C’est une « première étape » qui en appelle d’autres. Les procureurs belges viennent de nommer un juge d’instruction dans le cadre de l’enquête autour de l’utilisation possible par Apple de « minerais de sang. » Pour rappel, la République démocratique du Congo a porté plainte en décembre dernier (devant les tribunaux belges et français) contre Apple.
Le pays africain reproche au géant de la tech d’avoir acheté et utilisé des minerais comme le tantale, l’étain, le tungstène et l’or provenant de mines contrôlées par des groupes armés rebelles. Un tel commerce est interdit, car il finance indirectement la guerre dans l’est du pays. Il favorise également le travail d’enfants et tolère les pratiques inhumaines de ces groupes armés (viols et tueries de masse).
Apple nie en bloc
Face à des accusations aussi graves, Apple a immédiatement contesté la version du gouvernement congolais. Apple assure être « profondément engagée dans une gestion responsable des minerais ». De leur côté, les avocats représentants la RDC assurent que les protocoles de certification des minerais mis en place par Apple sont caducs.
La firme de Cupertino assure acheter des minerais provenant du Rwanda ou de régions non conflictuelles. Mais dans « 90 % des cas » selon l’avocat Robert Amsterdam, ces minerais proviennent en réalité de mines illégales. Ce commerce en sous-main serait connu de tous, et Apple aurait fermé les yeux sur ces agissements en Afrique.
Le début d’une enquête
Alors que de plus en plus de sujets commençaient à sortir sur le sujet, Apple avait demandé à ses sous-traitants de suspendre l’achat de minerais en provenance de la RDC ou du Rwanda. Pour Robert Amsterdam, cette position est « un aveu » de la part d’Apple. Il assure que les « chaînes d’approvisionnement sont infiltrées de faux minéraux. »
Bien que des « audits indépendants » aient été demandés par Apple, ils n’ont pas encore publié leurs conclusions et la firme de Cupertino se retrouve aujourd’hui sous le joug d’une enquête. Le juge d’instruction mentionné dans cette affaire, dont l’identité reste secrète, va devoir mener dans les prochains mois une profonde enquête.
Il dispose des pouvoirs nécessaires pour réclamer des documents à Apple, mettre en place des écoutes téléphoniques ou encore ordonner des perquisitions sur le territoire belge. Une autre plainte, en tout point similaire, a été déposée par la RDC aux tribunaux français. Les magistrats n’ont pas encore fait connaître leur décision, mais une enquête pourrait également être ouverte dans l’hexagone contre Apple.
Si la firme de Cupertino est reconnue coupable, elle pourrait être condamnée à plusieurs milliards de dollars d’amende. En attendant, Apple a passé plusieurs accords avec le gouvernement du Rwanda pour s’assurer de la bonne provenance des minéraux achetés par Apple.
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