Les Îles Cook viennent de signer un accord hautement controversé avec les États-Unis, afin de leur permettre d’accéder à un type de galets spécifiques et hautement stratégiques. Pour l’environnement, on repassera…
Des matériaux très prisés
Concrètement, ce deal porte sur la coopération entre les deux États en matière de « développement responsable » des ressources minérales des fonds marins dans la zone économique exclusive des Îles Cook. Il va se concentrer sur la recherche et l’exploration potentielle de matériaux précieux, et particulièrement de nodules polymétalliques.
Aussi appelés nodules de manganèse, ces galets se forment à des profondeurs généralement comprises entre 4 000 et 6 000 mètres de profondeur, et ils abondent au large de l’archipel, qui détient l’un des plus grands gisements mondiaux.
Et s’ils sont autant convoités, c’est parce qu’ils contiennent 20 à 30 % de manganèse, utilisé dans la métallurgie, ainsi que du nickel et du cobalt, deux éléments essentiels à la fabrication des batteries lithium-ion pour les véhicules électriques.
On y trouve aussi du cuivre, indispensable pour l’électronique et les réseaux électriques, et, dans certains cas, de faibles concentrations de terres rares, prisées pour les aimants, les écrans et d’autres composants high-tech.

Une catastrophe pour les fonds marins
L’enjeu pour les États-Unis est donc crucial, l’administration Trump cherchant par tous les moyens à relancer l’industrie locale afin de moins dépendre de la Chine. Ainsi, les deux entités s’engagent « pour le progrès scientifique, la prospérité mutuelle, l’autonomie économique et la gestion environnementale », a détaillé le gouvernement de l’archipel situé dans le Pacifique.
Mais cet accord fait aussi pâlir les défenseurs de l’environnement. Car l’exploitation minière en eaux profondes est une industrie très controversée, en raison de sa propension à entraîner des dommages irréversibles aux écosystèmes marins. Cette pratique peut mener à la destruction des habitats de milliers d’espèces, et perturber les schémas de migration et de reproduction de la faune et de la flore.
À noter, également, que les nodules polymétalliques se forment très lentement, en grandissant de quelques millimètres seulement tous les millions d’années. Ils naissent autour d’un petit noyau, comme un fragment de roche ou une dent de requin, et grossissent au fil du temps. Autrement dit, il s’agit d’une ressource qui « n’est pas renouvelable » à l’échelle humaine, indique Florian Besson, géologue à l’Ifremer, à nos confrères de Ouest-France.
Au-delà des enjeux environnementaux, ce partenariat risque aussi de raviver des tensions géopolitiques, les Îles Cook ayant récemment passé un accord similaire avec la Chine.
- Les Îles Cook ont signé un accord stratégique avec les États-Unis pour explorer les riches fonds marins de leur territoire.
- Ces ressources, notamment les nodules polymétalliques, sont très prisées pour les matériaux qu’elles contiennent.
- L’accord inquiète les écologistes et pourrait aussi raviver les tensions avec la Chine.
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