Le 20 octobre 2020, la sonde Osiris Rex de la NASA se pose pendant 5 secondes sur l’astéroïde Bénou (aussi orthographié Bennu). Découvert en 1999, ce morceau de roche tourne autour de la Terre depuis des millions d’années, et c’est un des astéroïdes les plus intéressants de notre système solaire.
Ce contact au sol de 5 secondes seulement a permis à Osiris Rex de soulever de la poussière à la surface de Bénou. Elle est alors captée par un petit tube à essai. La mission, très technique, est une grande réussite, et des 60 grammes de poussières espérés, la NASA en récolte 120. Ils sont ensuite ramenés sur Terre, dans un compartiment étanche.
120 grammes pour répondre aux plus grandes questions de l’Univers
Largués en 2023, ils atteignent les laboratoires de la NASA dans les mois qui suivent. L’objectif étant d’analyser une roche d’astéroïde qui n’a pas été alternée par l’atmosphère terrestre. Une première historique pour le monde scientifique.
Les espoirs sont alors immenses au sein de la NASA et rapidement, les attentes deviennent des certitudes. Le patron de l’agence spatiale, Bill Nelson, prend même la parole en début d’année dernière. Il se réjouit de la découverte dans cette roche de « cristaux d’eau et de carbone ».
Ces deux éléments sont essentiels pour permettre à la vie de se développer. Aujourd’hui, deux nouvelles études parues dans les revues Nature et Nature Astronomy révèlent que l’astéroïde Bénou est en réalité un réservoir « à vie ». Si cette dernière n’est pas présente à sa surface, les acides aminés et les nucléobases nécessaires à la formation de l’ADN et de l’ARN se retrouvent dans sa roche.
Dit plus simplement, Bénou dispose de tous les ingrédients pour créer la vie. Une découverte historique pour la NASA. Elle vient confirmer l’idée que la vie sur Terre serait apparue avec la chute d’une météorite. La trouvaille sur un astéroïde comme Bénou, confirme l’idée selon laquelle ces éléments sont présents en nombre dans notre système solaire.
Une découverte « inespérée »
Pour Tim McCoy, conservateur des météorites au Musée national d’histoire naturelle du Smithsonian est co-auteur de cette étude, c’est « une étape de plus sur un chemin vers la vie ». Les scientifiques espèrent maintenant retrouver ce « cocktail de vie » dans d’autres régions de notre système solaire.
Plusieurs candidats font d’ailleurs office de premiers de la classe. C’est le cas de la Lune de Saturne Encelade ou encore de la planète naine Cérès. Dans son étude, Tim McCoy assure que cette découverte est en train de changer les règles du jeu autour de la recherche de vie extraterrestre.
Il salue également le travail de toutes les personnes, à la NASA, et à travers le monde qui ont rendu cette mission possible. « Nous avons découvert quelque chose auquel nous ne nous attendions pas, et c’est la meilleure récompense possible pour des scientifiques comme moi », assure-t-il en fin de communiqué.
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