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Le Sénat offre un nouvel espoir à Blue Origin dans sa course à la Lune

Mercredi soir, le Sénat vient d’annoncer une rallonge de 10 milliards de dollars au budget de la NASA, une délivrance pour Blue Origin.

Hier, mercredi 9 juin, le Sénat américain votait un amendement des plus importants dans la course à l’espace. Pour bien comprendre cette rallonge de budget accordée à la NASA par la chambre haute des États-Unis, il faut remonter quelques mois en arrière, alors que la lutte faisait rage entre SpaceX, Blue Origin et Dynetics.

Ces trois entreprises privées concourent alors pour produire l’atterrisseur qui sera utilisé par la NASA dans les deux premières missions habitées vers la Lune qui doivent avoir lieu en 2024. Le projet est colossal. Washington a prévu de donner son aval pour le développement de deux des trois prototypes à la mi-avril, un premier tri doit donc être fait par les équipes de Bill Nelson.

Mais à quelques jours de l’annonce, la NASA change de cap. Prétextant des problèmes de budgets — l’agence a en effet reçu le quart des subventions qu’elle demandait — elle se dit contrainte de ne pouvoir retenir qu’une seule idée. À la surprise générale, le 16 avril dernier, c’est SpaceX et le Starship qui sont déclarés les grands gagnants, et récupèrent la conséquente enveloppe de 2,9 milliards de dollars.

Un verdict qui a fait beaucoup parler, et qui a été très mal compris par les cadres de Blue Origin et de Dynetics, Jeff Bezos en tête. Face à la gronde du patron d’Amazon, la décision de la NASA avait été rapidement suspendue, le temps que la GAO (l’équivalent américain de la Cour des comptes) ne mène son enquête.

Cette dernière devrait prendre fin le 4 août prochain, mais le vote du Sénat de cette semaine vient peut-être d’étouffer l’affaire. En accordant cette rallonge budgétaire à la NASA, l’agence pourrait très bien sélectionner un second projet, contentant ainsi Blue Origin.

Blue Moon contre Starship

Car cette lutte pour un retour sur la Lune est très importante, aussi bien pour SpaceX, qui pourrait encore plus affirmer sa place de nouvelle puissance dans le monde du New Space, que pour Blue Origin. Jusque là plutôt en retrait, la firme de Jeff Bezos fait peu à peu son retard et compte bien doubler, sur la ligne, la société d’Elon Musk.

Face aux demandes de la NASA, les deux entreprises sont en tout cas arrivées avec des projets bien différents. Si le Starship de SpaceX est un véritable vaisseau spatial, en forme d’ogive comme il est classiquement représenté par la pop culture, le prototype de Blue Origin, baptisé Blue Moon, est beaucoup plus exotique. Moins imposant que son concurrent, Blue Moon n’en reste pas moins un candidat intéressant pour le programme Artemis. 

Ce sera donc au GAO de trancher. Si ce dernier soutient les arguments de Blue Origin, la NASA n’aura pas d’autres choix que de relancer son concours depuis le début, ou presque. La date de 2024, qui semble déjà très difficile à suivre, deviendra alors une douce utopie. Si au contraire, le GAO prend parti pour la NASA et SpaceX, le programme lunaire pourrait tenir son calendrier, du moins ne pas accumuler des retards supplémentaires.

Cela serait malgré tout un gros coup dur pour Jeff Bezos et Blue Origin, qui pourrait avoir du mal à se remettre de cette défaite cuisante face à SpaceX. Rendez-vous donc le 4 août prochain pour le verdict du GAO. D’ici là, les deux entreprises vont continuer à développer leurs produits, SpaceX risque de faire de nouveaux tests du Starship. Pour Blue Origin, le calendrier est également très chargé, avec le premier vol touristique dans l’espace, qui devrait avoir lieu le 20 juillet, avec Jeff Bezos en personne à bord de la capsule.

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