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« Je n’aurai jamais gagné sans l’IA » : elle triomphe en justice grâce à ChatGPT

Cette femme était seule, mais s’est armée intelligemment pour éviter de se retrouver à la rue.

Si certaines entreprises comme DoNotPay se sont spécialisées dans la création de chatbots juridiques, cette femme résidant en Californie s’est débrouillée autrement pour organiser sa défense. Lynn White devait être expulsée de son logement, une sentence qui semblait irrévocable au vu de sa situation, mais elle a remporté son procès en appel grâce à ChatGPT. La justice humaine devra-t-elle apprendre, bon gré mal gré, à tolérer que l’IA puisse identifier des erreurs judiciaires que même des magistrats expérimentés n’avaient pas su relever ?

ChatGPT : un avocat bon marché, mais redoutablement efficace

Lynn White était à deux doigts de tout perdre ; endettée et sous le coup d’un avis d’expulsion, elle avait déjà dû s’incliner une première fois devant le tribunal qui jugeait l’affaire. Impossible pour elle de prendre un avocat, les honoraires n’étant pas à la portée de sa bourse, elle s’est donc tournée vers une autre solution.

Pour se défendre lors de son ultime procès, elle a préféré se faire épauler par ChatGPT, mais également Perplexity AI. « Je ne saurais trop insister sur l’utilité de l’IA dans mon affaire », a-t-elle confié à NBC News. « Je n’aurais jamais, jamais, jamais gagné cet appel sans elle. »

Elle n’a évidemment pas utilisé l’IA pour plaider à la place d’un avocat, mais s’en est servi pour mettre en lumière plusieurs erreurs procédurales dans le premier jugement. Elle a ainsi appris à correctement les contester et à préparer les textes qu’elle devait soumettre au juge pour contester la décision.

Après plusieurs mois de démarches, la cour a finalement annulé son expulsion. Lynn White, en plus d’avoir conservé son logement, a évité des dizaines de milliers de dollars de pénalités. En effet, les coûts financiers liés aux procédures d’expulsion en Californie sont très sévères : loyers dus, pénalités, honoraires, exécution du jugement… les montants grimpent vite et autant dire qu’une expulsion peut rapidement se transformer en gouffre financier.

Ces derniers temps, les tribunaux américains font face à une vague de justiciables plaidant sans avocat (dits « pro se » : du latin « pour soi-même »), préférant se servir de l’IA pour se défendre. « J’en ai vu davantage cette année que dans toute ma carrière », constate la parajuriste Meagan Holmes. Ceci, malgré les avertissements de la plupart des entreprises d’IA (Google, OpenAI ou xAI) qui rappellent dans leurs conditions générales d’utilisation qu’il ne faut pas faire usage de leurs outils pour « des décisions automatisées à forts enjeux qui affectent la sécurité ou les droits légaux ou matériels d’une personne ».

Une clause morale finalement, qui ne rend pas moins absurde le fait qu’une IA comme ChatGPT puisse sauver des personnes démunies dans un pays où se défendre coûte plus cher que d’être en tort. Même si cela peut mener à de gros dérapages comme celui de Steven A. Schwartz en 2023, dans le cas de Lynn White, le chatbot lui aura au moins permis de garder sa dignité et son portefeuille.

  • Une locataire californienne menacée d’expulsion a réussi à faire annuler la décision grâce à ChatGPT, qu’elle a utilisé pour corriger des erreurs de procédure.
  • De plus en plus d’Américains se défendent seuls en justice avec l’aide d’outils d’IA, faute de pouvoir payer un avocat.
  • Malgré les avertissements des entreprises, ces technologies deviennent pour beaucoup la seule porte d’accès à une justice devenue hors de prix.

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