Le groupe VAG aime à rappeler à qui veut l’entendre qu’il a détrôné Tesla au premier semestre 2025 sur le marché du 100 % électrique. Une belle remontada par rapport à l’année précédente, qui avait miné ses revenus. Il faut dire que le groupe allemand est fort d’une gamme de véhicules assez complète (l’ID.3, sa petite compacte, son SUV classique, l’ID.4, son SUV coupé, l’ID.5, l’ID.7, sa grosse berline, Cupra Born, la compacte espagnole et l’Audi Q4 e-tron, un SUV compact). Différents segments très bien couverts depuis sa transition vers l’électrique, mais insuffisants pour lui permettre de garder la couronne sur la tête.
Deux usines, très importantes pour le constructeur, vont être mises à l’arrêt. Celle située à Zwickau, produisant l’Audi Q4 e-tron, et celle d’Emden, d’où sortent les ID.4 et ID.7. La première mettra un stop à ses lignes de production durant une semaine à partir du 6 octobre, et la seconde les ralentira, avec des horaires réduits pour les salariés et plusieurs jours d’arrêt prévus. Une situation d’autant plus crispante pour le groupe, qui a affiché une progression de ses ventes de 45 % sur un an, avec environ 16 000 véhicules électriques de la marque Volkswagen écoulés en Europe le mois dernier. Malgré ces chiffres encourageants, impossible pour lui de tenir la cadence.
Des ventes records, mais des usines à l’arrêt
L’usine de Zwickau avait déjà eu à affronter plusieurs suspensions temporaires, notamment en 2023 et 2024. Présentée comme la vitrine de la stratégie 100 % électrique de Volkswagen, ces arrêts prouvent malgré tout que la transition du groupe reste encore bien fragile. Certes, le constructeur a corrigé une partie des défauts de jeunesse des ID.3 et ID.4 grâce à des mises à jour logicielles, tout en élargissant sa gamme pour couvrir davantage de segments. Rien de tout cela n’a suffi à stabiliser la demande, encore trop en dent-de-scie pour rentabiliser la production sans faire de pauses.
En réalité, trois facteurs pèsent actuellement sur la situation du géant allemand. Premièrement, les ventes de voitures électriques en Europe progressent moins vite qu’escomptées, freinées par la fin des subventions et l’hésitation des particuliers. Ensuite, la concurrence chinoise est d’une agressivité sans nom, avec des constructeurs comme BYD proposant des véhicules très sérieux à des tarifs planchers. Troisième et dernière impasse : les menaces de surtaxes américaines rendent incertaine la compétitivité des modèles exportés d’Europe.
La transition électrique doit être vue comme un marathon, c’est encore plus vrai si l’on est un acteur historique de l’automobile sur le Vieux Continent. Le groupe VAG, peut-être par excès de confiance dans son business model, semble pourtant avoir choisi d’y courir comme un sprinteur, investissant des milliards pour transformer ses usines et en multipliant les véhicules. Un positionnement qui lui a donné une avancée commerciale inconstatable, au prix d’une base économique encore trop fragile et instable. Si le groupe ne parvient pas à trouver le juste équilibre entre volumes et rentabilité, la couronne de leader européen risque de lui glisser des mains plus vite qu’il ne l’imagine.
- Volkswagen arrête temporairement deux de ses sites clés en Allemagne, faute de volumes suffisants pour maintenir la production.
- Le groupe reste numéro un de l’électrique en Europe, mais la demande progresse trop lentement pour absorber ses investissements massifs.
- Concurrence chinoise, fin des aides et incertitudes américaines fragilisent une stratégie encore instable malgré son succès commercial.
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