C’est une révélation qui a fait grand bruit. Le mardi 27 janvier, le journal de 20 heures de France 2 a diffusé un reportage accablant montrant que Capgemini, l’un des fleurons de la tech française, collaborait avec ICE. La filiale américaine de la firme a en effet développé un outil pour identifier et localiser des personnes en situation irrégulière. Cette révélation a suscité un tollé. La police de l’immigration américaine est au centre d’une polémique pour ses méthodes brutales, parfois en dehors du cadre même de la loi.
Une vente pour éteindre la polémique
Au centre de la tourmente, Capgemini a annoncé dimanche 1er février qu’elle vendait sa filiale incriminée. L’entreprise a tenu un conseil d’administration exceptionnel durant le week-end, ce qui a conduit à cette décision. L’annonce a été faite via un communiqué :
« Capgemini a estimé que les contraintes légales habituelles imposées aux États-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettaient pas au Groupe d’exercer un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de cette filiale »
Le processus est lancé immédiatement, et d’ici peu, Capgemini n’aura plus de lien avec l’outil utilisé par ICE. On peut légitimement se poser la question : pourquoi donc ne pas tout simplement arrêter ce partenariat ? Surtout que selon Capgemini, il faisait l’objet d’un recours et n’était donc pas en cours d’exécution. Il s’agit tout simplement d’une voie de sortie rapide afin d’éteindre l’incendie. Plus encore, le groupe ne peut contrôler efficacement ce que faisait sa filiale.
Nulle question ici de brader le fleuron français de la tech. Capgemini précise que sa filiale américaine, quasiment indépendante, ne représente que 0,4% de son chiffre d’affaires total, et 2% de son chiffre d’affaires aux États-Unis. Elle collabore depuis des années avec de nombreux services publics américains, dont le département de la sécurité intérieure. Le contrat avec l’ICE ne représente « que » 4,8 millions de dollars, montant qui pouvait tout de même grimper à 365 millions selon les résultats. Bref, un sacrifice jugé minime à l’échelle de la multinationale afin de redorer rapidement son blason.
Les liens éventuels avec ICE auraient empoisonné durablement l’image du géant français. Accusé de méthodes brutales, ICE est déjà responsable de la mort de deux citoyens américains. L’épicentre de la polémique se situe à Minneapolis, ville où ICE est particulièrement active et défiée par les civils.
- Capgemini, accusé de collaborer avec la police de l’immigration américaine ICE, annonce la vente de sa filiale incriminée.
- La décision fait suite à un tollé médiatique sur les méthodes controversées d’ICE, jugées brutales et illégales.
- La filiale représente une part minime du chiffre d’affaires de Capgemini, et la vente vise à préserver son image.
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