C’est ce qu’on appelle un retournement de veste. Dans une publication sur TikTok, la première depuis la campagne présidentielle, Donald Trump s’adresse aux jeunes Américains en leur rappelant qu’ils lui « doivent beaucoup » pour avoir « sauvé » l’application chinoise.
Le deal TikTok
Si l’on ne prend en compte que l’année 2025, ces propos semblent plutôt raccord. Car l’année dernière, Joe Biden signait une loi forçant ByteDance, la maison mère de TikTok, à vendre sa poule aux œufs d’or à une entité américaine sous peine d’être interdite aux États-Unis. En cause, les liens de la société avec le gouvernement chinois, les décideurs américains estimant que la plateforme est exploitée à des fins d’espionnage et de propagande.
Lors de sa campagne présidentielle, Donald Trump, voyant le potentiel de TikTok, devenu le réseau social préféré des Américains en dessous de 30 ans, a promis qu’il empêcherait son bannissement. Et il s’est exécuté en faisant en sorte de ne pas interdire l’application avant qu’un accord soit trouvé.
C’est désormais chose faite : les actifs américains de TikTok passeront prochainement sous l’égide d’Oracle et de Dell, dont les dirigeants sont des proches du président. Des discussions sont encore menées avec Xi Jinping, président de la Chine, afin de peaufiner certains détails. L’accord avoisinerait tout de même les 14 milliards de dollars.
@realdonaldtrump I SAVED TIKTOK!
La mémoire courte ?
Mais en réalité, il faut remonter bien plus loin pour comprendre les inquiétudes des autorités américaines à l’égard de TikTok. Car à l’été 2020, Donald Trump partait en croisade contre la plateforme, promettant de l’interdire en raison de menaces persistantes pour la sécurité nationale.
À l’époque, le républicain souhaitait même utiliser son pouvoir exécutif pour la bannir en cas d’échec de sa cession à une entreprise américaine. Ses tentatives ont toutefois été vaines, des tribunaux fédéraux bloquant la décision à plusieurs reprises. Joe Biden a donc repris le flambeau dans un contexte tendu avec la Chine. Et cette fois, c’est le pouvoir législatif qui a eu la volonté de cibler l’application, à travers un projet de loi bipartisan.
Tout un cheminement que Trump ne semble pas vraiment prendre en compte dans sa publication. Après avoir rappelé aux jeunes leur devoir de reconnaissance à son égard, il rappelle que l’un d’entre eux sera un jour assis à sa place dans le Bureau ovale, et fera également « un excellent travail ». Une communication parfaitement léchée pour la jeunesse conservatrice.
- Donald Trump se présente désormais comme le sauveur de TikTok, affirmant que les jeunes Américains lui « doivent beaucoup ».
- Pourtant, c’est lui qui, en 2020, menait la charge pour bannir l’application chinoise des États-Unis.
- Ce grand écart assumé s’inscrit dans une stratégie de communication millimétrée, pensée pour séduire la jeunesse.
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