L’édito du lundi : nul n’est prophète en son pays, et Google Earth qui part en live

Dans l’édito du lundi on se lâche sur tous les sujets qui nous passent par la tête.

Bonjour, c’est L’Edito du lundi. Ça parle de digital, de geekitude, mais aussi d’autres sujets plus éloignés de nos thèmes habituels. Bonne lecture, bisous.

Nul n’est prophète en son pays. Drôle d’histoire que celle de Dronestagram, notre plateforme de partage de photos et vidéos par drone. Depuis sa création il y a pile quatre ans, nous avons vite compris que le site était plus connu à l’étranger qu’en France. Désormais nous savons aussi qu’il est plus reconnu hors de nos frontières. Ici, visiblement il n’intéresse pas grand monde, notamment dans nos chers médias (et notamment la presse écrite, papier ou web) alors qu’il cartonne par exemple aux USA, qui est la première source de trafic, d’utilisateurs et d’images publiées. Un indice m’a rapidement mis la puce à l’oreille : depuis que j’ai lancé le site (et son application mobile), j’ai été contacté directement et spontanément à trois reprises par deux fonds d’investissements de la Silicon Valley, True Ventures et Accel Partners, et un fonds basé à Londres, Balderton Capital. Les gars n’avaient visiblement pas l’intention de nous racheter tout de suite mais nous contactaient juste pour nous dire qu’ils trouvaient l’idée “brillante” et prendre un peu la température sur nos projets à venir. Pas de suite pour le moment mais les discussions – par téléphone uniquement – démontrent que ces gens font leur boulot de veille d’une façon remarquable et ont des antennes partout. Anecdote : c’est un des fondateurs de True Ventures en personne qui m’avait appelé, alors que j’avais lancé Dronestagram depuis moins d’une semaine, qu’il n’était même pas indexé dans Google et que j’étais en vacances d’été avec famille et amis au bord d’une piscine en Thaïlande. Vous imaginez comment j’ai dû être mauvais lors de cette conversation inattendue…

Il faut savoir que la couverture média de Dronestagram est assez incroyable… à l’étranger. Sur les trois dernières années nous avons eu plus de quatre-cent articles, interviews, citations, mentions et reportages dans les plus grands et prestigieux titres. Vous pouvez faire une recherche dans pratiquement n’importe-quel média de renom, vous êtes quasi certain de trouver un article sur Dronestagram. Financial Times, Washington Post, Los Angeles Times, The Verge, Venture Beat, Time, BBC, The Guardian, O Globo, Der Spiegel, El Pais, Corriere della Sera et même CNN, tous ont publié un ou plusieurs articles – parfois très longs et documentés – sur Dronestagram et le phénomène des photos par drones de loisirs. Un grand moment aussi quand je suis passé en direct dans le journal TV de la mi-journée de la plus grande chaine canadienne anglophone… en FaceTime.

L’histoire se répète à chacune des occasions de faire parler de Dronestagram, et c’est encore le cas avec la sortie de notre bouquin de photo par drone et plus récemment la publication des gagnants de notre concours annuel. Pour la sortie du livre nous avons eu une belle couverture médiatique internationale (et cela continue) alors que les citations dans les médias français doivent se compter sur les doigts d’une seule main, en incluant de BFM Business et Europe 1. Time Magazine nous a encore fait l’honneur d’un bel article, dans son édition papier s’il vous plait, la semaine dernière, intitulé 16 livres de chevet pour ceux qui ne partent pas en vacances. Vu la diffusion de ce magazine, on peut espérer quelques retours intéressants sur la vente du bouquin aux US…

Et inutile de vous dire qu’aucun fond d’investissement, aucun business angel, aucun investisseur français ne nous a jamais approchés, et que si nous avons eu de nombreux rendez-vous avec la plupart des fonds français, c’est uniquement à notre initiative, sans succès pour le moment. Alors que le pognon semble couler à flot pour des projets qui nous paraissent parfois bien plus fantaisistes que le nôtre.

Une frilosité française qui s’explique sûrement en partie par la réglementation sur les drones dans notre pays, probablement la plus restrictive et la plus compliquée au monde, qui plombe et paralyse toute initiative et effraie les potentiels investisseurs, mais aussi par le fait que le site est en anglais et que notre startup n’est pas forcement identifiée comme une entreprise locale.

Ne vous méprenez pas sur le sens de cet état des lieux : je ne me plains pas, je fais juste un constat.

Google Earth part en live. Vous vous souvenez des webcams ? Icônes des premiers temps héroïques des internets, et symboles d’une révolution technologique en marche, elles nous ont permis de découvrir en direct (et parfois en voyeurs) depuis notre bon vieux PC des lieux et des scènes improbables à travers le monde. Avant Google Earth, avant Facebook Live. Google Earth, justement, vient d’annoncer le lancement d’une nouvelle fonctionnalité qui permet de visionner des scènes en direct sur sa mappe-monde digitale, en partenariat avec Explore.org. Pour cette première expérimentation, vous pouvez voir en direct des ours bruns se taper un gueuleton de saumons sauvages dans un parc national en Alaska. La qualité d’image est superbe, et il y a même le son. Cette nouvelle me ravit et m’excite beaucoup pour plusieurs raisons. D’une part à titre personnel parce-que je ne me lasse pas de découvrir et découvrir encore avec Google Earth et Google Street View, et que je reste un utilisateur régulier de différentes webcams (un dinosaure du web). Mais aussi parce-que cela m’évoque une idée que j’avais concrétisée par une application, dont l’objet est “d’uberiser” les webcams. L’idée : transformer tous les possesseurs de smartphones dans le monde en webcams à la demande. Concrètement : vous êtes chez vous et vous avez envie de vous faire un petit voyage virtuel sur une plage des Maldives ou sur la place Saint Marc à Venise, vous prenez votre smartphone, vous lancez l’app, vous cherchez une personne sur la carte interactive qui est en ce moment sur l’un de ces lieux et qui est géolocalisée en temps réel, vous faites un tap sur son icône, son smartphone sonne, et vous lui demandez de filmer le lieu pour vous. C’est en direct, anonyme et éphémère. On ne garde aucune archive et c’est ce qui fait l’intérêt de l’app : pouvoir visionner des lieux partout dans le monde, instantanément et on demand. L’application s’appelle Vu, et contrairement aux autres apps de vidéo en direct, elle permet de mettre en contact avec des lieux et non pas avec des personnes. Elle est disponible pour iOS et toutes les explications sont à lire ici. Pourquoi je n’ai pas encore fait de lancement officiel alors que l’app est disponible depuis plus d’un an et parfaitement fonctionnelle ? Parce-qu’entretemps, après une bonne période de tests, j’ai réalisé que nous devrions améliorer l’expérience et surtout intégrer de nombreuses autres fonctionnalités qui renforceraient l’attractivité et le taux de rétention. Or cela nécessiterait d’importants investissements supplémentaires que je ne suis pas disposé à faire dans l’immédiat. D’autre part, la baisse du taux d’installation des apps sur un marché hyper concurrentiel m’a un peu découragé de lancer l’application sans gros moyens marketing. Mais essayez-la et dites-moi ce que vous en pensez, ça ne mange pas de pain et c’est gratuit.

Soit dit en passant, à l’origine de l’idée je souhaitais lancer le même genre d’application pour les drones, une app qui permettrait de suivre des vols en direct dans le monde entier en voyant ce que filment les caméras de drones (des webcams volantes), dans des “Dronestagram Live Sessions” à la carte qui vous permettraient de survoler des lieux virtuellement depuis votre écran de PC, de smartphone, ou mieux, avec des lunettes d’immersion…

Ça envoie un peu de rêve, non ? Nous le ferons peut-être un jour, qui sait. Si vous connaissez des investisseurs qui s’intéressent un peu à ce genre de projet un peu fou, vous savez où me trouver…

Allez, bonne semaine à tous, et rendez-vous à 9 heures pour l’édito vidéo en direct sur Facebook Live.


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2 commentaires

  1. Est-ce que la législation Française en matière de drones ne serait pas en partie responsable de ce manque d’activité/intérêt ? je me souviens de deux trois affaires ou des personnes avaient réalisé de chouettes vidéo et finir devant les tribunaux, du coup ça donne pas envie…

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