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Fini l’anonymat : les trottinettes électriques devront-elles bientôt s’immatriculer ?

En à peine une petite décennie, les trottinettes électriques ont connu un essor fulgurant dans les zones urbaines. Un succès qui pourrait bientôt obliger les détenteurs de ces engins à les immatriculer.

L’explosion des trottinettes électriques a métamorphosé le paysage urbain, proposant une alternative de déplacement à la fois pratique et plus respectueuse de l’environnement. Néanmoins, la popularité galopante d’un nouveau mode de transport s’accompagne nécessairement de son lot de problématiques en matière de réglementation et de sûreté.

Face à la recrudescence d’incidents et de comportements irrespectueux, les autorités ont pris les devants en avril 2024. Fin de de la pagaille : un décret a harmonisé les règles régissant l’usage des trottinettes électriques avec celles des vélos. Toutefois, cette initiative ne semble pas combler les attentes de certains élus, qui militent pour l’instauration d’un système d’immatriculation obligatoire, estimant que les mesures actuelles demeurent insuffisantes pour garantir une cohabitation saine dans l’espace public.

Les trottinettes sans plaques, c’est terminé ?

La problématique de l’immatriculation des trottinettes électriques s’est invitée aux débats lors de la dernière assemblée municipale de Toulouse. Plusieurs élus ont interpellé l’exécutif, plaidant pour l’instauration d’une obligation d’immatriculation, afin de faciliter le travail des forces de l’ordre.

Le chargé des déplacements et nouvelles mobilités de la ville, Maxime Boyer, a explicité cette requête dans les colonnes de la Dépêche : « Lors des discussions sur le code de la rue, le respect des règles pour les trottinettes est revenu régulièrement […] Cela permettra aux policiers municipaux et aux agents lors d’opérations de vidéoverbalisation de savoir qui est le propriétaire ».

En substance, difficile de donner tort à un tel discours lorsqu’on voit le comportement de certains usagers, qui se croient certainement pousser des ailes une fois les pieds posés sur une trottinette : contre-sens, non-respect des règles essentielles du Code de la route (priorités, feux rouges, sens de circulation), excès de vitesse, etc.

Si l’immatriculation devient un jour obligatoire dans l’Hexagone, cette initiative ne sera pas la première sur la scène internationale. L’Italie a déjà franchi le pas en octobre 2023, rendant obligatoire l’immatriculation et l’assurance de ces engins électriques. L’Allemagne avait pris les devants encore plus rapidement, puisque ces règles sont présentes depuis 2019. Responsabiliser les usagers ne serait pas un mal, tant les accidents à bord de ces engins deviennent préoccupants.

Une régulation nécessaire

L’anonymat des trottinettes électriques, dépourvues de plaques d’immatriculation, entrave considérablement l’action des forces de l’ordre face aux infractions commises par leurs utilisateurs. Le stationnement anarchique ou l’intrusion intempestive sur les trottoirs (ente autres) demeurent des problématiques persistantes. Bien que la réglementation actuelle impose un âge minimum de 14 ans, une assurance responsabilité civile et le respect des règles de priorité, son application reste complexe en l’absence d’un système d’identification.

Toulouse, pionnière en la matière, préconise donc un renforcement des contrôles techniques et l’instauration d’une assurance obligatoire pour ces engins. Ces dispositions visent à promouvoir une utilisation plus responsable et sécurisée. Le modèle transalpin, avec ses exigences d’immatriculation, de clignotants et le port obligatoire du casque, pourrait servir de source d’inspiration pour la législation hexagonale. Il a, de plus, déjà prouvé son efficacité dans la réduction des accidents de personne.

Les nouvelles directives envisagées cantonneraient la circulation des trottinettes aux pistes cyclables ou aux voies limitées à 50 km/h, proscrivant leur présence sur les trottoirs sauf dérogation expresse. Le stationnement serait rigoureusement encadré pour préserver la liberté de mouvement des piétons, sous peine de sanctions dissuasives. Un cadre réglementaire qui serait on ne peut plus bienvenu. On y croit ?

  • Les trottinettes électriques pourraient bientôt être immatriculées pour faciliter le travail des forces de l’ordre.
  • Des élus de Toulouse plaident pour ce cadre réglementaire afin de responsabiliser les usagers et de sécuriser l’espace public
  • Des mesures déjà adoptées par nos voisins allemands et italiens et qui ont déjà prouvé leur efficacité.

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6 commentaires
6 commentaires
  1. Il serait temps !
    Au début de cette mode, j’étais contre une nouvelle restriction. Malheureusement, utiliser les trottoirs est devenu risqué pour les piétons et je ne vois que la sévérité pour calmer les ardeurs.
    Par la même occasion, étendre l’immatriculation obligatoire à tous les EPDM me parait une bonne idée. Mais si ça ne concernait que les trottinettes électriques, on toucherait quand même la masse des risques-tout de cette catégorie.

    1. Bjr mic dans mon département défois on a pas le choix la piste cyclable rejoint sur les trottoirs d’accord avec toi qu’il faut passer la vitesse à 5km/h mai y’a toujours des irresponsable avec n’importe quel véhicule et oui les protections son obligatoire

  2. Fake news. Les trottinettes électriques ne dépassant pas les 25 km/h ne seront jamais immatriculées. Sinon, il faudrait à nouveau immatriculer aussi les vélos comme sous l’occupation allemande. “À partir de janvier 1941, les bicyclettes de la capitale et de sa banlieue devaient être munies d’une plaque d’immatriculation. Son numéro était celui porté sur la carte grise délivrée par le commissaire de police.” J’ai l’impression que la gauche ne sera pas heureuse tant que la population ne sera pas à l’eau et au pain noir pour sauver la planète.

  3. L’assurance est déjà obligatoire mais les utilisateurs de trottinettes ont plus d’intérêt à ne pas oublier d’y souscrire car en cas d’accident responsable, la RC de l’assurance habitation ne fonctionnera pas. Le fond de garantie et la sécurité sociale qui dédomageront la victime et lui rembourseront ses frais de santé vont se retourner ensuite contre le responsable pour lui faire rembourser l’intégralité des frais engagés. Cela peut lui coûter des centaines de milliers d’euros voir plus d’un millions en fonction de la gravité des blessures et du handicap que l’accident a provoqué.

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