C’est décidément une semaine chargée en actualité pour le petit monde spatial. Après le 9e vol de la fusée géante Starship de SpaceX, c’était au tour d’une Longue Marche 3 de quitter la Terre. Sous sa coiffe, une sonde, baptisée Tianwen-2. Elle a décollé depuis le pas de tir de Xichang, dans le sud-ouest du pays à 1 h 31 du matin, heure locale.
Selon l’agence de presse chinoise Xinhua, seul média invité au lancement. 18 minutes plus tard, la sonde a été placée sur une orbite de transfert entre la Terre et l’astéroïde « 469219 Kamo’oalewa » (aussi appelé 2016 HO3). Le début d’une très longue aventure pour la petite sonde. Elle devrait en effet mettre plus d’un an à rejoindre l’astéroïde, situé à 50 fois la distance Terre-Lune.
Ce satellite, qui réalise une orbite quasi parfaite autour de la Terre, sera la première mission en dehors de l’orbite ou de la Lune et Mars pour la CNSA (l’agence spatiale chinoise). Se rendre sur un astéroïde est une vraie prouesse technique, pour cause, vous visez un petit caillou de 40 à 100 mètres de diamètre, à des millions de kilomètres de votre point de départ. Le tout, en mouvement constant dans l’espace.
Selon l’agence de presse Xinhua, la sonde devrait profiter de ce voyage pour collecter des échantillons de l’astéroïde. Les scientifiques savent que les roches comme 2016 HO3 sont des superbes témoins de l’histoire de notre système solaire. Les étudier nous aide à mieux comprendre comment notre monde a-t-il pu prendre forme.
Une mission en deux étapes
Mener une telle mission spatiale représente déjà un travail titanesque. Ces dernières années, seules la NASA et la JAXA (l’agence spatiale japonaise) ont réussi à réaliser de tels projets. Avec la sonde OSIRIS Rex, les Américains ont notamment ramené des échantillons de l’astéroïde Bénou sur Terre. Pour l’heure, ils sont toujours à l’étude.
Mais du côté de la Chine, on ne semble pas se contenter d’une mission similaire aux exploits américains. En effet, la sonde Tianwen-2, une fois sur sa lancée, ne compte pas s’arrêter là. Elle vise un autre astéroïde ; sûrement une comète, située dans la grande ceinture entre Mars et Jupiter.
Inarrêtable
Cette seule mission Tianwen-2, si elle atteint tous ses objectifs, marquera déjà l’histoire. Mais pour la CNSA, l’agence spatiale chinoise, c’est loin d’être suffisant. En effet, d’autres sondes sont déjà en cours de développement, avec des objectifs encore plus ambitieux.
Tianwen -3 devrait ainsi rejoindre Mars pour en récolter des échantillons et les ramener sur Terre. La NASA prévoit une mission du même calibre, MSR (Mars Sample Return), mais elle est sujette à de nombreuses interrogations. Enfin, avec Tianwen-4, la Chine voudrait dépasser pour de bon son rival américain. Cette sonde n’irait pas en direction d’un astéroïde ou de notre voisine rouge, mais plutôt autour des lunes de Jupiter et d’Uranus.
Des cibles très lointaines, que la NASA n’a pas observées depuis des années. Hasard du calendrier ou non, quelques mois après la présentation du projet de mission chinois, l’agence spatiale américaine a elle aussi présenté une mission visant Uranus. Baptisée UOP pour Uranus Orbiter and Probe, elle pourrait quitter la Terre en 2031. Quelques années avant sa rivale chinoise.
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