Curiosity, Insight, Perseverance, ces trois rovers ont un point commun : leur forme. Depuis la naissance de l’exploration spatiale, les engins spatiaux sont carrés avec des chaînes motrices pour se déplacer, comme des chars d’assaut. Mais en 2019 Hiro Ono décide de changer cet ordre établi.
Il dessine ainsi les premiers croquis de l’EELS (Exobiology Extant Life Surveyor). Ce rover a la particularité de ressembler à… un serpent. Conçu comme une vis sans fin, il est capable de se déplacer en faisant tourner cette dernière sur elle-même. Selon son concepteur, ce projet pourrait être très utile sur les lunes glacées de Saturne.
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— Hiro Ono / 小野雅裕 (@masahiro_ono) May 8, 2023
Développé depuis près de 4 ans par le JPL (un laboratoire expérimental de la NASA), EELS a réalisé il y a peu ses premiers tests en extérieur. La NASA a amené le rover dans la neige, sur une patinoire ou encore dans le désert californien. Dans toutes ces configurations extrêmes, ils. Très bien répondu et ses nombreux Lidars ont permis de se déplacer de façon totalement autonome.
Encelade : une destination de choix
Se rendre autour de Saturne est le grand objectif de l’exploration spatiale. La sonde européenne JUICE a déjà pris la direction des lunes de Jupiter. Comme leurs cousines autour de Saturne, ces morceaux de roches disposent d’océan sous leur surface.
Déposer un rover à la surface d’une de ces lunes, comme Encelade, pourrait permettre d’en savoir beaucoup plus sur le fonctionnement de ces océans, et si, ils renferment la vie. Avec un rover comme EELS, la NASA pourrait avancer de façon autonome à la surface d’Encelade.
À cause de la distance (1,2 milliard de kilomètres) qui nous sépare de cette lune, il faut plus de 70 minutes pour que l’information fasse le trajet. Le rover qui se rendra sur Encelade se doit d’être autonome pour pouvoir progresser et capturer des données rapidement à la surface.
La mutation des rovers spatiaux passera par les serpents ?
Le concept de l’EELS ne fonctionnera pas que sur Encelade. La NASA espère que sur le moyen-terme ces rovers pourront être utilisés dans d’autres environnements. L’agence spatiale américaine pense notamment à se rendre sur la Lune avec un prototype d’EELS pour confirmer les tests obtenus sur Terre.
Si cette expérimentation est un succès, elle pourrait rebattre les cartes de l’exploration spatiale, offrant une nouvelle façon de travailler et de penser les rovers pour les agences spatiales. Pour Matthew Robinson, qui a travaillé sur l’EELS pour le compte du JPL, ce rover « a la capacité d’aller dans des endroits où les autres robots ne peuvent pas aller. »
Cette souplesse pourrait faire de l’EELS un pré requis pour les prochaines missions spatiales. « Lorsque vous vous rendez dans des endroits où vous n’êtes pas sûr de ce que vous trouverez, vous souhaitez envoyer un robot polyvalent, conscient des risques, préparé à l’incertitude et capable de prendre des décisions par lui-même. »
EELS n’a pas encore de mission attribuée, mais la NASA pourrait statuer sur son sort dans les prochains mois.
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