Du changement pour le paiement en plusieurs fois chez La Banque Postale et sa banque mobile Ma French Bank. Dans une annonce de son PDG Philippe Heim, relayée par Les Echos, nous apprenons que l’établissement ne travaillera plus avec Alma, la fintech spécialisée dans ces solutions de paiement “à mi-chemin avec le crédit à la consommation”.
Jusqu’à présent, lors d’une transaction, les clients des deux banques pouvaient payer en plusieurs fois chez les commerçants partenaires. Sur son site, Ma French Bank détaille les conditions d’utilisation : “le paiement en plusieurs fois est possible avec votre carte mais est soumis à une interrogation du solde de votre compte. En fonction des commerçants, une vérification peut être faite sur le montant de la première échéance ou bien sur la totalité du montant”.
Pour les clients cela ne signifie pourtant pas la fin de cette facilitation d’achat très en vogue. L’établissement bancaire a rompu sa relation avec Alma, datant de seulement neuf mois, pour choisir de s’allier avec une autre startup du nom de Pledg. Les raisons ? Des perspectives divergentes entre les deux sociétés, qui met en exergue la guerre de la data et des fintech du secteur face aux intérêts des banques.
1,4 million de clients concernés
Alma perd un gros client, qui compte à la fois 1 million de comptes courant chez la Banque Postale et 425 000 à Ma French Bank. Mais pour continuer à opérer avec eux, la startup exigeait de rester aux avant-postes commerciaux et d’obtenir la data des clients.
Tout comme son concurrent suédois Klarna, les produits en marque blanche ne sont pas primordiaux pour Alma. La startup française veut développer sa marque sans intermédiaire avec les consommateurs et nouer des liens avec les commerçants. Klarna en a fait de même avec une marketplace sur son application, et lors d’un paiement fractionné en magasin, les clients peuvent choisir de se connecter avec leur compte Klarna plutôt que d’utiliser leur carte bancaire.
“La marque d’Alma aurait dû s’effacer au profit de celle de La Banque Postale, ce qui n’est pas du tout l’objectif d’Alma qui cherche justement à se rapprocher des commerçants”, expliquait une source interrogée par Les Echos.
À l’inverse, Pledg, appuie sa stratégie sur une posture 100 % marque blanche, en ne cherchant qu’à proposer ses produits aux établissements bancaires sans se mettre en avant. “Les données de paiement, expliquait le fondateur de Pledg aux Echos, nous sont confiées uniquement pour nous permettre de faire le scoring nécessaire des consommateurs”.
Pourquoi le paiement fractionné est si important ?
Pour rappel, le paiement fractionné, ou paiement en plusieurs fois, est un système de règlement permettant d’échelonner le montant de son achat sous la forme d’un crédit à la consommation déguisé, souvent plus accessible pour un jeune établissement. Aujourd’hui, de nombreuses banques souhaitent offrir leur service, comme La Banque Postale mais aussi BNP Paribas avec le rachat de Floa Bank.
Sans une solution interne, ou en marque blanche, les établissements “seront court-circuité par les nouveaux entrants”, expliquait le patron de la Banque Postale, toujours au quotidien économique. Klarna a effectivement dépassé le million de clients en France, les 100 millions sur l’ensemble de ses marchés et pèse 45 milliards de dollars.
Malgré l’émergence de ce géant suédois du paiement fractionné, le marché voit rentrer une multitude d’acteurs alternatifs et les fonds d’investissement en sont friands. Pour Younited, une autre fintech qui s’est spécialisée dans le crédit conso classique, le “crédit long est 4 fois plus rentable que le paiement fractionné”. Gare alors, pour toutes ces jeunes pépites, à ne pas se retrouver sans perspective de rentabilité sans une gamme de produit solide et des ententes avec les banques.
La banque mobile Ma French Bank, par exemple, a le vent en poupe. Elle amassait 145 000 clients supplémentaires en 2021, pour atteindre le chiffre de 425 000. D’ici 2025, avec ses offres bancaires accessibles et son support en agence physique (là où les banques traditionnelles ferment leurs succursales), l’établissement vise les 1,3 million de comptes.
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