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HyPrSpace : le microlanceur “Orbital Baguette” séduit dans l’hexagone

Cette start-up bordelaise vient de remporter un appel d’offres de l’État pour développer son microlanceur et rejoindre l’espace.

Si on les savait un brin farceurs, Alexandre Mangeot, Sylvain Bataillard et Vincent Rocher, les trois fondateurs d’HyPrSpace sont aussi des entrepreneurs sérieux, qui arrivent à bouger des montagnes ces derniers mois. Spécialisés dans le monde du spatial, ces trois hommes d’affaires ont pris le pari de fonder leur propre entreprise « à la SpaceX » et de fabriquer leur fusée : Orbital Baguette-1 (OB-1).

Un nom bien français pour un produit qui l’est tout autant, le siège d’HyPrSpace se trouvant à Bordeaux. Mais derrière ce nom rigolo, il y a bel et bien une fusée, réutilisable qui plus est. Un projet on ne peut plus sérieux qui a réussi à séduire jusqu’aux plus hautes strates de la société française.

HyPrSpace récompensé (et financé) par l’Élysée

En effet, l’Orbital Baguette-1 vient de remporter l’appel à projets lancé par le président de la République lui-même dans le cadre du programme France 2030. En remportant cet appel à projets, HyPrSpace s’assure le financement du développement de la fusée, elle qui pourrait prendre les airs pour la toute première fois en 2024.

Créé en 2019, le pari derrière HyPrSpace est ambitieux. Pour ne pas dire fou. L’idée est de prendre exemple sur SpaceX en proposant un lanceur réutilisable, mais de taille réduite, à l’image de l’Électron de Rocket Lab et enfin de le faire décoller et atterrir en étant beaucoup plus respectueux de l’environnement que ne l’est le monde du spatial aujourd’hui.

Propulsion hybride : prendre le meilleur, sans les inconvénients

Tout le génie derrière cette idée c’est finalement la propulsion de la fusée, qui sera hybride, comme les voitures. Au détail près qu’il n’est pas ici question de faire un mélange essence/électricité, mais plutôt ergols solides et ergols liquides. Comme l’explique la startup bordelaise dans son communiqué de presse annonçant la nouvelle : « cette technologie est fiable, peu onéreuse et a un impact carbone plus faible, mais souffrait jusqu’à maintenant d’un verrou technologique préjudiciable ». 

Face à ce défi technologique, HyPrSpace annonce avoir trouvé la solution en produisant une « architecture novatrice » donnant assez de puissance à la propulsion hybride pour que cette dernière soit suffisante pour aller dans l’espace, et en orbite. Toute l’idée se résume finalement en une phrase : profiter des avantages des systèmes de propulsion solide et liquide, sans les inconvénients de ces deux derniers.

Une solution deux fois moins chère que la concurrence

Écologique, cette solution est également économique vu que la société girondine assure que les lancements coûteront deux fois moins cher avec HyPrSpace que d’autres entreprises déjà installées dans ce domaine. Pour le moment HyPrSpace développe son lanceur, et les premiers vols ne sont pas attendus avant plusieurs années.

À terme la société espère être capable de lancer des microsatellites en orbite avec une capacité de charge utile en orbite basse de 250 kilogrammes. Des standards tout à fait classiques dans le monde de l’accès à l’espace, mais cette solution française pourrait avoir l’avantage d’être bien moins onéreuse permettant à des acteurs qui ne sont pas encore sur le marché de venir se positionner avec des microsatellites de quelques kilogrammes qu’ils pourraient lancer dans l’espace avec des prix défiants toute concurrence.

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