Les îles Fidji viennent de déclarer l’urgence nationale. Longtemps préservé, le petit archipel du Pacifique fait aujourd’hui face à une hausse fulgurante des contaminations par le VIH. La situation est dramatique : en 2025, le pays, qui compte moins d’1 million d’habitants, a enregistré plus de 2 000 nouveaux diagnostics. Environ un adulte sur 60 vit avec le virus, contre un sur 167 il y a seulement cinq ans.
« Ça se propage comme une traînée de poudre », déplore sur FranceInfo Siteri Dinawai, 46 ans, venue se faire dépister. La pression sur les hôpitaux devient critique, alors que la transmission mère-enfant a fortement progressé, provoquant une augmentation tragique des décès infantiles.

Épidémie d’addiction à la méthamphétamine
Cette épidémie s’explique, en grande partie, par l’explosion de la consommation de drogues injectables. Car l’archipel est devenu une plaque tournante pour les cartels qui acheminent de la méthamphétamine vers l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Cette drogue de synthèse stimulante agit directement sur le système nerveux central, et procure une forte euphorie. Elle figure parmi les substances les plus puissantes et rapidement addictives au monde.
Des stocks massifs ont ainsi inondé le marché local, créant une vague d’addiction sans précédent. De quoi favoriser l’émergence d’une pratique extrêmement dangereuse. Faute d’accès aux seringues, certains usagers s’injectent directement le sang d’une personne déjà intoxiquée pour partager une même dose à moindre coût. L’archipel manque, en outre, d’accès aux préservatifs, dans une société religieuse marquée par des tabous sur le sexe.
VIH et SIDA : quelle différence ?
Le VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine) désigne le virus lui-même. Il s’attaque au système immunitaire et l’affaiblit progressivement en détruisant certaines cellules de défense, les lymphocytes CD4. Une personne infectée est dite « séropositive ».
Le SIDA (Syndrome d’Immunodéficience Acquise) est le stade ultime de l’infection par le VIH, qui survient parfois des années après la contamination. Il intervient lorsque le système immunitaire est tellement affaibli que l’organisme ne peut plus se défendre contre les maladies ou les infections.
On ne sait pas encore guérir le VIH, mais il existe des traitements très efficaces : les antirétroviraux. Pris quotidiennement, ils bloquent la multiplication du virus dans le sang jusqu’à le rendre indétectable. Une personne traitée dont la charge virale est indétectable ne transmet plus le virus et ne développera jamais le SIDA.
Le gouvernement déploie des mesures d’urgence
Dans ce contexte, le gouvernement prépare l’accès gratuit et généralisé à la PrEP, un traitement préventif et très efficace, ainsi que la mise en place de programmes d’échange de seringues et d’aiguilles stériles pour limiter les risques de transmission chez les toxicomanes.
Mais le défi reste colossal. Car selon l’ONUSIDA, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida, seuls 39 % des Fidjiens vivant avec le VIH connaissent leur statut, et à peine 22 % bénéficient d’un traitement antirétroviral, contre 78 % en moyenne dans le monde.
- Les îles Fidji ont déclaré l’état d’urgence face à une explosion du VIH, touchant désormais un adulte sur 60.
- La crise est portée par le boom du trafic de méthamphétamine et le partage dangereux de sang entre consommateurs.
- Le gouvernement lance la distribution de PrEP et des programmes d’échange de seringues pour freiner les contaminations.
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