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Espace. Les 10 cadeaux du ciel de l’année 2025

Cette année, les alignements planétaires, l’activité solaire et plusieurs découvertes majeures ont convergé pour offrir des scènes rarement observées à une telle fréquence. Certaines ont été visibles à l’œil nu, d’autres révélées par des instruments de pointe, mais toutes témoignent d’une année particulièrement riche pour qui s’intéresse aux phénomènes célestes. Tour d’horizon.

Applications, réseaux sociaux, images partagées en temps réel par les astronautes, observatoires terrestres… En 2025, les phénomènes célestes ne sont plus réservés aux seuls passionnés équipés de télescopes, mais peuvent être admirés par tous.

Et cette année a justement été marquée par une activité solaire particulièrement intense, des passages rares d’objets interstellaires et plusieurs événements alignant conditions scientifiques et esthétiques idéales. Voici dix moments de 2025 qui nous rappellent à quel point le cosmos est merveilleux.

Un visiteur interstellaire

Fin août, les astronomes ont confirmé que 3I/ATLAS n’était pas un simple visiteur du Système solaire, mais un objet interstellaire, le troisième jamais observé après ʻOumuamua en 2017 et 2I/Borisov en 2019. Sa trajectoire hyperbolique, incompatible avec une orbite liée au Soleil, ne laisse guère de doute sur son origine : cette comète s’est formée autour d’une autre étoile, bien avant de croiser notre voisinage cosmique.

Observée par le télescope Gemini South, au Chili, 3I/ATLAS a progressivement développé une coma étendue et une queue de gaz et de poussières, signe d’une activité croissante à mesure qu’elle se rapprochait du Soleil. Ces observations permettent aux scientifiques d’étudier, pour la première fois avec autant de précision, la composition d’un matériau formé hors de notre Système solaire.

Quand la Lune a fait disparaître Mars

Le 13 janvier 2025, les observateurs nord-américains ont assisté à une scène céleste aussi brève que spectaculaire : Mars a littéralement disparu derrière la Lune. Ce phénomène, appelé occultation lunaire, se produit lorsque la Lune passe exactement devant une planète depuis notre point de vue terrestre. Ici, le timing était parfait : la planète rouge brillait intensément dans le ciel, à quelques jours seulement de son opposition, un rendez-vous qui ne survient que tous les 26 mois.

L’événement était d’autant plus remarquable qu’il coïncidait avec la pleine Lune de janvier, surnommée « Wolf Moon ». Depuis certaines régions d’Amérique du Nord, Mars a été masquée pendant plusieurs dizaines de minutes avant de réapparaître lentement au bord du disque lunaire. Un alignement précis, rare à cette échelle, qui ne se reproduit en moyenne que tous les 14 ans pour un même lieu d’observation.

La science s’invite au cœur des aurores boréales

Le 25 mars 2025, le ciel de l’Alaska a offert un spectacle aussi hypnotique qu’inhabituel. Alors qu’une aurore boréale particulièrement active se déployait au-dessus de l’océan Arctique, la NASA a saisi une fenêtre parfaite pour lancer deux fusées suborbitales depuis la base de Poker Flat. Leur mission : libérer des nuages de gaz colorés directement à l’intérieur des aurores. Ces traînées lumineuses, visibles depuis plusieurs sites du nord de l’Alaska, permettent de suivre en temps réel les vents de haute altitude, les mouvements de particules chargées et les perturbations du champ magnétique terrestre lors d’une tempête géomagnétique.

En se mêlant aux voiles verts des aurores, elles ont offert des images saisissantes, tout en aidant les chercheurs à mieux comprendre les mécanismes complexes reliant le Soleil, la magnétosphère et notre atmosphère.

La « grande comète » que le Nord a malheureusement manquée

Si 2025 a bien eu sa grande comète, beaucoup sont passés à côté. En janvier, C/2024 G3 (ATLAS) a offert un spectacle remarquable, mais essentiellement réservé à l’hémisphère sud. Après un passage extrêmement rapproché du Soleil, la comète a développé une queue longue et structurée, suffisamment brillante pour être visible à l’œil nu, y compris en plein jour dans certaines conditions. Un privilège rare, qui a immédiatement attiré l’attention des photographes aguerris en Amérique du Sud, en Afrique australe et en Australie.

Classée parmi les comètes rasantes du Soleil, G3 ATLAS a survécu à une phase critique de son orbite, là où beaucoup d’objets similaires se désintègrent sous l’effet de la chaleur et des forces gravitationnelles. Sa luminosité inattendue et la finesse de sa queue de poussières lui ont valu le qualificatif de « grande comète ».

Les Perséides brillent malgré la Lune

Rendez-vous incontournable de l’été dans l’hémisphère nord, les Perséides n’ont pas offert leur visage le plus généreux en 2025. En cause : une Lune très présente, illuminée à plus de 80 % au moment du pic du 12 au 13 août, qui a largement réduit la visibilité des météores les plus discrets.

Pourtant, tout n’était pas perdu. Quelques jours avant le maximum d’activité, une brève fenêtre d’obscurité a permis d’apercevoir plusieurs bolides lumineux, notamment à l’aube. Issus des débris laissés par la comète 109P/Swift-Tuttle, les Perséides restent réputées pour leur vitesse élevée et leurs traînées persistantes, parfois visibles plusieurs secondes. Le 3 août, une longue pose réalisée en Virginie-Occidentale a ainsi capturé l’un de ces éclairs furtifs.

Blue Ghost : un nouvel acteur privé sur la Lune

Le 2 mars 2025, la Lune a accueilli un visiteur inédit. Après un lancement en janvier à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX, l’atterrisseur Blue Ghost de la société texane Firefly Aerospace s’est posé avec succès dans la région de Mare Crisium, une vaste plaine basaltique visible depuis la Terre. L’exploit est de taille : il s’agit seulement de la deuxième mission privée à réussir un alunissage en douceur, après Intuitive Machines en 2024, bien que celui-ci se soit soldé par un échec après que l’atterrisseur soit tombé sur le flanc.

Conçu dans le cadre du programme CLPS de la NASA, qui confie à des entreprises privées le transport d’instruments scientifiques vers la surface lunaire, Blue Ghost embarquait plusieurs charges utiles destinées à étudier le régolithe, l’environnement électromagnétique et le comportement de la poussière lunaire.

L’intense activité solaire offre un spectacle saisissant

Après une année 2024 déjà très animée, 2025 a confirmé l’entrée pleine et entière dans le maximum solaire, la phase la plus active du cycle de 11 ans du Soleil. En conséquence, on observe une succession de tempêtes géomagnétiques puissantes, dont plusieurs classées G4, suffisamment intenses pour pousser les aurores boréales bien au-delà de leurs latitudes habituelles. À plusieurs reprises, le ciel s’est embrasé de voiles verts, rouges et parfois violets, visibles jusque dans des régions peu habituées à ce type de spectacle.

Ces phénomènes sont déclenchés par des éjections de masse coronale, lorsque le Soleil projette vers la Terre des nuages de particules chargées qui viennent perturber la magnétosphère. Si ces épisodes rappellent aussi la vulnérabilité de nos infrastructures spatiales et électriques, ils ont surtout offert en 2025 des images spectaculaires, largement partagées sur les réseaux sociaux.

Des traînées d’étoiles vues depuis l’orbite terrestre

Entre la fin de 2024 et le printemps 2025, l’astronaute américain Don Pettit a une nouvelle fois repoussé les limites de la photographie spatiale depuis la Station spatiale internationale. Spécialiste reconnu des prises de vue en orbite, il a profité de sa troisième mission à bord de l’ISS pour réaliser de longues expositions, révélant des traînées d’étoiles spectaculaires au-dessus de la Terre en mouvement.

Ces images saisissantes, obtenues en collaboration avec l’astrophotographe Babak Tafreshi, montrent des étoiles étirées par la rotation de la station, et notre planète où se dessinent éclairs d’orages, lueurs urbaines et courbes de l’atmosphère. Techniquement complexes à réaliser, chaque prise devant composer avec la vitesse orbitale de l’ISS d’environ 28 000 km/h, ces clichés relèvent autant de la prouesse scientifique que de l’exercice artistique.

La comète Lemmon s’invite dans le ciel d’automne

À l’automne 2025, la comète C/2025 A6 (Lemmon) a progressivement gagné en luminosité au fil des semaines, développant une coma verdâtre caractéristique et une fine queue de poussières. Sans jamais devenir un objet spectaculaire pour le grand public, elle s’est toutefois hissée à la limite de la visibilité à l’œil nu, offrant un joli terrain de jeu aux photographes spécialisés de l’hémisphère nord.

Son passage a coïncidé avec un autre rendez-vous céleste bien connu : le pic de l’essaim météoritique des Orionides, débutant à la mi-octobre. Une combinaison rare, même si elle est restée largement symbolique pour les observateurs non équipés.

Une Lune rousse suspendue dans l’ombre de la Terre

Dans la nuit du 13 au 14 mars 2025, le ciel a renoué avec un spectacle devenu rare : une éclipse totale de Lune, la première depuis près de trois ans. Pendant un peu plus d’une heure, la pleine Lune a glissé entièrement dans l’ombre de la Terre. Privée de lumière directe, elle s’est alors parée de teintes cuivrées et rouge sombre, un effet dû à la diffusion de la lumière solaire par l’atmosphère terrestre, qui agit comme un gigantesque filtre.

Visible sur toute la face nocturne de la planète, l’éclipse a été immortalisée dans des contextes spectaculaires, des paysages désertiques du Chili aux plaines du Kentucky, où certains observateurs ont même capté un arc lunaire, phénomène rare provoqué par la réfraction de la lumière lunaire éclipsée.

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