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“C’est trop tard” : le patron de Ford met en garde face à l’invasion des voitures électriques chinoises, et prend l’Europe comme exemple

Alors que les États-Unis réfléchissent à autoriser les marques automobiles chinoises sur leur territoire, le patron de Ford tire la sonnette d’alarme. Il leur demande simplement de regarder du côté de l’Europe.

Aux États-Unis, les décideurs politiques débattent actuellement de l’ouverture, ou non, de leur marché aux constructeurs chinois. Et c’est justement dans ce contexte que Jim Farley, PDG de Ford, a pris la parole lors de l’Automotive News Congress à Détroit. Selon lui, l’Europe sert de cas d’école parfait pour montrer tout ce qu’il ne faut pas faire.

« Je pense qu’il est important que nous prenions notre temps pour être prévenants », a-t-il déclaré. « Je regarde ce qui se passe en Europe en ce moment, où cela n’a pas été le cas. C’est vraiment quelque chose auquel ils doivent faire face maintenant, et il est trop tard », a-t-il martelé.

Son constat repose évidemment sur l’explosion des voitures électriques chinoises sur le Vieux Continent. Quasiment absentes du paysage européen en 2020, elles ont capturé 12 % de parts de marché à l’été dernier. De même, sur les cinq premiers mois de l’année 2026, plus d’un véhicule électrique sur sept vendu en Europe occidentale était chinois, d’après les chiffres du cabinet Schmidt Automotive Research. Ces modèles, à la fois abordables et à la pointe de la tech, mettent un pression constante sur les constructeurs historiques.

Ford
© Shutterstock / Tada Images

Le méthode Ford remise en question

Mais la fermeté de Ford ne concerne que les États-Unis. Car en Europe et en Asie du Sud-Est, le groupe a choisi de s’associer directement avec ses rivaux locaux. « Notre réponse est assez simple. Nous allons nous associer aux Chinois là où nous n’avons pas de propriété intellectuelle, là où nous pouvons être plus efficaces sur le plan du capital », a expliqué Jim Farley.

Une stratégie qui s’est déjà concrétisée, en juillet dernier, par un partenariat avec Geeky. Il prévoit la production conjointe de véhicules électriques dans l’usine espagnole de Ford dès 2027. En amont, Ford a aussi établi un accord avec le géant des batteries CATL.

Une ambiguïté qui vaut aujourd’hui à Ford de vives critiques dans son propre pays. Sean Duffy, secrétaire américain aux Transports, a ainsi exprimé ses « profondes inquiétudes » face à ces choix stratégiques, qui remettent en cause l’indépendance de la chaîne d’approvisionnement nationale. De même, cette méthode offrirait à la Chine un point d’ancrage majeur sur les marchés occidentaux.

Un sujet qui divise jusque dans les hautes sphères de Washington, où un projet de loi cherche à interdire définitivement les véhicules chinois sur le sol américain. de son côté, Donald Trump se dit prêt à leur ouvrir leur porte, mais uniquement s’ils construisent leurs usines directement aux États-Unis et emploient des travailleurs américains. Les experts, eux, estiment que l’arrivée des marques chinoises dans le pays est inévitable d’ici cinq à dix ans.

  • Selon le patron de Ford, l’Europe a réagi trop tard face aux voitures électriques chinoises.
  • Le constructeur américain veut bloquer la Chine chez lui, mais s’allie à ses acteurs pour fabriquer des voitures en Europe.
  • L’administration américaine reproche à Ford ses liens avec la Chine.

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