Crédit à la consommation, paiement en plusieurs fois, cartes de paiement à débit différé… les établissements bancaires comme les fintech n’ont pas délaissé les prêts. Les outils automatisés s’améliorent pour pouvoir noter les clients rapidement et cerner leurs capacités de remboursement, mais pourtant, les pratiques “abusives” ne baissent pas, alerte l’ONG bruxelloise Finance Watch.
Pour elle, les offres bancaires des banques, banques en ligne et des fintech spécialisées, y compris en France, continuent de cacher de nombreuses informations aux clients et contractent des crédits sans analyse “adéquate” des profils de solvabilité. Un risque qui ne touche que le client alors qu’en vue des taux d’intérêt très bas pour les banques, il n’a jamais été aussi facile de prêter de l’argent. Gare aux conséquences des défauts et retards de paiement.
Le crédit sous toutes ses formes
On pourrait croire que le crédit ait fait un pas en retrait en vue de l’émergence de tous ces établissements de paiement (comme les néobanques) sans licence de crédit. Pourtant, beaucoup de fintech se sont positionnées sur la contraction de crédit, comme Younited, ou dans le paiement différé (ou en plusieurs fois), comme avec Alma et Klarna.
Des applications de paiement comme N26 et Lydia proposent aux clients de contracter un micro-crédit en quelques minutes seulement, et les banques en ligne comme Boursorama Banque font la promotion de leur carte de paiement à débit différé (règlement de l’ensemble des transactions mensuelles en fin de mois). En somme, le crédit est partout et sous toute ses formes.
68% de prêts non adéquats
L’ONG Finance Watch, dans son dernier rapport, dit avoir enquêté sur les services en France, en Italie, au Danemark et en République tchèque pour se rendre à l’évidence que dans 95% des cas, les clients des offres de crédit n’avaient pas accès à toutes les informations sur les conséquences en cas de retard ou de défaut de paiement. Un constat à croiser avec celui que dans 68% des cas les sociétés ne procédaient pas à des analyses “adéquates” des clients sur le niveau de solvabilité. Comprenez par là des contrats de prêt bien trop à risque pour les profils.
“La publicité trompeuse et ‘prédatrice’ donne souvent l’impression que les prêts de faible valeur, tels que les prêts sur salaire et les systèmes d’achat immédiat avec paiement différé, sont simples et ne présentent aucun risque. Mais, en réalité, ils sont excessivement risqués pour les consommateurs qui y ont généralement recours”, expliquait le responsable de l’étude de l’ONG dans un communiqué.
Opaques et inappropriées, les offres de crédit sont aussi trop souvent déguisées. Les paiements en plusieurs fois et des cartes de débit différé, qui affluent depuis deux ans, ne sont généralement pas présentés comme des contractions de crédit alors qu’il s’agit ni plus ni moins d’avance financière des établissements qui ajoutent des dettes aux clients.
Finance Watch voudrait, à ce sujet, que les régulateurs ordonnent aux banques concernées d’identifier les cartes à débit différé comme un produit de crédit. La publicité autour de ces produits devrait être encadrée, et les contrats plafonnés selon les profils.
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