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Jamais les Français n’avaient autant réglé leurs achats par carte bancaire

Les banques l’ont bien compris, et continuent de focaliser leurs offres sur des cartes bancaires toujours plus sexy.

Bien que la consommation ait connu une période de creux, en mars et avril, la crise sanitaire a modifié sans surprise notre rapport à nos cartes bancaires, au détriment de l’argent liquide. Selon les données de la Banque de France partagées par Le Parisien, la carte bancaire est devenue « LA star de l’année », avec « deux tiers des sondés français déclarent avoir réglé leur dernière transaction par carte ».

Plafond relevé du paiement sans contact

L’explication prend plusieurs éléments en comptes. Le premier, et peut-être le plus significatif de l’accélération en 2020, se rapporte à l’augmentation du plafond de paiement sans contact depuis le 11 mai dernier. De 30 à 50 euros, celui-ci a permis d’élargir l’utilisation de la carte à une plus grande part de dépense tout en respectant les gestes barrière, et les supermarchés ont en le plus profité. Selon les données de l’Observatoire CB, mis à jour en octobre dernier, la croissance des cartes bancaires chez ces commerçants était de l’ordre de 41,1 % comparé au second semestre 2019.

Pour la récente annonce de l’étude de la Banque de France, la part des règlements par carte bancaire en sans contact était de 39 %, soit plus de la moitié des utilisations de la carte bancaire. Chez nos voisins européens ou internationaux, les plafonds sont souvent plus élevés encore (à plusieurs centaines d’euros comme au Canada), mais la France se méfie encore (à raison) de l’insécurité de la méthode victime d’opérations frauduleuses (notamment dans les transports). En effet, le paiement sans contact ne demande aucune authentification de la part de l’utilisateur pour procéder à une transaction.

Hausse des paiements en ligne et gestes barrière

La crise sanitaire, maintenant, a contribué de façon plus large à la hausse de l’utilisation de nos cartes. D’un côté, le boom de la vente en ligne marqua l’économie en 2020, et les entreprises comme Amazon, mais également les fintech surfant sur la vague en furent de parfaits témoins. Pour ces transactions, les espèces ont donc perdu de leur représentation, écartées de l’ensemble de l’économie numérique. De l’autre, les gestes barrières. Payer en liquide à la caisse, malgré les protections mises en place, pouvait s’apparenter à un non-respect des précautions sanitaires.

« Les retraits d’espèces aux DAB (distributeurs) ont baissé d’environ 20 % en volume et de 10 % en valeur depuis le début de la crise », indiquait Thierry de la Bretèche, directeur adjoint des activités fiduciaires à la Banque de France au Parisien. « Ce changement de comportement devrait se maintenir au moins en partie dans le temps », ajoutait-il en nuançant notamment sa disparition improbable à moyen terme, alors qu’environ « 500 000 personnes sans compte bancaire n’ont pas d’autre mode de paiement et il ne faut pas oublier le besoin, accentué par la crise, de thésauriser, de conserver par précaution des liquidités chez soi ».

Sursaut des banques en ligne

Pour suivre cette dynamique, les banques en ligne font le pont entre l’avance des néo-banques et la tradition des banques traditionnelles. On aura vu de multiples établissements dématérialisés cette année, à l’image de Boursorama Banque, revoir totalement leur offre pour mettre à l’honneur leurs cartes bancaires.

Elles sont devenues plus sexy, plus accessibles, souvent plus haut de gamme également, et ont accéléré la tendance à modifier leur appellation pour des noms propres aux offres des banques plutôt que celle de leur émetteur. Par exemple, Boursorama Banque a définitivement laissé de côté ses offres Visa Classic et Visa Premier, pour des cartes (Visa toujours) Ultim et Ultim Metal.

Maintenant, les établissements traditionnels sont partagés entre l’idée de développer de nouvelles cartes bancaires plus sécurisées, comme chez BNP Paribas et Société Générale avec des technologies de cryptogrammes dynamiques ou de lecteur d’empreinte, et celle de faire confiance aux nouveaux protocoles de paiement mobile.

En effet, celui qui ne représente encore qu’une infime partie des paiements permet de payer via smartphone avec une carte virtuelle générée par la banque. Chez des établissements comme Revolut et N26, elle est devenue un vrai argument. Si bien que Société Générale a lancé sa propre fonctionnalité début juillet.

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5 commentaires
5 commentaires
  1. Les français sont en train de permettre aux banques de supprimer l’argent liquide définitivement et de ce fait d’avoir la main mise total sur leur argent , tout cela en utilisant abusivement le payement par carte.

    1. l’euro est géré par l’Europe, pas par les banques françaises. Si l’euro-argent-liquide disparait un jour, et c’est sûr que ça arrivera, c’est probablement que les européens auront dans leur quasi-totalité arrêté de l’utiliser.
      Perso, j’utilise 40€ d’argent liquide par TRIMESTRE (en moyenne), le reste c’est carte bancaire. On est au XXIeme siècle.

      1. Vu le nombre de plateforme qui se sont fait hacker, ou qui ont fait faillite. Vu le flou qui entoure la naissance du bitcoin (les créateurs ont-ils fait des stocks de bitcoin quand ils ne valaient rien), bref…. je n’y mettrais pas un kopeck.
        Surtout qu’on n’est pas à l’abri qu’un jour, les US, la chine ou l’Europe décide d’interdire le bitcoin, fasse fermer les plateformes d’échange : plus ^possible d’échanger des dollars, ou des euros vers des bitcoins (ou autre crypto) ce qui entrainerait la faillite de ces pseudos millionnaires. Qui accepterait alors le bitcoin comme échange s’il ne peut pas le transformer en “vraie” monnaie.

  2. Ben va falloir revenir en arrière ! Les assurances des banques ne remboursent pas les escroqueries faites sur un faux terminal… Ça peut coûter jusqu’à 8000€ donc moi en ce qui me concerne, je reviens aux billets

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