Il aura fallu une dizaine de minutes à la capsule d’Osiris-REx pour traverser l’atmosphère et se poser en douceur dans le désert de l’Utah. La fin d’un périple de plusieurs milliards de kilomètres pour une mission historique. Ce dimanche, la sonde Osiris-REx est repassée dans le voisinage de la Terre. Elle qui était partie il y a 7 ans en direction de l’astéroïde Bénou venait clore son voyage retour avec cette escale.
Une petite capsule contenant 250 grammes de l’astéroïde a été envoyée sur Terre. L’objectif pour la NASA est d’utiliser les surpuissants appareils de recherche de ses laboratoires pour lever le voile sur les derniers mystères de la formation de notre planète.
Bénou, un témoin de l’histoire
En lançant la mission Osiris-REx, la NASA espérait récupérer des échantillons de Bénou. Cet astéroïde est un témoin de la formation de notre système solaire. En observant et en analysant sa roche, la NASA espère mieux comprendre les phénomènes en cause dans la formation du Soleil et des planètes.
Interrogé par nos confrères du Monde, Patrick Michel, directeur de recherches CNRS à l’Observatoire de la Côte d’Azur et membre de l’équipe scientifique d’Osiris-Rex ont qualifié les astéroïdes comme Bénou comme « les restes des briques qui ont construit les planètes ». Les étudier revient donc à remonter le temps et comprendre les premiers instants de la Terre.
Une mission très technique
Avec le lancement en 2016 de la mission Osiris-REx, la NASA n’a pas fait le choix de la faciliter. L’agence spatiale américaine a ainsi décidé de faire l’aller-retour depuis la Terre. La sonde devait ainsi être assez puissante pour voyager pendant 7 ans, sur plus de 6 milliards de kilomètres (c’est plus que la distance entre la Terre et Pluton).
En développant cette mission, la NASA voulait donc acquérir de nouvelles compétences techniques, elle qui n’a jamais mené à bien des retours d’échantillons par le passé. La haute précision demandée pour une telle mission a longtemps été un frein à son développement.
L’idée d’un retour d’échantillon depuis un astéroïde ne date pas d’hier et depuis les années 90 des chercheurs demandent à voir une telle mission prendre son envol. C’est désormais le cas avec Osiris-REx, mais la NASA n’est pas une pionnière pour autant. La JAXA, son équivalent japonais, a déjà réussi le même exploit avec la sonde Hayabusa 2.
Ce n’est qu’un début
Si la capsule d’une cinquantaine de kilogrammes est bien tombée ce dimanche dans le désert de l’Utah, cela ne signifie pas pour autant que la mission de la sonde Osiris est terminée, bien au contraire. Sur Terre l’arrivée de ces 250 grammes de roches célestes risque de donner du travail aux scientifiques du monde entier pendant encore des années.
Dans l’espace, la sonde n’a pas fini son périple. À proximité de la Terre, elle va se servir de la force gravitationnelle de cette dernière pour repartir en direction d’un autre astéroïde, Apophis. Découvert en 2004 cet astéroïde de 350 mètres tourne autour du Soleil entre la Terre et Vénus.
La sonde devrait le rejoindre en 2029 lors de son prochain passage au plus près de notre planète. Au cours de cette mission, nommée Osiris-APEX (pour Apophis Explorer), la sonde devrait rester en orbite autour de l’astéroïde pour une étude approfondie de ce dernier pendant 18 mois. Aucun retour d’échantillon n’est prévu dans cette seconde vie de la sonde.
Apophis, un possible danger pour la Terre ?
L’étude d’Apophis devrait permettre, comme pour Bénou, d’en apprendre plus sur les prémices du système solaire et les phénomènes à l’origine de la création des planètes. Mais cet astéroïde présente d’autres intérêts pour les scientifiques de la NASA.
En effet ils estiment qu’Apophis pourrait entrer en collision avec la Terre dans un avenir proche. L’astéroïde doit frôler notre planète en 2029, à seulement 36 000 kilomètres de la surface. Il repassera ensuite en 2036. Bien que la NASA évalue le risque de collision à 1 sur 233 000, c’est suffisant pour lancer une mission de reconnaissance avec Osiris-APEX.
L’agence spatiale américaine veut s’assurer que l’astéroïde ne se disloquera pas lors de son passage près de la Terre en 2029. Si tel est le cas, des débris pourraient rejoindre la Terre en 2036 et entraîner de gros dégâts (tout dépendra alors de leur taille et de leur trajectoire).
Bien que les risques soient très faibles (un scénario sur plus de 200 000 simulations), l’astéroïde reste un objet d’étude prioritaire pour la NASA et les agences spatiales du monde entier. Si le pire était à prévoir, l’agence américaine devrait alors mettre en place une nouvelle mission DART, permettant la déviation de l’astéroïde de sa trajectoire.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.