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Le saviez-vous ? La France est une championne du quantique : ces 7 pépites entendent révolutionner le domaine

L’ordinateur quantique commence à prendre forme, et la France y joue un rôle que l’on soupçonne peu. Tour d’horizon des acteurs tricolores qui ont déjà pris de l’avance pour maîtriser cette technologie clé pour l’avenir.

Si un ordinateur classique fonctionne avec des bits, qui valent 0 ou 1, l’informatique quantique, elle, puise dans les lois de l’infiniment petit, où une particule peut se trouver dans plusieurs états à la fois. Ainsi, ses qubits peuvent représenter 1 et 0 en même temps, et s’influencer les uns les autres. Cela permet à la machine d’explorer un nombre colossal de possibilités, plutôt que de les tester une à une.

De quoi ouvrir des portes vertigineuses dans de nombreux domaines lorsque la technologie sera pleinement maîtrisée. Par exemple, pour simuler des molécules afin de concevoir de nouveaux médicaments ou de meilleures batteries, optimiser des réseaux logistiques ou énergétiques,et même repenser la cryptographie qui protège nos données. Et la France possède un écosystème déjà solide, qui bénéficie d’un soutien public renforcé notamment au travers du plan France 30. Des pépites ont déjà émergé, et sont très prometteuses.

Pasqal, la pionnière des atomes neutres

Commençons par Pasqal, née en 2019 dans les laboratoires de l’Institut d’Optique. Elle se démarque de géants comme IBM ou Google en piégeant des atomes neutres avec des lasers pour fabriquer ses puces quantiques. Une méthode qui, selon elle, offre davantage de souplesse, facilite l’augmentation du nombre de qubits et consomme beaucoup moins d’énergie.

Une approche qui séduit. Pasqal a fait son entrée au Nasdaq le 28 août dernier, et a levé 360 millions de dollars. Elle compte déjà sept ordinateurs déployés dans le monde, et séduit déjà des clients comme Crédit Agricole, LG Electronics ou Saudi Aramco. Prochaine étape : concevoir des machines capables de corriger leurs propres erreurs, une problématique phare de l’informatique quantique.

Pasqal Nasdaq
© AgenceOblique / CyrilMarcilhacy

Alice & Bob, le pari du « qubit de chat »

Fondée en 2020 par les physiciens Théau Peronnin et Raphaël Lescanne, issus de l’École normale supérieure, Alice & Bob, elle, mise sur le « qubit de chat ». Un clin d’œil au célèbre paradoxe de Schrödinger.

Ces qubits supraconducteurs sont conçus pour se protéger d’eux-mêmes contre l’une des deux grandes familles d’erreurs, ce qui réduit fortement le nombre de qubits nécessaires pour fiabiliser les calculs. En 2025, la jeune pousse a bouclé une levée de fonds de 100 millions d’euros, élargie en mai dernier avec l’entrée au capital de NVentures, le fonds d’investissements d’un certain NVIDIA. Son objectif : un ordinateur universel de 100 qubits logiques, c’est-à-dire corrigés des erreurs, d’ici à 2030.

C12, le pari de la pureté

Cofondée en 2020 également par les frères Pierre et Matthieu Desjardins, C12 part d’un principe simple : mieux vaut des qubits de qualité, plutôt qu’en quantité. Pour cela, elle s’appuie sur le nanotube de carbone, un tube d’1 nanomètre de diamètre en carbone ultra-pur, qui protège les qubits des perturbations magnétiques.

Résultat, elle prévoit de n’avoir besoin que de 16 qubits physiques pour former un qubit logique dès 2027, soit un ratio très bas. Sa feuille de route, dévoilée en avril, compte déjà quatre générations de processeurs sur les prochaines années. L’entreprise vise un ordinateur quantique intégrable dans un datacenter d’ici à 2033.

C12 Quantique (1)
© C12

Quandela, l’ordinateur quantique fait de lumière

Direction Massy, dans l’Essonne. Née en 2017, Quandela utilise des photons, c’est-à-dire des particules de lumière, en tant que qubits. Cette méthode stable évite les lourds dispositifs de protection thermiques, anti-vibrations et de blindage électromagnétique nécessaires à d’autres technologies, estime-t-elle.

Et elle a déjà passé le cap des laboratoires : en octobre 2025, elle a livré Lucy, l’ordinateur quantique photonique le plus puissant au monde selon elle, au Très Grand Centre de calcul du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Son système Belenos, qui compte 12 qubits comme son homologue, est pour sa part accessible via le cloud d’OVH, tandis que son successeur, Canopus, doit doubler le nombre de qubits en 2026. Quandela vise un ordinateur quantique tolérant aux pannes d’ici à 2030.

Quobly, la puce en série

Si elle est plus jeune, Quobly, fondée en 2022 à Grenoble, compte déjà le CEA et le CNRS à son capital. Elle parie sur le silicium, à l’instar des processeurs classiques. Ainsi, ses qubits sont fabriqués sur les mêmes plaquettes de 300 mm que celles de l’industrie des semi-conducteurs, dans l’usine de STMicroelectronics à Crolles. Un véritable pari sur la production en série qui doit permettre de multiplier les qubits.

Au mois de septembre, la jeune pousse a démontré les trois opérations de base du calcul quantique (lecture, opérations sur 1, puis sur 2 qubits) sur une puce issue de cette filière industrielle. Et elle prévoit désormais de proposer son premier ordinateur, Alloy Pioneer, dans le cloud d’ici à la fin de l’année, puis dans des centres de calcul en 2027. Son but ultime : 1 million de qubits en 2032.

Informatique Quantique
© metamorworks / Shutterstock.com

Welinq, le réseau qui relie les machines

Également créée en 2022 par quatre chercheurs issus de la Sorbonne, du CNRS et de Paris Sciences et Lettres, Welinq, elle ne fabrique pas d’ordinateur quantique. Elle conçoit ce qui permettra de les relier entre eux : plutôt que de bâtir une machine géante, l’idée est de connecter plusieurs processeurs, à l’instar de serveurs en réseau. Pour y parvenir, elle mise sur des mémoires quantiques à atomes refroidis par laser.

Sa technologie stocke puis restitue un photon dans plus de 90 % des cas, un record selon Welinq. Et elle a déjà franchi des étapes concrètes avec sa première mémoire commerciale pour les centres de données en 2025. Elle travaille aussi avec Pasqal pour relier des processeurs à atomes neutres.

Qubit Pharmaceuticals, le quantique pour inventer des médicaments

Fondée en 2020 par cinq scientifiques français et américains, Qubit Pharmaceuticals propose un usage plutôt qu’une machine. Sa plateforme Atlas simule le comportement des molécules pour repérer les candidats-médicaments les plus prometteurs, avant de passer par de longs et coûteux essais en laboratoire.

Mais elle tourne aujourd’hui sur des supercalculateurs en attendant que les ordinateurs quantiques soient assez puissants. Et pour s’y préparer, la start-up a développé dès 2023 un émulateur capable de simuler plus de 40 qubits sur un ordinateur classique. Fin avril, elle a annoncé une collaboration de deux ans avec le Centre de technologies quantiques de Singapour, et présenté les premiers résultats de leurs algorithmes dédiés à la chimie moléculaire.

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