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Essai Hyundai Ioniq 9 : une Hyundai à 90 000 €, est-ce bien raisonnable ?

C’est la Hyundai la plus chère que vous pouvez acheter. Le Ioniq 9 va loin, recharge vite, accueille la marmaille avec aisance et s’équipe comme un roi. Nous avons pris en main la version haute Calligraphy qui en offre le plus.

Pourquoi ces rétroviseurs caméras ? Comme intégrés en urgence dans l’habitacle, leurs écrans ne sont pas idéalement placés et retranscrivent une image manquant cruellement de profondeur. Loin d’être un tenant du « c’était mieux avant », il me semble que des glaces traditionnelles auraient largement suffi pour apprécier le grand gabarit de ce Hyundai Ioniq 9. Car avec ses 5,06 m de long et ses 1,98 m de large, le coréen est effectivement un bien beau bahut.

Bien entendu, les ingénieurs en chef affirmeront que ces caméscopes posés sur les portes permettent de gratter de précieux points sur le coefficient aérodynamique. A raison : le Cx est de 0,259 contre 0,27 sans les caméras pour un léger gain d’autonomie sur autoroute. Je leur rétorquerai que le rendu final n’est pas très heureux, aussi bien dehors que dedans. Mais passons car le Ioniq 9, c’est bien plus qu’une indigestion numérique.

Salon lounge pour le Hyundai Ioniq 9

A l’instar de l’Inster qui m’avait comblée, l’essentiel se joue à l’arrière du Ioniq 9, bien à l’abri des écrans. C’est simplissime : l’espace est roi. Notre modèle d’essai propose en cadeau une configuration 6 places avec sièges pivotants pour la deuxième rangée – mais uniquement à l’arrêt. On a tout de même bien du mal à cerner l’intérêt de la chose car les occupants se faisant face manquent de place pour croiser leurs jambes. Tout le monde restera dans le sens de la marche pour un meilleur confort, donc.

C’est là que l’option 6 places Relaxation prend tout son sens. Fixe, le second rang retient appuie-têtes enveloppants et repose mollets pour une expérience de voyage optimale. Les assises sont alors chauffantes et ventilées aux première et deuxième rangées. Et pour les familles très nombreuses, un agencement plus traditionnel à 7 places est disponible. Mais peu importe la disposition retenue, l’effet cocooning est manifeste et le Ioniq 9 prêt à rafler tous les suffrages au chapitre de la vie à bord.

Cockpit de long-courrier

Un, deux, trois, quatre et cinq… C’est le nombre de doigts que j’utilise pour taper cet article mais aussi le nombre d’écrans plantés à l’avant du Hyundai Ioniq 9. Deux dalles incurvées de 12,3 pouces intègrent l’instrumentation et l’infodivertissement alors que les trois autres servent à la rétrovision. Présentes en pareille quantité, elles devraient provoquer nausées et vertiges, n’est-ce pas ? Si je n’ai pas été atteint de cybermalaise, certains sujets devraient être plus sensibles à la chose, surtout à haute vitesse quand le paysage défile à toute allure.

En tout cas, la qualité de l’écran central fait un bond en avant par rapport à ce que l’on connaît dans l’Inster. Finis les graphismes Windows 98, le Ioniq 9 bascule sur Windows 11 avec des tons plus sombres mêlés à une interface simplifiée. Les menus demeurent néanmoins très nombreux, ce qui réclame un certain temps d’adaptation. Même son de cloche pour l’instrumentation à la fois complète et épurée.

La qualité de finition demeure de très bon niveau avec des matériaux aussi bien choisis qu’assemblés. C’est équivalent à ce que l’on trouverait chez les allemands, voire mieux. D’autre part, le cuir Nappa chauffant et ventilé de notre version Calligraphy tient la corde. C’est du beau boulot, y compris à l’arrière, où Hyundai n’a pas fait d’économies sur les plastiques. Leçon retenue par rapport à la Ioniq 6, qui osait s’habiller de matières rigides à l’avant.

Un Hyundai Ioniq 9 facile à vivre

Si l’on ferme les yeux sur l’écran tactile, l’ergonomie s’avère plutôt convaincante puisque Hyundai a eu la formidable idée d’isoler les commandes de ventilation. C’est donc une console à part qui régule le confort thermique de l’habitacle. On salue la décision, même si les touches auraient mérité d’être de véritables boutons physiques palpables au lieu d’une interface tactile façon plaque à induction. Le reste est disposé de manière assez logique, même si désactiver les aides à la conduite réclame plus de dextérité.

Au chapitre connectivité, Apple CarPlay et Android Auto sont naturellement de la partie. Les ports USB-C pullulent en nombre alors que le chargeur à induction logé à l’avant de la console centrale permet une charge rapide du téléphone. Il n’est par contre pas ventilé, gare à la surchauffe ! Le smartphone sera mieux traité dans la fente cachant un système de purification par UV-C. Aussi, une clé numérique s’invite à la dotation à partir de la finition milieu de gamme. Celle-ci permet d’accéder au véhicule puis de le démarrer.

Le Hyundai Ioniq 9 bénéficie aussi du Wi-Fi embarqué associé à un assistant dopé à l’intelligence artificielle. Il est également possible de payer son parking depuis le véhicule. Ce dernier pourra même stationner de manière totalement autonome sans que personne ne soit à bord. Concernant le coffre, le coréen est un vénérable cargo embarquant 338 litres tous sièges en place, 908 litres avec la dernière rangée à plat et 2 494 litres avec les deux derniers rangs rabattus.

Plus agile qu’il n’y parait

« Va-t-on se vautrer ? Va-t-on se vautrer ? ». C’est bien ce que je me suis répété avant d’aborder un virage serré à une vitesse un peu élevée. Avec 2 637 kg à sec pour notre modèle, le ballant est inévitable mais curieusement, ça passe sans trop de sueurs. Ouf ! Malgré une masse colossale, le navire coréen démontre une maîtrise acceptable de son roulis. Bien sûr, le châssis n’est pas aussi affûté que celui d’une i20 N, mais dans l’ensemble, le Hyundai Ioniq 9 s’en tire sans frayeurs.

Vient alors une méchante épingle à cheveux. L’engin a-t-il des freins ? Bonne nouvelle, l’attaque à la pédale est franche et la décélération, puissante. Mais le poids mort du SUV pousse sa carrosserie à la plongée. Oui, le Hyundai Ioniq 9 peut ralentir efficacement mais se transforme inévitablement en balancelle. Pousser une telle familiale dans d’étroits lacets, accélérer pied au plancher puis écraser sec la pédale de frein… Le garçon aurait-il perdu la raison ?

Un Hyundai Ioniq 9 roi de l’autoroute

Effectivement, c’est plutôt sur l’autoroute que le Ioniq 9 dévoile tout son talent. Grâce au vitrage feuilleté intégral doublé d’une réduction active du bruit, le coréen transforme son habitacle en un cocon délicieusement silencieux. C’est possiblement la voiture la mieux insonorisée que j’ai conduite parmi la petite soixantaine que j’ai eue entre les mains. L’amortissement est correct à haute vitesse.

Calé dans mon siège massant, le temps passe très vite. Seul le système de conduite semi-autonome aurait pu être amélioré, avec des interventions qui gagneraient à être plus douces. La batterie mastoc de 110 kWh autorise 600 km (WLTP) et près de 400 km en une traite à 130 km/h, ce qui correspond à plus de trois heures de roulage. Ce temps passé, un des six occupants aura forcément envie d’aller au petit coin.

Il évitera la grosse commission pour ne pas retarder le groupe car le Hyundai Ioniq 9 tire pleinement parti de sa plateforme 800V pour recharger à la vitesse de l’éclair. Le SUV peut atteindre une puissance maximale de 233 kW en courant continu DC et tient les 200 kW jusqu’à environ 60 % de charge. Assez bluffant ! Les arrêts sont donc courts et ne permettent pas vraiment de profiter du massage combiné à la position relax des sièges avant. Un comble !

Mais éléphantesque en ville

Le comble est aussi d’oser rouler en ville à bord de ce gentil mammouth. L’engin est extrêmement imposant et son haut capot est une source d’angles morts supplémentaires. La caméra 360° peut bien sûr vous épargner des morceaux de carrosserie, mais sa qualité n’est pas la meilleure qui soit. Et comme dit en préambule, les rétroviseurs caméras ne permettent pas d’apprécier l’environnement de manière optimale.

On a beau m’expliquer que le Hyundai Ioniq 9 est maniable, son diamètre de braquage de 12,5 mètres dit tout l’inverse. Cela se vérifie dans les faits où l’on a terriblement envie que le volant repousse sa butée d’un tour supplémentaire histoire de s’épargner une marche arrière… Bref, l’absence de quatre roues directrices se fait bien sentir dans nos petites bourgades où l’animal n’est pas réellement à son aise.

Un Hyundai Ioniq 9 très généreux

Faut-il être timbré pour acheter une Hyundai à près de 90 000 € ? C’est ce que l’on aurait dit il y a une vingtaine d’années, quand la marque souffrait d’une notoriété au ras des pâquerettes. Hyundai est aujourd’hui la 30ème marque la plus puissante au monde et ses produits sont à la hauteur de ce que propose la concurrence. A vrai dire, les prestations sont telles que le Ioniq 9 s’approche même de la bonne affaire.

Du cuir Nappa, des sièges chauffants et ventilés, un toit panoramique ouvrant, un contrôle à distance, la conduite semi-autonome, les feux matriciels à LED, une troisième rangée motorisée, une climatisation trizone, un affichage tête-haute, des rétroviseurs caméras, le V2L, des ports USB chargeant à 100W, une sonorisation Bose à 14 haut-parleurs, des jantes de 21 pouces… Liste non exhaustive, mes doigts me remercient…

Si vous voulez un équipement équivalent chez les allemandes, vous dépasserez sans souci les 100 000 € pour un véhicule en prime plus petit, pas forcément plus puissant, ni obligatoirement mieux fini ! Avec ses 428 ch issus de deux électromoteurs, le Ioniq 9 a de quoi mouvoir décemment sa carcasse. Et ce n’est certainement pas le malus au poids de 2026 qui grignotera sa compétitivité car les concurrents devront aussi passer à la caisse…

Hyundai Ioniq 9 (30)
© Thomas Kim pour Presse-citron

Notre avis sur le Hyundai Ioniq 9

S’il ne réitère pas la remarquable synthèse de l’Inster, le grand Ioniq 9 s’octroie sans peine les félicitations du jury. A près de 90 000 €, la marche est haute mais la récompense encore plus conséquente : l’espace à vivre est dément, le confort excellent, l’équipement royal, la qualité de finition au petit point, la puissance de charge au niveau et l’autonomie, intéressante. Oui, il y a des défauts, mais c’est franchement peanuts face aux efforts himalayesques déployés par le coréen.

Hyundai Ioniq 9 (17)
© Thomas Kim pour Presse-citron

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Hyundai Ioniq 9 Calligraphy

88 900 €
9.5

Verdict

9.5/10

On aime

  • Le rapport prix/prestations excellent
  • L’habitabilité infinie
  • La qualité de finition soignée
  • L’équipement bluffant
  • Les capacités autoroutières solides

On aime moins

  • Le gabarit inadapté pour l’Europe
  • Le châssis peu dynamique