Il n’est pas rare que la recherche astronomique produise des images percutantes de notre Univers (le disque HH30 ou la nébuleuse de l’Anneau en sont deux récents exemples). Il est néanmoins beaucoup plus rare qu’elle donne au public la possibilité d’explorer, directement et librement, les données brutes issues de ses outils d’exploration les plus performants. Grâce au programme COSMOS-Web, piloté par Caltech (California Institute of Technology), la plus grande carte interactive du ciel jamais produite à ce jour a été mise en ligne, conçue à partir des observations du télescope spatial James Webb.
Accessible en accédant à cette page, elle couvre une portion du ciel de 0,54 degré carré. En apparence, cela ne représente qu’un petit fragment du firmament (l’équivalent de deux pleines lunes côte à côte) mais la densité des informations qu’elle renferme est tentaculaire. Ce sont plus de 1,5 To de données qui ont été compilés ; on peut donc admirer un nombre hallucinant de corps célestes, y compris des galaxies situées à plus de 13,5 milliards d’années-lumière. Soit parmi les plus anciennes jamais observées, qui ont émis leurs premières lueurs alors que l’Univers n’avait que quelques centaines de millions d’années, juste après le Big Bang.

Une plongée dans le passé de l’Univers, depuis votre maison
Contrairement à de nombreuses bases de données scientifiques, cette carte n’a pas été pensée uniquement pour servir aux chercheurs. Elle est consultable grâce à n’importe quel navigateur web, sans inscription ni téléchargement, et s’utilise avec une très grande facilité.
Il est possible de naviguer librement dans la carte comme on le ferait avec Google Maps ou Google Earth, de zoomer à loisir et de choisir entre différents filtres d’observation (onglets en haut à gauche). Cela permet de faire apparaître certains détails selon les longueurs d’onde captées par Webb (en particulier les bandes F115W, F150W, F277W, F444W). On peut également ajuster la colorimétrie de la carte à sa guise (luminosité, contraste, etc.).
Si, au premier regard, la carte ne ressemble qu’à une vague fenêtre noire striée de points blancs, on se prend vite au jeu de l’exploration dès qu’on met un coup de molette vers l’avant. On peut se concentrer sur un groupe de galaxies compactes pour observer leurs interactions gravitationnelles, comparer des régions jeunes et riches en étoiles bleues avec d’autres, plus rougeâtres, témoignant d’une formation stellaire ancienne.
Jouer avec le système de filtres permet, par exemple, de mieux distinguer la poussière interstellaire ou de repérer des galaxies lointaines dont la lumière a été étirée par l’expansion de l’Univers. À vous d’expérimenter ! Pour les fans d’astronomie, il y a de quoi s’y perdre quelques heures. Si vous avez aimé passer du temps sur la carte du Sloan Digital Sky Project, cette nouvelle risque de vous hypnotiser encore plus.
C’est typiquement ce genre d’outils, voués à démocratiser des champs d’étude très complexe (astronomie, astrophysique) qui redonnent du sens à la notion de science ouverte. Une science dans laquelle le savoir n’est pas réservé à quelques spécialistes, mais qui devient un bien commun, accessible à tous. Libre à vous désormais d’explorer ce splendide cadeau que nous a laissé COSMOS-Web !
- Une carte inédite, créée à partir des données de James Webb, permet d’explorer les zones les plus anciennes de l’Univers depuis un simple navigateur.
- On y trouve des galaxies datant de plus de 13,5 milliards d’années, visibles à différentes longueurs d’onde grâce aux filtres du télescope.
- Conçue pour être abordable pour le grand public, elle offre une immersion directe dans les données brutes de la recherche astronomique.
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