Article original publié le 20 mai 2022 à 11h18
Mauvaise nouvelle si vous envisagiez d’acheter un produit électronique dans les mois qui viennent : les prix vont flamber. Cette situation, nous la prédisions déjà il y a quelques mois (fin mai 2022), suite à la diffusion d’informations de Bloomberg. Selon le média, Samsung et TSMC, les deux plus gros fabricants mondiaux de puces électroniques, s’apprêtaient à augmenter les tarifs de leurs composants.
En premier lieu, Samsung augmenterait les tarifs de ses semi-conducteurs de 15 à 20% expliquait Bloomberg. Les raisons de cette hausse sont multiples et communes à d’autres secteurs. À la guerre en Ukraine s’ajoutent une hausse des prix des matières premières et du fret, la pénurie de composants, les confinements en Chine ou encore l’explosion de la demande.
Samsung n’est pas le seul à procéder à cet ajustement. Le numéro un mondial des semi-conducteurs TSMC annonçait à Nikkei Asia qu’il augmenterait aussi les prix de ses puces début 2023. Chez le géant chinois la hausse est moins brutale, de l’ordre de 5 à 8%. Mais il a déjà opéré une première hausse significative (20%) il y a moins d’un an.
Automobile et high-tech : une hausse des prix inévitable ?
Sur un marché des semi-conducteurs à 580 milliards de dollars (chiffres de 2021, un record), une telle hausse ne sera pas sans conséquences pour le client final. TSMC a dores et déjà annoncé qu’il investirait 40 à 44 milliards de dollars pour augmenter sa cadence. Il faut amortir cet investissement.
Les industriels du secteur n’ont en plus aucun moyen de mettre la pression aux deux fondeurs TSMC et Samsung, pour bonne et simple raison qu’ils disposent d’un savoir-faire unique. En l’absence de concurrence, difficile de négocier.
Et ce n’est pas Intel, qui vient tout juste de changer de stratégie, qui changera la donne pour le moment. L’américain doit encore mettre en place les infrastructures pour produire ses semi-conducteurs. Une usine ne se construit pas en un jour. Le processus est encore plus long avec la pénurie de composants nécessaires à la fabrication des machines-outils.
Selon Bloomberg, le principal marché qui fera les frais de cette hausse sera celui de l’automobile. Déjà durement touché, le secteur devra encore serrer les dents. Mais pour combien de temps ? Si Tesla a trouvé la parade en augmentant ses tarifs (moins d’unités mais plus chères), la hausse devra bien s’arrêter avant d’atteindre le point de non retour, celui où personne ne sera en capacité d’acheter. Car l’inflation touche aussi et surtout les consommateurs.
La situation risque également de se tendre dans tout le marché de l’électronique grand public. Les processeurs nécessaires à la fabrication des smartphones, tablettes et PC sont produits par Samsung et TSMC. Or, dans ce secteur, les unités se comptent en centaines de millions. TSMC est d’ailleurs le principal fournisseur d’Apple. Pas sûr qu’un tarif 15 à 20% plus élevé pour la sortie de son iPhone 14 (en octobre prochain) ravisse les consommateurs. À moins que les constructeurs n’absorbent l’augmentation en rognant sur leurs marges. Il n’y a pas d’âge pour croire au Père Noël.
PS5, iPhone 14 Pro, cartes graphiques, TV : les prix augmentent déjà
Alors que l’inflation atteignait 5,2% en France en mai dernier (selon les chiffres de l’INSEE) les prédictions pour la fin d’année et début 2023 s’établissent à près de 10%. Pour s’offrir un produit tech, il faudra donc mettre la main au portefeuille plus que de raison. Les smartphones que l’on trouvait tout juste au dessus des 1 000 euros culmineront désormais aux alentours de 1 500 euros. Sony a d’ores et déjà annoncé une hausse du prix de sa PS5 en France (50 euros soit +10%).
Les cartes graphiques, automobiles, PC, tablettes, TV, tous les produits tech seront commercialisés à des prix plus élevés. Si certaines marques ont choisi (pour le moment) d’absorber l’inflation, la plupart la répercutent sur le prix final. Ainsi, l’iPhone 14 Pro devrait afficher un prix encore jamais vu. Cette situation sera d’autant plus compliquée en France puisque le taux de change euro/dollar est en notre défaveur.
À quoi faut-il s’attendre ? Pour les constructeurs ayant choisi d’absorber l’inflation, la situation pourrait être bénéfique. Les salaires ne bougeant pas d’un iota, les consommateurs vont recentrer leurs achats sur les besoins essentiels (alimentaire, logement, carburant, énergie). Quant aux produits tech, les modèles au meilleur rapport qualité-prix devraient continuer de fonctionner. À condition de ne pas répercuter l’inflation. Mais ça, c’est une autre histoire.
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TSMC n’est pas une entreprise Chinoise mais Taïwanaise, d’où le T de TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company)
Augmenter les prix quand tout augmente ne paraît pas une bonne stratégie sauf pour ceux qui n’ont pas besoin de compter leur argent ! À suivre
Faut avoir des bonnes informations avant de les diffuser
Merci le WEF, l’OTAN et l’ONU. Le grand reset se déroule comme prévu …