Dans les prochains jours, le Neil Gehrels Swift Observatory, un télescope de la NASA d’1,5 tonne, va traverser l’atmosphère sans que personne ne puisse guider sa chute. Et il est impossible de dire, avec précision, où exactement il viendra s’abîmer, et quand.
On sait, néanmoins, que l’orbite de Swift, ne s’éloigne jamais de plus de 21 degrés de latitude de part et d’autre de l’équateur. Si cette bande est surtout recouverte d’océans, elle survole aussi des régions habitées d’Afrique, d’Asie du Sud et du Sud-Est, et d’Amérique latine.
Un sauvetage hors normes qui a échoué
Une fin tragique pour ce télescope lancé en 2004, qui a vu son orbite se dégrader progressivement car même à cette hauteur, il reste quelques traces d’air qui freinent le satellite et le font descendre petit à petit. Or, aucun moteur ne lui permet de remonter ou d’ajuster sa trajectoire.
La NASA a tenté un pari très audacieux pour le sauver, en faisant appel à la startup Katalyst Space Technologies. Celle-ci a mis au point le vaisseau robotique LINK, qui avait pour mission de s’arrimer à Swift grâce à des bras mécaniques, puis de le hisser vers une orbite plus haute. Il a décollé le 3 juillet dernier à bord d’une fusée Pegasus XL, elle-même larguée depuis un avion.
Mais le plan, qui n’a été mis au point qu’en quelques mois, a déraillé en cours de route. Deux des trois roues de réaction de LINK sont tombées en panne, et le vaisseau s’est mis à tourner sur lui-même. Katalyst a tenté de le stabiliser, mais en vain. La NASA a donc renoncé au sauvetage le 19 août dernier.
Swift continue sa route vers son inexorable fin depuis. Ce 20 octobre, il n’était plus qu’à 275 kilomètres d’altitude, forçant l’agence spatiale à le passer en mode veille en attendant sa destruction lors d’une rentrée atmosphérique particulièrement violente.

Un vaste héritage scientifique
Car lorsqu’il se trouvera à 120 kilomètres d’altitude, l’air va chauffer tellement que le satellite va briller. Ses panneaux solaires et ses antennes seront arrachés en premier puis, aux alentours de 78 kilomètres de la Terre, son corps principal se disloquera. L’essentiel devrait fondre et se vaporiser, bien que quelques fragments plus denses, comme les roues qui servaient à orienter l’appareil, pourrait s’écraser à la surface.
Le Swift va malgré tout laisser un vaste héritage scientifique. Pendant plus de vingt ans, ce télescope a guetté les sursauts gamma, de gigantesques explosions qui comptent parmi les plus puissantes de l’univers. Ces flashs, qui durent de quelques millisecondes à quelques minutes, surviennent par exemple quand une étoile massive s’effondre.
Son travail a nourri environ 7 000 publications scientifiques, tandis que les données qu’il a recueillies, soit 12 téraoctets d’archives, restent accessibles à tous les chercheurs.
- Le télescope Swift de la NASA va retomber sur Terre sans contrôle dans les prochains jours, mais on ignore encore où et quand précisément.
- Son orbite s’est dégradée au fil du temps, tandis que la mission de sauvetage de la startup Katalyst a échoué, la NASA y ayant renoncé le 19 août.
- Pendant plus de vingt ans, Swift a observé les explosions les plus puissantes de l’univers et nourri environ 7 000 publications scientifiques.
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