Le spoofing est une technique très ancienne qui consiste à usurper l’identité d’interlocuteurs en qui vous avez confiance en vue de commettre des méfaits. Cette méthode est en train de devenir un fléau pour les compagnies aériennes qui tentent désormais de faire face à cette menace.
À première vue, le spoofing n’était pas destiné à être utilisé dans le domaine de l’aéronautique. Selon le magazine Geo, le problème est pourtant très concret depuis le mois de septembre dernier pour les avions qui survolent le Moyen-Orient. Ainsi, dans cette zone, les pilotes reçoivent parfois des signaux trompeurs ou erronés.
Une menace bien réelle
Autant dire que le danger est réel, surtout sur les aéronefs qui finissent par survoler des espaces aériens sans disposer de l’autorisation nécessaire. Cela s’est déjà produit lorsqu’un trajet à destination de Dubaï a pénétré dans l’espace aérien iranien sans autorisation. En tout, plus d’une vingtaine d’incidents plus ou moins grave ont été relevés, et le décompte s’est arrêté fin septembre.
Concrètement, les hackers auraient trouvé une faille dans le logiciel de navigation pour passer à l’action. Reste à savoir qui s’aventure à mener ces cyberattaques qui pourraient provoquer de lourds dégâts. On apprend justement que ces nuisances peuvent être provoquées de manière intentionnelle. Mais il peut aussi s’agir de dégâts collatéraux dans le cadre d’affrontements électroniques entre hackers chapeautés par des États qui tentent de perturber les signaux GPS pour neutraliser les drones de l’adversaire.
Quoi qu’il en soit, la menace est suffisamment sérieuse pour alerter en haut lieu. Les dirigeants de l’industrie aéronautique ont prévu de se réunir en janvier 2024 pour discuter du problème, rapportent nos confrères. Des échanges entre les gouvernements, les armées, et les constructeurs sont aussi au menu pour éviter une catastrophe.
De son côté, OPSGROUP, un groupe international de pilotes et de techniciens de vol, a tiré la sonnette d’alarme sur les incidents survenus en septembre. Cité par Vice, ils soulignent ainsi :
Cela semble immédiatement impensable. L’IRS (Inertial Reference System) devrait être un système autonome, impossible à usurper. L’idée selon laquelle nous pourrions perdre toute capacité de navigation embarquée et devoir demander au contrôle du trafic aérien notre position et demander un cap n’a pas de sens à première vue, en particulier pour les avions de pointe dotés de l’avionique la plus récente. Cependant, plusieurs rapports confirment que cela s’est produit.
On l’aura compris, le sujet est pris très au sérieux, et les prochains mois seront déterminants pour éviter le pire.
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