conduits depuis cette installation, dans l’espace aérien maritime du Pacifique, sous réglementation américaine, avec le soutien des autorités locales. Pour les acheteurs potentiels qui regardent le programme de près, cette réussite a dissipé le principal doute qui pesait encore sur ses épaules : le MQ- 28 Ghost Bat est à l’aise hors de son cocon australien.

Pour le moment, le Japon figure déjà sur la liste des clients identifiés par Boeing, qui a signé en avril 2026 un accord avec Canberra autorisant des militaires de la Japan Air Self-Defense Force à participer aux essais en vol en Australie. La Corée du Sud et Singapour ont aussi exprimé leur intérêt pour l’engin. En Europe, Boeing Australia a annoncé en mars 2026 un partenariat avec Rheinmetall pour proposer le MQ-28 Ghost Bat à l’armée allemande, qui vise un déploiement dès 2029. Le Royaume-Uni et la Pologne font également partie des marchés cibles où Boeing compte bien enfoncer le clou face à Airbus, en proposant un engin que son concurrent ne sera pas en mesure de livrer avant de longues années.

  • Boeing a validé la furtivité de son drone militaire, le MQ-28 Ghost Bat après cinq ans de tests, le rendant invisible aux radars ennemis.
  • Ce drone, conçu pour la Royal Australian Air Force, peut mener des missions autonomes en soutien à des avions de chasse traditionnels.
  • Des pays comme le Japon, la Corée du Sud et l’Allemagne montrent un intérêt marqué pour le MQ-28, renforçant la position de Boeing face à son concurrent Airbus.

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