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La reconnaissance faciale va connaître son interdiction la plus stricte

À Portland, l’interdiction de la reconnaissance faciale atteindra également les entreprises, de quoi établir un lien de son utilisation entre le domaine public et privé.

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Reconnaissance faciale
© Fight for the Future

L’interdiction de la reconnaissance faciale a atteint un nouveau cap. Dans la ville de Portland, dans l’État de l’Oregon, l’usage de cette technologie ne sera plus autorisée, et son champ d’interdiction ne se limitera pas qu’aux agents publics. Cette nouvelle arrive en opposition avec une autre actualité venant de Chine, où tous les clients de nouveaux smartphones devront désormais accepter de se plier à un enregistrement biométrique de leur visage.

« Si vous êtes un département de la ville, vous ne pouvez pas utiliser la reconnaissance faciale vous-même, mais vous ne pouvez pas non plus sous-traiter cette tâche à une entité privée », décriait Matt Cagle, un avocat ayant contribué à la rédaction de la législation mise en place à San Francisco. Contrairement aux autres villes qui ont mis en place une interdiction, Portland a élargi l’interdiction aux entreprises, elles qui peuvent recueillir des données biométriques des clients et ensuite coopérer avec les pouvoirs publics.

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Tout est parti de Jo Ann Hardesty, commissaire de la plus grande ville de l’État d’Oregon. « La technologie présente un taux élevé de faux positifs pour les femmes et les personnes de couleur, ce qui signifie qu’elles seront probablement mal identifiées et ciblées pour des choses qu’elles n’ont pas faites ou pour être dans des endroits où elles n’étaient pas réellement » regrettait la femme, d’origine africaine.

Grâce à elle, l’État de l’Oregon va prendre de l’avance sur le gouvernement fédéral, en bannissant purement et simplement l’usage d’une technologie à la fois défectueuse et pouvant être utilisée à des fins qui ne sont pas éthiques. Fer de lance du texte de loi, Jo Ann Hardesty a été à l’origine de la volonté d’élargir l’interdiction au secteur privé, alors que l’utilisation de la reconnaissance faciale pourrait avoir des conséquences sur le marché de l’emploi et de la vie privée de chacun : « cela aurait des conséquences majeures sur la façon dont les gens peuvent vivre leur vie lorsque des entreprises privées tentent d’utiliser ce logiciel pour des tâches telles que la sécurité ou le filtrage de l’emploi », déclarait Hardesty.

Ses ambitions étaient claires, parfois vues comme strictes, mais l’interdiction décidée à Portland permettra de ne pas faire les choses à moitié. Dans d’autres villes, telles que San Francisco, Oakland, Berkeley en Californie, et Somerville au Massachusetts, la législation ne serait pas très pertinente, et pourrait ne faire que masquer le problème : « Je suis très inquiète que les entreprises collectent et stockent des données, puis concluent des accords privilégiés avec les forces de l’ordre afin qu’elles aient accès à ces données ».

Un avis légèrement corrigé par Matt Cagle, l’avocat qui a participé à l’élaboration de l’interdiction à San Francisco. Ce dernier précisait que la ville ne pouvait pas collecter des données, mais ne pouvait pas non plus en recueillir auprès de tiers. En tout cas, la décision d’Hardesty à Portland a le mérite d’être plus claire.

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Quelques exemples de dérives

On pourrait croire que la reconnaissance faciale n’est pas encore en phase d’être démocratisée. Pourtant, la plupart des géants du numérique proposent déjà leur propre technologie. Si Facebook compte l’utiliser à ses propres fins, d’autres entreprises sont plutôt dans l’optique d’en revendre les programmes. Microsoft, Amazon et IBM proposent leur propre algorithme clé en main, et leurs utilisations sont aussi multiples que leurs dérives.

Notez par exemple les magasins. Ceux-ci, comme l’expliquait FaceFirst (un fournisseur de logiciels de reconnaissance faciale) à Fast Compagny, peuvent utiliser leur programme pour vérifier les clients de leur enseigne, et ainsi reconnaître des individus ayant été filmés en train de voler. Si la technologie est défectueuse, de nombreux cas de fausses accusations pourraient être recensés. Dans l’emploi, comme nous le mentionnions, des dérives liées à la sécurité et au filtrage à l’emploi pourraient survenir. Dans un tout autre style, les festivals de musiques pourraient être un parfait lieu pour recueillir des données, de quoi entraîner des festivals comme Coachella à bannir la technologie.

Mais ne nous limitons pas à des problèmes liés aux aspects techniques, comme le soulignait la commissaire de Portland. « Nous savons qu’il existe des limitations techniques. Nous savons également que même si ces disparités étaient corrigées, la capacité d’abus est trop grande car il n’existe aucune protection autour de cette technologie dans le contexte actuel », appuyait également Joy Buolamwini, chercheuse au MIT. Une technologie à peine lancée, mais déjà étouffée par deux forces : la technique, et l’éthique.

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