L’intelligence artificielle centralise toutes les attentions dans l’écosystème de la tech. Et force est de constater que les Américains semblent bien loin devant les Européens en termes de compétitivité. Toutefois, cela ne signifie pas que le Vieux Continent est à la traîne, estime l’entrepreneur Niklas Zennström, cofondateur de Skype.
Un écart considérable dans le financement
Le constat semble toutefois sans appel. Les startups européennes ont connu une année noire en 2024, mis à part quelques jeunes pousses d’IA, à l’instar de Mistral AI, qui ont opéré des levées de fonds encourageantes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’investissement américain dans l’IA générative a atteint près de 48 milliards de dollars en 2023 et 2024 combinés, contre 9 milliards de dollars pour les financements en Europe et en Israël, selon une étude de capital-risque Accel publiée en octobre. À elles-seules, xAI et OpenAI ont levé la somme astronomique de 12 milliards de dollars en l’espace de deux mois.
Globalement, la confiance des entrepreneurs européens dans les perspectives technologiques de la région a dégringolé en 2024, avec 40 % des fondateurs se disant moins optimistes concernant l’avenir de la tech sur le Vieux Continent par rapport à l’année précédente.
L’économiste Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne, a pour sa part réalisé un rapport plus que décourageant sur la compétitivité européenne. « Si l’Europe ne parvient pas à devenir plus productive, nous serons contraints de faire des choix. Nous ne pourrons pas devenir à la fois un leader des nouvelles technologies, un modèle de responsabilité climatique et un acteur indépendant sur la scène mondiale. Nous ne pourrons pas financer notre modèle social, nous devrons revoir à la baisse nos ambitions. C’est un défi existentiel », prévenait-il dans ses conclusions parues en septembre dernier.
Malgré ces perspectives moroses, Niklas Zennström se montre optimiste. « C’est un problème européen que de parler uniquement du problème. Il y a tellement de données intéressantes qui montrent que nous sommes en train de rattraper notre retard, que nous nous en sortons plutôt bien », a-t-il indiqué dans une interview accordée au Financial Times.

S’appuyer sur les technologies américaines pour prospérer
D’après l’entrepreneur suédois, les startups européennes peuvent croître en développant des applications construites sur les plateformes d’IA américaines comme OpenAI ou Google, plutôt que de chercher à créer leurs propres modèles de langage.
« Pensez à ce qui s’est passé avec le mobile et le cloud : il y a quelques fournisseurs de cloud dans le monde, qui permettent à des milliers et des milliers d’entreprises d’exister. Ce n’est pas comme si tout le monde avait besoin d’être un grand modèle de langage… Vous pouvez créer de la valeur en tant que fournisseur d’applications », a-t-il étayé.
Il reconnaît, malgré tout, un avantage compétitif certain pour les États-Unis, qui comptent certains des géants technologiques les plus prospères de la planète. Et la course à l’IA pourrait encore s’accélérer, Donald Trump s’étant engagé à déréguler le secteur au profit de l’innovation.
- Alors que le secteur de l’IA européen patine par rapport aux États-Unis en termes de financement, l’entrepreneur Niklas Zennström dresse un constat plutôt optimiste.
- Selon lui, les startups européennes peuvent exploiter les technologies américaines pour développer leurs propres applications, comme ce qui est fait dans le cloud.
- Malgré tout, les investissements américains dans l’IA surpassent largement ceux de l’Europe, créant un fossé considérable entre les deux continents.
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