Vous n’en pouvez plus des trains en retard ou annulés ? La SNCF semble enfin prête à se remettre sur de bons rails. Pour cela, l’entreprise mise sur plusieurs innovations visant à anticiper les problèmes de son réseau ferré et éviter les pannes. La première s’appuie sur une technologie laser capable d’assurer la maintenance des câbles de manière plus régulière tout en réduisant les coûts. La seconde repose sur un nouveau train autonome qui parcourt les voies ferrées afin d’identifier les problèmes sur les rails.
Camescat : des caténaires sous surveillance laser
Le réseau ferré français compte plus de 33 000 kilomètres de caténaires, ces câbles qui alimentent les trains en électricité. Beaucoup datent des années 1950 et sont particulièrement sensibles au vieillissement et au réchauffement climatique. En moyenne, 16 incidents graves liés à l’usure des caténaires sont recensés chaque année, obligeant la SNCF à renouveler 400 kilomètres de câbles annuellement. Jusqu’à récemment, la surveillance de ces infrastructures reposait sur 17 engins spécialisés, circulant lentement et mobilisant d’importantes ressources. Il fallait parfois attendre cinq ans entre deux passages sur une même ligne, ce qui augmentait les risques d’incidents et de retards.
Pour améliorer la maintenance de ce réseau de câbles, la SNCF a développé sa propre technologie Camescat. En pré-production depuis février, ce système utilise deux lasers montés sur un pantographe modifié pour mesurer, au demi-millimètre près, l’épaisseur des fils de caténaire. Capable de fonctionner à 120 km/h et de produire jusqu’à 6 000 images par seconde, il permet de couvrir de longues distances en une seule nuit et d’identifier avec précision les sections à remplacer. Résultat : moins de cuivre gaspillé, des économies importantes et une maintenance mieux ciblée qui promet de réduire les interruptions de trafic.
Le train autonome pour surveiller les voies
L’autre grande innovation concerne la surveillance des rails. Jusqu’à présent, cette mission était assurée par des TGV circulant à vide au petit matin, avant le début du trafic commercial. Si cette méthode garantit la sécurité, elle mobilise des rames et des conducteurs qui pourraient être utilisés pour transporter des voyageurs. Cette méthode est en plus très coûteuse.
Pour moderniser ce processus, la SNCF lance le projet MARS LGV (Mobiles Autonomes de Reconnaissance en Sécurité). Ce véhicule autonome, équipé de caméras, radars et Lidar, sera piloté à distance et alimenté par des batteries de nouvelle génération. Il analysera l’état du réseau en temps réel, détectera les obstacles et les anomalies, et transmettra instantanément les informations aux équipes de supervision. L’objectif : réduire la consommation d’énergie par 20, diviser les coûts de reconnaissance par trois, et surtout, libérer des TGV pour les voyageurs.
Le prototype de ce train autonome est attendu pour 2027, avec une exploitation prévue à partir de 2030. Cette innovation promet non seulement d’augmenter la sécurité du réseau, mais aussi de rendre le service plus fiable pour les usagers.
Grâce à ces deux innovations majeures, la SNCF espère réduire les retards liés à la maintenance et aux incidents sur le réseau. En surveillant plus fréquemment et plus précisément ses infrastructures, l’entreprise pourra intervenir avant que les pannes ne surviennent, et ainsi améliorer la ponctualité des trains.
- La SNCF déploie un système laser embarqué pour surveiller et entretenir plus efficacement ses caténaires vieillissantes.
- Un train autonome, équipé de capteurs et piloté à distance, remplacera bientôt les TGV à vide pour la reconnaissance des voies.
- Ces innovations doivent permettre d’anticiper les pannes, limiter les retards et libérer du matériel pour les voyageurs.
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