Malgré les problèmes techniques du lanceur qui ont retardé le lancement d’Artemis II, le Space Launch System (SLS) avait heureusement réussi à décoller, le 1er avril 2026, et l’équipage était revenu sans aucun problème une dizaine de jours plus tard. Si les premières heures du périple ont été marquées par un incident mineur affectant le système de collecte d’urine des toilettes, un problème bien plus grave a failli compromettre entièrement la mission. Victor Glover, le pilote, est récemment revenu sur ce malheureux épisode pendant le festival Starmus VIII, à Ténérife, le 18 octobre, lors d’un échange avec l’ancien astronaute canadien Chris Hadfield.
Houston, nous avons un problème : Artemis II a frôlé le naufrage
Le 2 avril, deuxième jour de mission, la capsule Orion à bord de laquelle se trouvait l’équipage achevait son orbite elliptique autour de la Terre, ultime phase de test avant que son moteur ne s’allume pour la propulser vers la Lune. Soudain, les systèmes de détection d’Orion ont signalé une possible dépressurisation de l’habitacle : de l’air fuyant vers l’extérieur de la capsule.
Un avertissement qui survint au pire moment du vol : Orion plongeait alors vers le périgée de son orbite, à peine 160 kilomètres d’altitude. Une zone encombrée de débris spatiaux et où les niveaux de radiation augmentaient à mesure que le vaisseau se rapprochait de la Terre.
Jeremy Hansen (Agence spatiale canadienne), qui occupait le poste de spécialiste de mission, a regardé à travers le hublot de la capsule et a lancé à ses coéquipiers : « Je crois qu’on va se planter pile poil en plein milieu de la Terre » tant l’altitude lui paraissait dérisoire.
À cet instant, il ne leur restait que 15 minutes pour réaliser l’injection translunaire, qui ne peut s’exécuter qu’à un seul instant du vol : elle est calculée au degré près sur la trajectoire orbitale en fonction de la position d’Orion, de sa vitesse, de l’angle d’approche lunaire, de la masse totale du vaisseau et de dizaines d’autres paramètres.
« Déterminer si c’était réel [NDLR : l’alerte de dépressurisation] ou non était un enjeu considérable », a expliqué Glover. L’équipage et le centre de contrôle de Houston se sont donc retrouvés devant un affreux dilemme : soit l’injection translunaire était décidée, au risque d’envoyer les quatre astronautes à 400 000 km dans un vaisseau dont l’étanchéité n’était plus garantie ; soit elle était annulée, et la mission la plus attendue du programme spatial américain depuis Apollo aurait été abandonnée, alors que l’alerte provenait peut-être d’un simple problème de capteur.
« Si ça avait eu lieu cinq minutes plus tard, nous n’aurions peut-être jamais quitté l’orbite terrestre », précisa Glover. Heureusement, le directeur de vol de la NASA, Judd Frieling, a confirmé lors d’un briefing presse le jour même qu’il s’agissait effectivement d’une fausse alerte. Espérons que cet incident serve de leçon à l’agence américaine pour sa prochaine mission du programme, Artemis III. Il est prévu que la capsule Orion s’arrime en orbite terrestre avec deux atterrisseurs différents, le Starship HLS de SpaceX et le Blue Moon de Blue Origin, une répétition générale indispensable avant Artemis IV, dont l’objectif, en 2028, sera de poser des astronautes au pôle Sud de la Lune. Un profil de vol autrement plus complexe, qui ne laissera absolument aucun droit à l’erreur face aux imprévus et où un dysfonctionnement semblable à celui d’Artemis II ne pourra tout simplement pas se reproduire sans mettre en péril la vie de l’équipage.
- La mission Artemis II a frôlé l’échec à cause d’une alerte de dépressurisation de la capsule Orion, à seulement 15 minutes d’une manœuvre cruciale vers la Lune.
- Le problème s’est finalement révélé être une fausse alerte, permettant à l’équipage de poursuivre son voyage sans incident.
- Cet événement souligne l’importance de la préparation pour Artemis III, qui comportera des défis encore plus grands et nécessitera une fiabilité accrue.
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