Depuis quelques années les progrès de la médecine ne s’arrêtent plus. L’arrivée de l’impression 3D et d’une forme de robotique dans le monde médical a rebattu les cartes. Il est notamment de plus en plus courant de voir des cœurs artificiels proposés à des patients en forte insuffisance cardiaque.
Ces appareils, temporaires, sont construits par un géant français du secteur, l’entreprise Carmat. Fondée en 2008, par le cardiologue et président de l’académie des sciences Alain Carpentier, elle est rapidement devenue une leader du secteur. Première société à mettre au point un cœur artificiel, elle souffre aujourd’hui, financièrement.
Un champion européen
Comme l’explique Stéphane Piat à plusieurs médias, l’entreprise a besoin d’argent très rapidement. Le directeur général de Carmat ne s’en cache pas, la situation est plus que précaire. « Il faut réunir 3,5 millions d’euros au plus vite. »
Si cette somme n’est pas collectée avant la fin de ce mois de juin, l’entreprise sera en cessation de paiements. Pour le dirigeant, cette situation, catastrophique, est surtout le symbole des difficultés du monde de la recherche en France. Comme il le pointe avec beaucoup d’ironie « nous ne sommes que la énième société d’innovation qui n’arrive pas à se financer en France. »
Une rentabilité proche ?
En plus d’investir dans un projet à l’intérêt évident, les banquiers qui miseraient dans les prochains jours sur Carmat pourraient en avoir pour leur argent. En effet, Stéphane Piat assure que la rentabilité arrivera « très vite » et que les dépenses de l’entreprise ne vont faire « que se réduire » dans les 4 à 5 prochaines années.
La société espère notamment que l’Assurance Maladie prendra bientôt en charge sa prothèse artificielle. Si tel est le cas, les transplantations pourraient être bien plus nombreuses. Aujourd’hui il faut débourser 150 000 euros pour s’offrir un cœur artificiel.
Malgré la situation plus que compliquée ces dernières semaines, les employés de Carmat ne restent pas les bras croisés en attendant leur sort. Deux transplantations cardiaques ont eu lieu à Jérusalem à la fin du mois de mai. Un autre patient a reçu un cœur artificiel en France dans le courant du mois de juin.
Au total, 42 transplantations ont été réalisées sur la seule année 2024. La croissance semble être là, le compteur étant déjà à 16 transplantations réussies pour le seul premier trimestre de cette année 2025. à ce jour 122 patients ont reçu un cœur Carmat temporaire.
À terme l’entreprise veut développer une solution long terme, qui pourrait accompagner les patients pour « le restant de leurs jours ». Stéphane Piat assure que Carmat est « proche » de développer cette technologie, sans donner plus de détails.
La cessation de paiement
Au 1er juillet, si l’entreprise n’a pas trouvé les 3,5 millions d’euros nécessaires, Carmat entrera en cessation de paiement. Cette première étape peut être suivie d’un redressement judiciaire et/ou d’une liquidation. Ce serait un vrai coup dur pour la société, mais surtout pour le monde de la recherche en France et en Europe qui perdrait ici un grand champion.
L’éventualité d’un rachat par un groupe étranger est évidemment envisagée du côté de Carmat. Si les dirigeants de l’entreprise se disent attachés à leur étiquette « made in France », ils déplorent un manque de financements et d’investissements public.
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