C’est, comme pour les StravaLeaks, une enquête du Monde qui a révélé cette malheureuse erreur. Le média français a pu accéder au compte de ce jeune marin sur l’application de suivi d’activité sportive Strava, qui géolocalise les trajets des utilisateurs. Problème, il était public, révélant le parcours exact du soldat et surtout, l’endroit précis où se trouve le porte-avions Charles de Gaulle : au nord-ouest de Chypre.
C’est là qu’Emmanuel Macron a envoyé le Groupe Aéronaval (GAN) tricolore lorsque le conflit en Iran a éclaté. Objectif : « protéger ses bases navales et aériennes contre les attaques iraniennes ». Une posture uniquement défensive. Pire encore, le profil du marin permet de retracer le parcours récent du porte-avions : le 14 février, il se trouvait au large du Cotentin tandis que les 26 et 27 février, ses données l’ont situé à Copenhague.
Cela correspond parfaitement avec les activités du Charles de Gaulles, qui a mené des exercices dans l’Atlantique, puis dans la Baltique dans le cadre de sa collaboration avec l’OTAN.

Pas une première
Le pauvre coupable risque de passer un sale quart d’heure, d’autant que cet incident survient dans un contexte explosif au Moyen-Orient. Interrogé par Le Monde, l’état-major des armées explique que cette diffusion « n’est pas conforme aux consignes en vigueur » auxquelles « les marins sont régulièrement sensibilisés ». Il a précisé que « des mesures adaptées seront prises par le commandement ».
Ce n’est pas la première fois que l’application Strava est impliquée dans une telle affaire. Souvenez-vous, en 2024, Le Monde révélait avoir été en mesure de suivre les déplacements d’Emmanuel Macron en suivant le compte Strava des gardes du corps du président. De quoi clairement mettre en danger sa sécurité.
Plus récemment, ce sont les montres connectées des sous-mariniers de la base de l’île Longue, en Bretagne, qui étaient en cause, après la synchronisation automatique de leurs activités sportives sur Strava. C’est très certainement ce qui s’est passé avec l’officier sur le Charles de Gaulle. En analysant les profils publics de plusieurs membres d’équipage, Le Monde a pu reconstituer le calendrier précis des rotations des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de la Force océanique stratégique, le pilier de la dissuasion nucléaire française.
À l’époque, les autorités reconnaissaient des « négligences de la part de personnels, qui n’en constituent pas pour autant des failles pouvant affecter les activités de la base opérationnelle de l’île Longue ». Malgré tout, l’armée française peine visiblement à faire respecter les consignes de sécurité numérique les plus élémentaires.
- Un marin du porte-avions Charles-de-Gaulle a involontairement révélé la position du bâtiment en publiant ses séances de footing sur Strava avec un compte public.
- L’enquête du Monde permet de retracer les mouvements du navire depuis février, jusqu’à sa position actuelle au nord-ouest de Chypre, en plein contexte de tensions avec l’Iran.
- Un nouvel épisode embarrassant pour l’armée française, déjà épinglée par le même journal pour des failles similaires impliquant les sous-mariniers de l’île Longue.
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