Air France tire un trait sur sa liaison directe vers la Centrafrique. Dès début février, il sera impossible de rejoindre Bangui sans escale depuis l’aéroport parisien de Roissy. La rotation hebdomadaire du samedi, dernière rescapée d’un réseau autrefois plus dense, tirera donc sa révérence dans quelques jours.
Pour atteindre la capitale centrafricaine, les voyageurs n’auront d’autre choix que de passer par le Cameroun. La compagnie maintient deux vols vers Yaoundé chaque semaine, en collaboration avec Afrijet FlyGabon. Problème, ce changement rallonge considérablement le périple pour quiconque souhaite se rendre en Centrafrique.

Pourquoi une telle décision ?
Si la direction d’Air France reste discrète, la réalité économique serait peu reluisante, car cette desserte accuserait des pertes chroniques, selon des observateurs du secteur aérien interrogés par la presse spécialisée.
En plus de sièges de plus en plus vides, la ligne fait l’objet d’importants coûts d’exploitation. En cause, des redevances aéroportuaires élevées, un carburant onéreux localement et surtout, un détour obligatoire depuis que le Niger a fermé son ciel aux compagnies européennes.
À noter, tout de même, que ce pivotement n’est pas inhabituel chez Air France, qui revoit fréquemment sa copie vis-à-vis de ses vols africains.

Gifle politique
Mais la pilule ne passe pas. Les autorités centrafricaines y voient une gifle politique, à tel point que le président aurait convoqué l’ambassadeur français pour obtenir des éclaircissements.
Car, même si Air France fonctionne comme une entreprise classique, l’État français reste un actionnaire de poids avec plus d’un quart du capital, rappelle Air Journal. Cette participation confère une résonance politique à ce qui pourrait sembler n’être qu’un arbitrage commercial. La situation est d’autant plus préjudiciable que Paris et Bangui venaient de signer une relance de leur coopération au printemps dernier.
De même, supprimer cette connexion directe risque d’éloigner davantage une capitale déjà fragilisée par le contexte géopolitique incertain. Côté français, on justifie ce repositionnement par une rationalisation du maillage régional. Yaoundé devient le pivot pour rayonner vers plusieurs destinations d’Afrique centrale grâce aux accords avec d’autres compagnies : les passagers gardent techniquement un accès à Paris, mais au prix d’une escale supplémentaire.
- Air France mettra fin à son dernier vol direct entre Paris et Bangui dès février.
- Les passagers devront désormais passer par Yaoundé, au prix d’un trajet plus long et plus complexe.
- Une décision économique qui tourne rapidement à l’incident diplomatique entre Paris et Bangui.
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