Passer au contenu

“Chasse aux sorcières” : pourquoi le Français Thierry Breton est-il banni des États-Unis ?

Les États-Unis annoncent des sanctions contre Thierry Breton, ancien commissaire européen, et 4 autres personnes. Le Secrétaire d’État, Marco Rubio, accuse ceux-ci d’avoir poussé à la censure d’entreprises américaines.

Les États-Unis s’opposent à la régulation des géants de la tech par l’Union européenne. Et, dans un communiqué publié mardi, Marco Rubio, le Secrétaire d’État, annonce une mesure radicale contre cinq Européens, dont le Français Thierry Breton, ancien commissaire européen. Dans son annonce, Marco Rubio accuse les personnes concernées d’avoir favorisé l’application d’une “censure” par des États étrangers ciblant des entreprises américaines et des personnes américaines.

“À ce titre, j’ai déterminé que leur entrée, leur présence ou leurs activités aux États-Unis pouvaient avoir des conséquences graves pour la politique étrangère des États-Unis”, ajoute le Secrétaire d’État. Celui-ci ne mentionne pas directement les États qu’il accuse de censure ni les personnes concernées par ces interdictions de visa, dans le communiqué.

Néanmoins, sur X, la Sous-secrétaire d’État Sarah B. Rogers a indiqué que les autres personnes sanctionnées sont le Britannique Imran Ahmed, CEO du Center for Countering Digital Hate (CCDH), Clare Melford, CEO de l’ONG britannique Global Disinformation Index, Anna-Lena von Hodenberg, dirigeante et fondatrice de l’ONG allemande HateAid, et Josephine Ballon, co-fondatrice de HateAid.

La réaction de Thierry Breton

En substance, les États-Unis ne ciblent pas directement des responsables de l’UE, mais des entités que le Secrétaire d’État qualifie d’activistes “radicaux” et d’ONG “militarisées”. Sarah B. Rogers reproche notamment à Thierry Breton d’avoir été le principal artisan du Digital Services Act, la loi européenne qui régule la modération des grandes plateformes en ligne. La Sous-secrétaire d’Etat accuse aussi Thierry Breton d’avoir utilisé “le DSA pour menacer @elonmusk avant son interview en direct avec le président Trump”, en 2024 (quand le Français était encore commissaire européen).

“La chasse aux sorcières de McCarthy est-elle de retour ?”, a réagi Thierry Breton, sur le réseau social X, faisant référence à une période de l’histoire américaine qui a été marquée par une peur de l’influence communiste et par des répressions politiques. L’ancien commissaire européen a, par ailleurs, rappelé que le Digital Services Act a été voté par 90 % du Parlement européen et validé par les 27 États membres. Celui-ci a aussi adressé ce message aux Américains : “La censure n’est pas là où vous le pensez.”

  • Les États-Unis annoncent une interdiction de visa pour cinq personnes, dont Thierry Breton, ancien commissaire européen
  • Ces mesures sont prises par le Secrétaire d’État, Marco Rubio, contre des personnes qu’il accuse d’avoir poussé à la censure d’Américains sur des plateformes américaines
  • Il est notamment reproché à Thierry Breton d’avoir été le principal artisan du Digital Services Act, la loi européenne qui encadre la modération sur les plateformes en ligne

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech